13.10.2011
Elsässischer Stolz, Alsatian Pride: les étapes de Haguenau/Hagenau et Wissembourg/Weissenburg
(Dernières Nouvelles d'Alsace, Editions de Saverne de Wissembourg)
À l'initiative de Denis Lieb et Andrée Munchenbach, anciens conseillers généraux et de David Heckel, conseiller général de Sarre-Union, huit défenseurs de l'enseignement bilingue ont marché hier, de Scheibenhard à Wissembourg afin d'affirmer leur attachement à l'enseignement bilingue paritaire dans les écoles maternelles et primaires. Le drapeau alsacien (*) rouge et blanc a flotté hier dans l'Outre-Forêt. Huit défenseurs de l'enseignement bilingue l'ont porté de Scheibenhard à Wissembourg. Initiée par Andrée Munchenbach et Denis Lieb, anciens conseillers généraux et par David Heckel, conseiller général à Sarre- Union, cette marche avait pour but de protester contre la proposition d'Armande Le Pellec-Muller, recteur de l'académie de Strasbourg : celle-ci propose en effet de passer, pour les écoles maternelles et primaires, de 12 h d'enseignements français et 12 h d'allemand à 16 heures en français pour 8 heures en allemand.

Un pourcentage élevé, mais qui chute fortement en classes élémentaires « Pour que la langue soit acquise, il faut une immersion des enfants. Douze heures d'allemand sont un minimum. On ne peut pas reculer », a affirmé hier Andrée Munchenbach. Arrivés vers midi sur la place de la République à Wissembourg, les marcheurs ont été rejoints par Francis Joerger, maire de Scheibenhard, Vi ctor Ringeisen, président de la communauté de communes du pays de Wissembourg, Christian Gliech, maire de Wissembourg et Nicole Habermacher, première adjointe. « Il faut encourager l'apprentissage de l'allemand. C'est d'autant plus important dans notre secteur », a commencé le maire, en précisant que, « n'étant pas pédagogue », il se garderait bien de juger la proposition du rectorat. « Moi je vous soutiens complètement », a de son côté affirmé Nicole Habermacher, ancienne enseignante et ancienne proviseure adjointe. Les deux élus wissembourgeois ont toutefois apporté un bémol au regard des effectifs : à Wissembourg, sur les 186 élèves inscrits aux écoles maternelles Europe et Leszczynska, 115 suivent un cursus bilingue, soit près de 62 %. Un pourcentage élevé, mais qui chute fortement en classes élémentaires, puisque seuls 43 % des élèves inscrits entre le CP et CM2 à Wentzel et Saint-Jean sont en classe bilingue. « Cela nous pose des problèmes d'organisation car il y a finalement moins d'élèves que prévus, donc des classes un peu plus chargées en monolingue », commente le maire. « Les difficultés scolaires se repèrent dès la maternelle. Or certains parents considèrent, souvent à tort, que les problèmes de leurs enfants sont dus à l'enseignement bilingue et les inscrivent en monolingue au CP », a constaté Nicole Habermacher.
Accueil à la mairie de Schleithal
Pour remédier à cette chute des effectifs en classe bilingue à partir du CP, Christian Gliech préconise de retarder d'un an l'enseignement bilingue, le temps pour les parents d'élèves et professeurs de discuter tranquillement du choix du cursus. « C'est ainsi que cela se passe le long du Rhin et ça marche. De cette manière, les enfants inscrits ont plus de chance de continuer le cursus bilingue jusqu'au bout ». « Votre argument est contre productif, a rétorqué Denis Lieb. C'est une année de perdue pour les enfants. Or on sait que les langues s'apprennent plus facilement quand on est petit ».
Pour André Munchenbach, la priorité est « vraiment que l'enseignement paritaire précoce (12 h-12 h) soit maintenu. Cette année, seules deux classes bilingues ont été ouvertes dans le Bas-Rhin alors que l'objectif était de 50 ouvertures par an », regrettet- elle.
Avant de quitter Wissembourg, Andrée Munchenbach n'a pas omis de remettre un drapeau alsacien à Christian Gliech. La marche, qui a débuté dimanche à Sarre-Union, se poursuit dans toute l'Alsace jusqu'au 16 octobre. Aujourd'hui, le départ est prévu à Haguenau.
Guillemette Jolain
Après Saverne, lundi et Wissembourg hier, l'« Alsatian pride » et son cortège de défenseur s de l 'enseignement bilingue, a arpenté les routes du secteur hier après-midi pour manifester contre un enseignement bilingue « au rabais ». Ils étaient une quinzaine, hier après-midi, conseillers généraux, maires, militants, drapeaux « rot un wiss » flottants, à s'être donné rendezvous devant le collège des Missions Africaine de Haguenau pour une randonnée militante de 20 km à travers les communes du secteur : Kaltenhouse, Oberhoffensur- Moder, Schirrhein, Soufflenheim et Roeschwoeg.
À l'initiative du mouvement : Denis Lieb et Andrée Munchenbach, anciens conseillers généraux et David Heckel, conseiller général de Sarre-Union. Lesquels n'ont pas avalé le projet soumis par la rectrice de l'académie de Strasbourg qui propose d'expérimenter en 2012 un « bilinguisme progressif ». « Pour nous, c'est régressif, rectifie Andrée Munchenbach, conseillère municipale à Schiltigheim. Il existe un enseignement bilingue paritaire — 12 h en allemand et 12 h en français — et précoce, car il commence dès la maternelle. Là, il n'y aurait plus que 8 h d'allemand contre 16 h de français et seulement à partir de la primaire ». Une « aberration » selon elle, car « plus l'enfant tarde à apprendre une langue et plus c'est difficile ». Ce projet « bafoue la culture alsacienne, à la fois française et germanique qui, pourtant, présente un gros avantage à l'heure de l'Europe ».

Marcel Schmitt, maire de Schweighouse-sur-Moder, venu se fondre dans le cortège par « militantisme », va encore plus loin. Pour lui, « l'allemand devrait être enseigné 24 heures par semaine. Il faut favoriser cette langue qui est en train de se perdre et ne se parle plus dans les familles », soutient le père des classes associatives bilingues ABCM qui ont vu le jour à Schweighouse-sur-Moder en 1994.
À ses côtés, Richard Weiss, président fondateur d'ABCM, prône le retour de l'école « en immersion » où « l'enfant est capable de lire dans la langue faible car aujourd'hui, quand il arrive à l'école il ne parle plus l'alsacien ». « L'Alsace est la seule région à payer 3 millions d'euros à l'État pour ouvrir des classes bilingues paritaires. Pourtant, alors qu'il faudrait 25 ouvertures de maternelles bilingues par an, seules deux ont été ouvertes cette année dans le Bas-Rhin et cinq dans le Haut-Rhin et aucun élu ne réagit ».
Les drapeaux alsaciens, « symboles de l'identité et de la culture alsacienne et rhénane » flotteront demain à Molsheim puis, les jours suivants à Benfeld, Sélestat, devant le conseil de l'Europe et, dimanche, à Marckolsheim.
E.S.





