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21.10.2011
Vers une nouvelle collectivité: le Conseil d'Alsace

(ce texte officiel sera soumis au vote des conseillers généraux et régionaux d'Alsace réunis en Congrès le 1er décembre 2011)

Nous voulons créer, pour l’Alsace, une collectivité nouvelle : le Conseil d’Alsace. Elle réunira les deux Conseils généraux et le Conseil régional au sein d’une seule et même institution et elle pourra obtenir de l’Etat des transferts complémentaires de responsabilités. Aujourd’hui, c’est un moment fondateur que nous vivons. Il nous engage pour l’avenir et donne à notre région la capacité de mieux relever les défis qui se présentent à elle.

Le monde a changé. L’organisation territoriale qui, longtemps, a permis aux Alsaciens de construire leur développement et de vivre ensemble, arrive en bout de course. Les lignes ont bougé. Depuis 2008, la crise a accéléré les grandes mutations qui affectent le monde et qui touchent aussi notre région.

Les Départements ont été créés à la fin du XVIIIe siècle par l’inspiration révolutionnaire pour organiser les territoires de la République et tourner le dos aux provinces de l’Ancien Régime. Les Régions ont été portées sur les fonds baptismaux à la fin du XXe siècle, quand la France a éprouvé le besoin de se décentraliser après des siècles de centralisation.

Nos collectivités ont montré leur pertinence et leur efficacité. En Alsace, elles se sont toujours inscrites avec volontarisme dans les réformes et initiatives de décentralisation. Elles ont su agir sur chaque territoire, au plus près de nos concitoyens, tout en conduisant des politiques ambitieuses.

Mais demain, qu’en sera-t-il ? L’Alsace pourra-t-elle, longtemps encore, jouer en ordre dispersé ? Dans un monde qui bouge, face à de grandes régions qui, partout en Europe, s’affirment et se développent, nous avons besoin d’une Alsace encore pus  forte pour mieux protéger les Alsaciens, leur garantir un service public de qualité et accroître la compétitivité de l’économie alsacienne, tout en conservant les effets positifs de la proximité.

Le Conseil d’Alsace est pleinement une collectivité créée pour le XXIe siècle.

Notre époque est saisie de doutes et de craintes. Elle porte aussi en elle de grandes promesses et de grands espoirs. Le Conseil d’Alsace doit être pour tous nos concitoyens une espérance partagée.

La crise que nous traversons est d’une ampleur sans précédent. Les conséquences peuvent être très graves. Nous voulons, à notre niveau, prendre en compte les besoins de simplicité et d’efficacité de l’action territoriale et répondre aux attentes de nos concitoyens et de nos territoires. Ceci nous ouvre des perspectives pour l’avenir.

En enclenchant aujourd’hui le processus qui conduira à création de la collectivité nouvelle dont l’Alsace a besoin et que nos concitoyens appellent de leurs vœux, c’est une ambition à la hauteur des enjeux du temps présent que nous donnons à notre région tout entière.

En réunissant en formation de congrès le Conseil général du Bas-Rhin, le Conseil général du Haut-Rhin et le Conseil régional d'Alsace, nous voulons franchir une étape décisive pour l'Alsace et son avenir, en saluant toutes celles et ceux qui s’engagent à nos côtés pour faire aboutir ce projet novateur.

Une question est posée, solennellement, à l'ensemble des élus départementaux et régionaux : souhaitez-vous que le Conseil d'Alsace, nouvelle collectivité territoriale, voie le jour ?

En répondant « oui » à cette question, les élus manifesteront leur volonté de donner à l'Alsace une nouvelle gouvernance, d'être à l'avant-garde de la décentralisation, de mieux prendre en compte les caractères spécifiques de notre région et de rassembler les conditions qui nous permettront de mieux relever ensemble les grands défis de l'avenir.

En répondant « oui » à cette question, les élus répondront à une aspiration profonde de nos concitoyens d'Alsace, qui expriment, chaque fois qu'ils sont interrogés, le désir d'une action publique plus proche d'eux, plus efficace, plus économe en moyens et plus pertinente.

« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » Le mot de Danton résonne encore jusqu’à nous, comme un appel lancé à tous les élus de la République à ne jamais vivre sur leurs acquis, pas plus qu’à accepter les situations en renonçant à les changer.

La création du Conseil d’Alsace est, en soi, la révolution par l’audace pour tous les Alsaciens. Elle remet en question notre façon de nous organiser, c’est-à-dire de penser notre développement et d’agir collectivement.

De l’audace, il en faudra à chaque membre du Congrès d'Alsace pour inventer la nouvelle collectivité unique alsacienne.

Il nous faudra, dans les prochains temps, réfléchir aux relations futures du Conseil d’Alsace avec l’Etat et aux transferts de compétences nouvelles que nous devons obtenir de lui. Il va de soi que la nouvelle collectivité bénéficiera au minimum de l’intégralité des dotations attribuées par l’Etat aux trois collectivités actuelles. Nous devrons également conduire nos réflexions sur la manière de jouer la carte des complémentarités territoriales avec les grandes agglomérations et avec les intercommunalités.

Toute l’Alsace et toutes ses forces vives sont appelées aujourd’hui, avec leurs élus, à participer aux travaux que nous ouvrons.

Il faudra à tous les élus départementaux et régionaux de l’audace pour répondre aux aspirations légitimes des Alsaciens. Ils n'en manqueront pas.

Car tous, nous avons conscience du caractère extrêmement novateur de la démarche que nous engageons aujourd'hui.

Nous initions une réforme sans précédent des institutions et des modes de gouvernance en Alsace. Depuis longtemps, les Alsaciens sont attachés à la décentralisation. En instituant cette collectivité nouvelle, nous donnons à nos territoires une longueur d'avance sur le reste du pays. Nous affirmons ainsi le caractère précurseur et pionnier de l'Alsace en matière de décentralisation et d'organisation des pouvoirs locaux.

Nous avons également conscience que cette réforme permettra à notre région tout entière de mieux prendre en main son destin, en s'organisant mieux, en s'ouvrant bien davantage sur nos voisins et en prenant mieux en considération l'identité et la culture régionales. Nous sommes Français, attachés aux valeurs de la République. L'Europe nous appelle. Et c'est pour mieux servir cet attachement et cette vocation que nous voulons doter notre région d'une gouvernance innovante et inédite.

Enfin, si nous désirons instituer une nouvelle collectivité alsacienne, fruit de la réunion du Conseil général du Bas-Rhin, du Conseil général du Haut-Rhin et du Conseil régional d'Alsace, c'est que nous voulons donner à nos concitoyens et à nos territoires toutes leurs chances pour l'avenir.

L'Alsace a connu, par le passé, des réussites éblouissantes et des succès éclatants. Sera-t-elle en mesure d'en connaître d'aussi grands dans les dix ou les quinze ans qui viennent ? Assurément oui ! Oui, si dès aujourd'hui elle ose relever les défis, réinventer l'organisation de son territoire, moderniser et rationnaliser l'intervention publique, être plus près de chaque territoire tout en étant plus forte  en Europe et dans le monde.

Instituer le Conseil d'Alsace, c'est choisir l'action collective, en adaptant notre organisation territoriale aux évolutions actuelles et en anticipant le monde de demain. Instituer le Conseil d'Alsace, c'est accepter de relever ensemble les grands défis qui se présentent à nous. C'est avoir de l'audace pour l'Alsace et pour tous les Alsaciens.  Nous voulons mettre l'Alsace en mouvement et le faire ensemble.


Les principes fondateurs de la Collectivité unique

Une action publique efficace au service d’une région compétitive, rhénane, solidaire et écologique.

Pour une région compétitive

Pour une région résolument rhénane

Pour une région solidaire

Pour une région écologique

Pour une action publique efficace

Ces principes fondateurs pour l’Alsace doivent être soumis au débat et nourris afin de pouvoir être formalisés par le Congrès d’Alsace. Ils doivent être portés par des femmes et hommes engagés, dotés d’une légitimité politique forte.


Le projet stratégique pour l’Alsace

La nouvelle collectivité est au service d’un projet stratégique qui s’articule autour des objectifs ci-dessous énumérés. Pour autant, ce document n’est pas exhaustif.  La nouvelle collectivité doit se voir confier des compétences plus larges que celles exercées jusqu’à ce jour par la Région et les deux Départements. Notre ambition doit être forte dans un objectif d’agir plus efficacement avec des moyens renforcés.

1. Renforcer la capacité d'initiative régionale par le biais de transferts de compétences notamment règlementaires de l'Etat vers le Conseil d'Alsace

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Seul le Conseil d’Alsace peut obtenir dans le cadre de l’expérimentation d’une collectivité unique le transfert de ces compétences de l’Etat vers le niveau régional.

2. Renforcer nos grandes infrastructures pour disposer d'un réseau logistique et de transports en adéquation avec le positionnement géographique de l’Alsace au cœur de l’Europe

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Sur ces projet importants tant pour le Sud-Alsace que pour Strasbourg capitale européenne,  le Conseil d’Alsace peut constituer un atout déterminant, notamment dans la phase de montage financier de l’opération, à l’heure où les crédits ferroviaires français deviennent plus rares.

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Sur ces projets capitaux pour l’attractivité de l’Alsace, le Conseil d’Alsace pourra mobiliser les leviers financiers nécessaires pour réussir et se poser en interlocuteur unique de l’Etat afin que celui-ci tienne ses engagements. Il n’y aura plus de « rivalités » entre les projets Nord et Sud de l’Alsace, mais une volonté commune et forte de faire aboutir tous les dossiers alsaciens dans une bonne complémentarité les uns par rapport aux autres.

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : En obtenant de l’Etat le transfert de la compétence de négociation transfrontalière en matière d’équipement portuaire, le Conseil d’Alsace sera un levier puissant pour faire aboutir ce projet à temps, notamment en levant les obstacles liés aux concessions VNF.

3. Accroître nos capacités de recherche pour favoriser le développement de nouvelles entreprises (start-up, TPE, PME) fortement innovantes

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : En obtenant de l’Etat le transfert de la compétence de négociation transfrontalière en matière de coopération universitaire et de formation professionnelle, le Conseil d’Alsace peut offrir aux acteurs de l’enseignement et de la recherche, une nouvelle dynamique dans le cadre du marché du travail et de l’emploi du Rhin Supérieur.

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Le Conseil d’Alsace sera à même d’appuyer le développement futur de la capacité de recherche et d’innovation, aux côtés des crédits nationaux et européens qui peuvent être mobilisés par l’Université de Strasbourg ; le rôle du Conseil d’Alsace sera très important pour faciliter les synergies avec l’économie régionale.

4. Créer le contexte favorable aux entreprises pour une reprise forte de la croissance économique 

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : La mise en place d’un maillage du territoire permettant le Très Haut Débit nécessite une démarche homogène sur l’Alsace, et doit permettre une coopération entre opérations fixées et le réseau d’initiative publique, en application du SDAN. Le Conseil d’Alsace pourra créer la synergie entre les usages attendus par le public, les capacités d’innovation et l’appui aux entreprises régionales.

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Avant d’être en concurrence entre eux les territoires alsaciens sont surtout en concurrence avec le reste de l’Europe et du monde. Seul le Conseil d’Alsace pourra bâtir un outil commun de prospection et de développement parfaitement opérationnel tout en veillant à l’équilibre des projets sur le territoire alsacien.

5. Renforcer les capacités de financement de l'économie

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Seule l’Alsace unie, par sa surface financière, pourra trouver les leviers de négociation et de financement d’un tel projet.

6. Faire de l’Education et de la Formation un tremplin pour la réussite de l’Alsace 

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Seul le Conseil d’Alsace peut obtenir dans le cadre de l’expérimentation d’une collectivité unique, le transfert de cette compétence de l’Education nationale d’Etat vers le niveau régional.

7. Renforcer le caractère solidaire de notre Région dans la tradition rhénane

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Face au grand défi du XXIème siècle lié au vieillissement de la population, il est impératif de mobiliser tous les moyens disponibles afin d’apporter la meilleure réponse aux populations concernées. Alors que l’Etat a régionalisé avec les ARS son action dans le domaine, le Conseil d’Alsace aura la taille critique pour élaborer une stratégie de réponse globale à cette problématique en veillant au bon équilibre de chaque territoire.

8. Faire de l’Alsace la 1ère région française en matière de protection de l’environnement et de croissance verte

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : dans le contexte de raréfaction des énergies fossiles et face à l’exigence environnementale, il importe avant tout de réduire la consommation énergétique de nos logements. Le Conseil d’Alsace disposera de la taille critique pour mobiliser les projets et les financements nécessaires à un grand projet d’équipement des logements en isolation et de production d’énergies renouvelables qui sera lui-même le vecteur d’un dynamisme économique tourné vers la croissance verte.

9. Développer les services aux habitants pour faciliter la vie quotidienne.

Le rôle décisif du Conseil d’Alsace pour réussir : Seul le Conseil disposera de la capacité à coordonner les décisions nécessaires entre les différentes Autorités Organisatrices de Transport à la fois du côté français, mais aussi suisse et allemand  pour réaliser cette carte orange modulable entre les territoires du Rhin Supérieur et fluidifier les déplacements des citoyens.

10. Moderniser l’image de l’Alsace 

11. Favoriser l’ouverture de l’Alsace sur l’Europe et le monde


La gouvernance

Pour rendre ce projet possible, il faut disposer d'un acteur unique capable d'avoir à la fois une vision stratégique et une capacité opérationnelle sur les grands domaines que sont  le développement économique, l'aménagement de l'espace, les transports, l'environnement, le tourisme…

Il s’agit ainsi de bâtir une structure nouvelle (en lieu et place de la Région et des deux conseils généraux) capable de porter ces domaines et de disposer de l'effet levier suffisant pour agir.

Il est convenu de bâtir un échelon de proximité avec deux missions :

Le Conseil d’Alsace est une collectivité nouvelle qui rassemble les compétences du Conseil Régional et des deux Conseils généraux, à laquelle sont ajoutée les compétences transférées, et qui délègue la gestion opérationnelle de certaines compétences à des « Conseils territoriaux » composés à l’échelle de chaque Département, mais qui ne sont pas dotés d’une personnalité juridique morale distincte de la collectivité unique.

Cette réforme des institutions a pour but de permettre la mise en place d’une stratégie forte pour l’ensemble de la région, en mobilisant les énergies et en réunissant les moyens sur les objectifs stratégiques qu’aura à définir le Conseil d’Alsace.

La nouvelle collectivité en charge du projet pour l’Alsace doit créer les conditions par lesquelles l’action publique refondée saura répondre à la fois aux enjeux stratégiques et aux enjeux territoriaux de l’Alsace.

Cette double exigence doit se traduire dans la gouvernance de la collectivité, tant sur le plan juridique que lui donnera la loi, que dans les mécanismes décisionnels de la collectivité.

L’unité de l’Alsace et les spécificités territoriales sont à appréhender dans une même dynamique.

C’est pour servir de moteur à ce projet d’une Alsace dynamique et entreprenante qu’il est indispensable de constituer le Conseil d’Alsace. Le Conseil d’Alsace devra être au service du projet pour l’Alsace ; il n’est pas une fin en soi : c’est un moteur au service d’un projet collectif porté par des femmes et des hommes élus, représentants de cette collectivité. Le Conseil d’Alsace doit répondre aux enjeux territoriaux et à la proximité, il est à la fois une collectivité stratège et une collectivité de proximité.

Le Conseil d’Alsace est une collectivité stratège, en charge des enjeux majeurs de l’Alsace, agissant en partenariat avec les acteurs régionaux.

Il définit la stratégie de l’Alsace en matière de développement, de recherche et d’innovation, de cohésion sociale et de solidarités, de formation professionnelle, de coopération avec nos voisins du Rhin Supérieur, d’environnement, de transport et déplacements, d’aménagement des territoires, d’habitat, d’éducation et de culture,...

En définissant la stratégie, il élabore les lignes directrices des politiques et des plans d’action, passe des conventions et délègue l’action, avec des moyens d’agir, aux acteurs pertinents et dans le respect de la subsidiarité. Il appuie et prend appui sur les territoires de l’Alsace, qui seront les niveaux opérationnels de l’action locale et les échelons des partenariats locaux avec les communes et EPCI, les associations, les acteurs économiques,...et au plus près des habitants.

Le Conseil d’Alsace est par sa vocation et son organisation une collectivité de proximité, proche des habitants ; les prestations de services de la collectivité unique se font dans les territoires, son administration est déployée dans les territoires pour les décisions concernant les territoires et pour ce qui relève de l’opérationnel auprès des habitants et des partenaires locaux.

Le Conseil d’Alsace sera le garant des territoires et leurs identités.

A cet effet, au sein du Conseil d’Alsace, seront constitués des Conseils de Territoires qui disposeront des capacités décisionnelles dans la mise en œuvre opérationnelle des politiques, dans le cadre des délégations qui leur sont attribuées par le Conseil d’Alsace au titre de la proximité. Les Conseils de Territoires n’ont pas la personnalité juridique ; ils sont l’émanation du Conseil d’Alsace.

L’échelle spatiale des Conseils de Territoires est déterminée par un accord politique et pourra s’adapter à l’évolution de l’organisation des collectivités locales au sein des territoires.

Considérant qu’à l’échéance de la mise en place du Conseil d’Alsace, l’évolution des territoires n’aura pas encore abouti à un renforcement significatif des compétences des EPCI, il sera créé deux Conseils de Territoires l’un du Bas-Rhin, l’autre du Haut-Rhin, composés des conseillers d’Alsace de leur ressort géographique et dotés de compétences d’attribution émanant du Conseil d’Alsace.

Le Conseil de Territoires pourra assumer la nécessaire proximité, tant sur les plans politiques que sur les plans des services apportés à la population et aux partenaires locaux (l’action de l’administration territorialisée de la collectivité unique).

Le Conseil d’Alsace pourra  ainsi

Structure juridique du Conseil d’Alsace 

Le Conseil d’Alsace est constitué par la Loi en collectivité territoriale unique en lieu et place des trois collectivités, le Conseil Régional et les Conseils Généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

L’organisation territoriale du Conseil d’Alsace est multipolaire entre Strasbourg et Colmar. Les sièges de l’Assemblée et de l’Exécutif peuvent être répartis entre les deux chefs-lieux. Cette organisation veillera au renforcement du rôle politique et administratif de Mulhouse.

Compétences du Conseil d’Alsace :

La loi portant création de la collectivité unique donne au Conseil d’Alsace toutes les compétences actuelles du Conseil Régional et des deux Conseils Généraux, ainsi que des compétences nouvelles attendues dans le cadre du Projet pour l’Alsace, de même que celles éventuellement accordées par d’autres lois au fur et à mesure des évolutions institutionnelles.

L’Assemblée du Conseil d’Alsace

Elle est constituée par tous les conseillers d’Alsace en fonctions au moment de la création de la collectivité unique.

Les conseillers d’Alsace seront élus avec un juste équilibre entre, d’une part, une représentation des territoires au scrutin uninominal cantonal et, d’autre part, une représentation politique régionale par une proportionnelle au scrutin régional par liste départementale (mode actuel des élections régionales).
Au total, le nombre d’élus devra cependant être inférieur au nombre total des élus régionaux et départementaux actuels.

L’Assemblée du Conseil d’Alsace 

Conformément aux dispositions du CGCT actuelles pour les régions et pour les départements, l'exécutif propose des délibérations, l'Assemblée du Conseil d’Alsace débat et décide.

Le Conseil d’Alsace comprend une Assemblée Consultative, le CESER Alsace.

Les Organes de la présidence 

Les fonctions de la présidence devront faire l’objet de travaux complémentaires étant précisé que l’organisation finale assurera une parité entre Haut-Rhin et Bas-Rhin, et ce quel que soit le mode de gouvernance retenu (à l’allemande, plus classique selon le modèle français ou encore à statut particulier au sens de l’article 72 de la Constitution).

Dans tous les cas, il est d’ores et déjà prévu l’existence d’un bureau exécutif dont la composition sera arrêtée ultérieurement, en respectant la parité ci-dessus évoquée.

De même, les pouvoirs dévolus devront être équilibrés entre les diverses instances.

La collectivité nouvelle se structure en son sein :


Les prochaines étapes

La nouvelle collectivité pourra être mise en place en 2014 lors de l’élection des Conseillers d’Alsace qui remplaceront les Conseillers régionaux et Conseillers généraux actuels. Elle sera précédée des étapes suivantes :

Un rapport qui reprend les orientations du projet de nouvelle collectivité et qui en constitue le socle fédérateur.

Le 1er décembre 2011, la réunion en congrès des trois Assemblées qui se prononceront par une résolution sur le principe de la création de la nouvelle collectivité ainsi que sur la consultation des Alsaciens.

Une décision de chaque Assemblée en termes identiques.

La  consultation du Comité de massif vosgien sur le projet.

Le Gouvernement saisit le Conseil d’Etat sur le projet de référendum.

La consultation des Alsaciens sur leur avenir : le référendum sur la base de l’article L.4124-3 du Code Général des Collectivités Territoriales et sur la base d’un texte qui reprend les principes – transferts, organisations et gouvernance – énoncés ci-avant dans le présent document, assortis de garanties de l’Etat.

La promulgation d’une loi organisant le fonctionnement de la nouvelle collectivité et les transferts de compétences.

Une mise en œuvre en 2014 qui pourra être anticipée sur un certain nombre de dossiers.


Projet de déclaration du Congrès d’Alsace

Les élus du Conseil régional d’Alsace, du Conseil général du Bas-Rhin et du Conseil général du Haut-Rhin, réunis en congrès le 1er décembre 2011 à Colmar, déclarent que:

Les enjeux économiques, sociaux, la vie de nos concitoyens, nécessitent de repenser, en Alsace, l’action publique, dans ses contenus, dans les conditions de sa mise en place et de mise en œuvre.

Le Projet Politique pour l’Alsace doit notamment se déployer 

Nous partageons l’idée que le projet pour l’Alsace doit répondre à plusieurs objectifs

Et qu’une telle évolution doit répondre aussi à des impératifs

Le projet politique pour l’Alsace devra se préciser dans un projet stratégique qui doit être largement débattu. Ce projet stratégique définira les priorités en termes d’actions et de projets structurants nécessaires au développement du territoire et au bien être de ses habitants.

Le Congrès d’Alsace pourra se réunir en tant que de besoin pour accompagner les différentes évolutions du projet.

Une refonte de l’organisation institutionnelle et de la gouvernance de l’Alsace est la condition pour la mise en place d’un projet fort pour l’avenir de notre région.


Ces actions et projets seront portés par des femmes et des hommes politiques, élus de  cette nouvelle collectivité et dotés de délégations de pouvoir significatives et des moyens humains et financiers appropriés.

Le Congrès d’Alsace