Les menaces qui pèsent sur le site ALSTOM Transport de Belfort révèlent les fourvoiements des politiques industrielles à la française.

Les problèmes d’ALSTOM sont connus de longue date par l’Etat actionnaire qui en est même responsable. Les interventions catastrophées de François Hollande et de Manuel Valls ne reposent, que sur des motivations de court terme électoralistes. La politique ferroviaire française repose sur le très onéreux développement du TGV et des grandes lignes centrées sur Paris, au détriment du développement des réseaux régionaux et locaux, et du fret. Ces choix jacobins mettent ainsi en danger toute la filière du transport ferroviaire en France et privent nos entreprises de contrats et de perspectives. Le centralisme à la française a un coût social et économique que nous ne pouvons plus supporter. Ainsi en est-il en Alsace, du coût exorbitant de la ligne grande vitesse vers Paris que jamais nous ne pourrons rentabiliser.

ALSTOM essaye de se restructurer pour sauver ses autres sites d’excellence, notamment celui de Reichshoffen. Il est cependant à craindre qu’en déshabillant Belfort, on ne rhabille pas forcément le site alsacien: celui-ci dépend également de commandes publiques qui ne se concrétisent pas. C’est à ce niveau que l’Etat pourrait intervenir : en réformant la SNCF et le fret, en promouvant enfin les alternatives au tout routier, dans l’esprit des différents accords nationaux ou internationaux pour l’environnement. Or, non seulement le fret ferroviaire en France, au lieu de progresser, recule constamment, mais le transport ferroviaire des voyageurs parmi les moins polluants et les plus sûrs, renchérit et subit la concurrence des autocars de l’ex-ministre de l’économie et de l’industrie M. Macron…

La fermeture du site de Belfort ne garantit nullement le sauvetage ferroviaire d’ALSTOM car le passif est désormais trop important. Alstom a eu dans le passé de nombreuses opportunités de s’allier avec son concurrent européen Siemens. Malheureusement, l’intervention de l’État français et de ses dirigeants en faveur d’une cession de la division Energie à l’américain General Electric a empêché le rapprochement avec le groupe allemand. Au lieu de renforcer un partenariat européen et de consolider les emplois du groupe en France, en Allemagne et en Suisse, c’est une situation de fragilité qui a été installée qui peut mener à la mort lente du groupe.

Dans cette affaire, on retiendra surtout la faillite du système politique et économique français. Cette structure jacobine fait la démonstration tragique de son incapacité à défendre les compétences et savoir-faire des travailleurs et à préserver sinon développer un fleuron de l’industrie mondiale. Nous avons désormais besoin d’une harmonisation de la politique économique Européenne avec une gestion de l’union pour permettre la sauvegarde de l’emploi en son sein. Les USA et autres grands blocs économiques s’emploient à favoriser leurs entreprises. L’Europe ne peut plus se permettre d’être ouverte aux 4 vents, sans aucune protection, et doit protéger ses Peuples du risque d’une aggravation de la crise avec des conséquences incalculables.

Martin MEYER – Responsable Section UNSER LAND Piémont

Communiqué de presse envoyé aux Dernières Nouvelles d’Alsace

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