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Oberburnhaupt
Mitteilungsblatt

(Attention: le programme est en cours de refonte complète)

POUR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE PROCHE DES HOMMES

L'heure est à l'internationalisation des économies. Les enjeux sont européens, voire mondiaux. Il faut cependant tenir compte des ensembles régionaux. Ils constituent un niveau d'intervention économique et sociale permettant une meilleure adaptation que les grands systèmes centralisés. Nous proposons des solutions régionales à des problèmes régionaux.

L’ALSACE AU POINT DE RUPTURE

Comparée à l'ensemble économique français, l'Alsace apparaît comme une région relativement prospère. Elle se caractérise par un revenu disponible par habi­tant supérieur de celui des autres régions de France (à l'exception de la région parisienne).

En revanche, placée dans le contexte de la vallée rhé­nane, l'Alsace présente les symptômes d'un certain «sous-développement»: forte pénétration de capi­taux allemands sur le territoire alsacien, niveau de revenu inférieur en Alsace au revenu des régions voi­sines, migration importante de main d’oeuvre vers l'Allemagne et la Suisse (phénomène des frontaliers).

Ce déplacement de main d’oeuvre provoque un désé­quilibre important sur le marché du travail alsacien et constitue un handicap pour le développement écono­mique de la région.

Il appartiendra à la région Alsace, dotée de larges compétences en matière économique, social et fiscale d'oeuvrer dans le sens d'un rééquilibrage afin que l'Alsace s'insère de façon harmonieuse dans le bassin économique et d'emploi de la vallée du Rhin.

POUR UN RENFORCEMENT DE LA FORMATION PROFESSIONELLE

Le marché du travail en Alsace se caractérise par une pénurie de main d'oeuvre qualifiée, notamment dans le secteur secondaire (industrie, artisanat). Il incombera au pouvoir régional alsacien de mettre en place une poli­tique de formation professionnelle ambitieuse afin d'élever le niveau de qualification des travailleurs en Alsace.

L'Alsace avait une longue tradition de formation professionnelle. Une loi alsacienne de 1900 organisait l'apprentissage par profession (apprentissage pra­tique et enseignement théorique) sous l'égide de la Chambre des métiers. Cet aspect du droit local a été supprimé lors du vote d'une loi nationale de 1971 régissant la formation sur l'ensemble du territoire français. Un système qui avait fait ses preuves a été remplacé par un système complexe et peu performant et qui en définitive contribue à dévaloriser la formation professionnelle par rapport à l'enseignement général.

En France, l'accent est en effet porté sur l'enseignement général. L'objectif des «80% d'une classe d'âge au baccalauréat» en constitue un nouveau signe. L'objectif général d'élévation globale du niveau d'enseignement ne doit cependant pas faire l'impasse sur l'adéquation entre la formation et le marché du travail. A cet égard, une revalorisation des métiers manuels s'impose. Celle-ci passe par une politique de formation professionnelle généreuse. La formation professionnelle ne doit plus être l'apanage des «laissés-pour-compte» de l'enseignement général mais doit constituer une valeur en soi.

Le pouvoir régional alsacien élaborera une véritable politique de valorisation et de promotion de la formation professionnelle.

POUR UNE POLITIQUE SOCIALE AMBITIEUSE

Un facteur important du déséquilibre du marché du travail en Alsace provient du phénomène des «travailleurs frontaliers» (près de 7% de la population active) lui-même favorisé par les différences de rému­nération entre l'Alsace et les autres régions rhénanes.

La France se caractérise en effet par une moindre considération envers les métiers manuels que les pays d'Europe centrale et notamment l'Allemagne. Il appartiendra au pouvoir régional alsacien par des mesures d'ordre fiscal et des prestations sociales de contribuer à élever le niveau de rémunération en Alsace afin de l'amener à un niveau comparable à celui des autres régions rhénanes.

Cette politique sociale s'effectuera dans le cadre global d'une nécessaire revalorisation du «travail manuel» et accompagnera la politique de formation professionnelle.

FAVORISER UNE BONNE REPARTITION DE L’EMPLOI SUR L’ENSEMBLE DE L'ALSACE

L'Alsace se caractérise par un grand nombre de petites exploitations agricoles (la taille moyenne de l'exploitation alsacienne est nettement inférieure à la moyenne nationale française) pratiquant une activité intensive ainsi que par un grand nombre de petites et moyennes entreprises, réparties sur l'ensemble du territoire alsacien.

Ce maillage régulier de l'activité sur l'ensemble de l'Alsace s'accompagne d'une bonne répartition spa­tiale de la population. L'Alsace compte en effet deux pôles régionaux - Strasbourg et Mulhouse - de plu­sieurs centaines de milliers d'habitants, un centre intermédiaire constitué par l'agglomération de Colmar ainsi qu'un ensemble dense et régulier de sous-centres tels Haguenau, Saverne, Sélestat ou Guebwiller entre autres.

La tradition municipale alsacienne (les villes de la Décapole) ainsi que l'absence d'un phénomène de concentration industrielle (à l'inverse de la Lorraine par exemple dont l'économie s'est structurée à partir de la première révolution industrielle autour des gisements de fer et de houille) explique la persistance de cette harmonie alsacienne. Cette structure urbaine alsacienne doit être maintenue.

Il s'agit d'éviter une concentration excessive autour des deux métropoles régionales (le statut de capitale de l'Europe pour Strasbourg ne se gagnera pas en multipliant le nombre des habitants de l'agglomération strasbourgeoise).


Le pouvoir régional alsacien favorisera une politique de création d'emplois sur l'ensemble du territoire alsacien.

CONTRE L’ILLUSION DU GRAND EST

Un courant de l'opinion en France est favorable à la création de grands ensembles régionaux «Sud­Ouest», «Grand-Ouest», «Grand Est»... Dans un tel contexte, l'Alsace serait assimilée à un ensemble «Grand-Est» avec la Lorraine, la Franche-Comté et la Champagne-Ardennes. Un tel ensemble serait contre nature et ne pourrait que contribuer à la dissolution de l'identité alsacienne dans une structure qui la dépas­serait.

Par ailleurs les partisans du Grand-Est sont victimes de leur a priori favorable aux grands ensembles. Les régions de France manquent de moyens, mais non pas en raison de leur taille mais en raison de l'insuffi­sance de leur domaine de compétence et de la fai­blesse de leurs ressources budgétaires. A titre d'exemple, le budget de la Sarre en Allemagne est onze fois supérieur au budget de la région Lorraine, bien que cette dernière ait une population et une superficie supérieures à celles de la Sarre. Il ne s'agit par conséquent pas de redécouper les régions fran­çaises mais de leur donner de véritables moyens. La régionalisation reste à effectuer en France.

L'argument d'un avantage économique résultant d'une union interrégionale «Grand-est» n'a pas d sens dans le contexte d'un Grand marché et d'un union douanière englobant l'ensemble de la communauté européenne. L'avenir économique de l'Alsace n'est pas dans un «Grand-Est» mais en priorité dans l'espace économique et géographique naturel constitué par la vallée rhénane.

L'axe central de la communauté européenne se situe entre Milan et Amsterdam et englobe le Bénelux et I vallée du Rhin (l'ancienne Lotharingie en quelque sorte). Il appartiendra au pouvoir régional alsacien d'élaborer une stratégie de développement économique et une politique de communication tenir compte de ces réalités. A cet égard, un T.G.V. (train grande vitesse) intereuropéen dans le sens du nord vers le sud le long de la vallée rhénane semble plu adapté qu'un éventuel T.G.V.-Est.

LE GRAND MARCHE EUROPEEN

La réalisation du grand marché européen sera facteur d'une intensification des échanges, d'une croissance économique et d'une augmentation de l'investisse ment pour l'ensemble des économies européenne. Pour l'Alsace, ce grand marché signifiera le passage d'une situation de région frontière à une situation centrale tout en lui permettant de renouer avec sa vocation rhénane.

Mais la perspective du grand marché doit être complétée par des mesures d'accompagnement politiques. Les régions voisines de l'Alsace (Bade-Wurtemberg, Rhénanie-Palatinat, Pays de Bâle constituent des entités autonomes d'un point de vu politique, qui basent leur développement sur une stratégie de décentralisation économique. L'Alsace do avoir les moyens politiques pour effectuer une véritable politique de développement.