Quel est le plan de vol ? Où est l’équipage : ministres, députés, sénateurs et élus locaux concernés ?

 

Il a été annoncé ce 19 septembre par le gouvernement que 13 aéroports perdront le label « Point de passage frontalier » courant 2017. Concrètement cela veut dire que des avions en provenance de l’étranger hors espace Schengen ne pourront se poser sur leur tarmac. Cette mesure brutale et encore une fois sans concertation, va donc voir un certain nombre de territoires perdre des lignes commerciales et être interdit de liaisons d’affaires aériennes ainsi que de fret. Ce qui entraînera de facto le déclassement de l’aéroport et un abandon d’opportunité de développement du territoire en question et posera donc problème pour l’emploi. Certes en Alsace nos trois aéroports ne sont pas (pour le moment) concernés mais nous nous élevons sur ce genre de décision. Plus encore sur la méthode de décision qui prévaut de ce pays et au-delà, par l’abandon peu à peu de certaines zones (après les tribunaux, les administrations, La Poste, …voici 13 des 85 aéroports).

 

D’abord, rappelons que l’Espace Schengen concerne une bonne part des pays membres de l’Union Européenne à l’exception du Royaume-Uni, l’Irlande et les ex-pays de Yougoslavie sauf la Slovénie. Le contrôle des points de passages frontaliers est du ressort de la police, et dans un contexte de rationalisation et/ou de décharge des missions, le gouvernement voit par cette décision une économie qui ici va peser sur le dos des territoires.

 

Il y a lieu de réformer certains points de passages frontaliers et de requalifier les missions de police, et cela personne ne le conteste. Mais de là à faire fermer de façon unilatérale et sans concertation avec les responsables de ces aéroports (souvent les CCI – Chambre de Commerce et d’Industrie), ni les maires, ni les conseillers départementaux et régionaux, ni les parlementaires députés et sénateurs concernés, relève d’une conception curieuse de la démocratie et du dialogue que ce même gouvernement ne cesse d’avoir à la bouche pour tout et n’importe quoi…sauf quand c’est lui qui décide ! Les élus de tout bord ont pour l’instant été d’une discrétion impressionnante sur le sujet, seul tente de faire bouger les choses… les aéroports eux-mêmes. De même, et cela pose question sur la liberté de la presse, des intérêts et le niveau d’information puisque à peine quelques journaux en France en ont semblent-ils parlé (Le Figaro, le JDD et le Télégramme). Sont touché par cette mesure les aéroports de Montbéliard, Besançon, Metz, Annemasse, Saint Tropez, Agen, Vichy, La Roche sur Yon, Le Castellet, Nevers, Lannion, Abbeville, Amiens.

 

La décision de fermeture de ces points n’est pas anodine et ce qui est grave c’est que l’impact économique et en « emplois » pour chaque zone affectée n’a pas été regardé. Par exemple pour Saint Tropez c’est environ 50 millions d’Euros qui vont manquer dans l’économie locale et donc dans les emplois. Plus proche de nous, l’aéroport de Montbéliard qui fonctionne beaucoup avec la société PSA (Peugeot-Citroën) : celle-ci va-t-elle continuer à investir sur ses sites de Sochaux et Vesoul si elle ne peut envoyer et/ou faire venir des personnes et des pièces hors de l’espace Schengen ? Plus drôle, comment les footballeurs du FC Sochaux-Montbéliard partiront-ils jouer la coupe d’Europe (lorsque le club ira mieux) face à des clubs russes ou israéliens ?

 

Comme dit, nos aéroports alsaciens ne sont pas concernés pour le moment mais il y a tout lieu de s’interroger et se méfier pour Colmar. L’aéroport est beaucoup utilisé par la société Liebherr (société qui a décidé de faire de Colmar en de ses centres mondial) et la société américaine Timken, ainsi que par un certain nombre de sociétés sur la zone économique de Neuf-Brisach. Si le point de passage frontalier ferme, ces sociétés vont-elles rester et investir encore dans le bassin colmarien ? Il y a des réflexions et de la stratégie à mener tant du côté des élus que du monde économique (CCI, ADIRA,…) mais aussi de l’information envers le grand public !

 

Massifier certains aéroports et supprimer d’autres est une bonne chose pleine de bon sens pour les finances de tous et surtout cela est possible en effet avec certain. Le meilleur exemple est celui de Dôle qui peut à la fois permettre de supprimer les gouffres de l’aéroport de Besançon (20 km) et de l’aéroport de Dijon (20 km). Monsieur le maire socialiste de Dijon (M. Rebsamen ; ancien ministre de l’emploi) peut-il arrêter de freiner ce regroupement dont toute les études (dont celle de la Cour des Comptes) montre la pertinence ? Il faut savoir que l’aéroport de Dole, certes ville plus petite et en Franche-Comté, dépasse depuis longtemps Dijon en capacité, vols, passagers et équilibre financier. Si c’est une simple question de nom M. Rebsamen, il suffit de rebaptiser l’aéroport comme par exemple Dôle-Dijon-Besançon Bourgogne-Franche-Comté ! Quant aux liaisons entre votre ville et l’aéroport, il peut y avoir synergie avec votre collègue à la région Madame la socialiste Marie-Guite Dufay, pour faire quelque chose, non ? Ah, intérêt personnel contre bon sens général !

Autre possibilité, c’est de voir si des exceptions peuvent être délivrées par les préfets en fonction de circonstances ou des secteurs d’activité. Exemple : Nevers pour l’utilisation du circuit de Formule 1 de Nevers-Magny court !

 

En tout état de cause, la discussion et la réflexion s’imposent avant toute décision. On peut voir aussi comment les autres pays d’Europe font car lorsque on regarde la carte d’Europe des points de passages frontaliers, il est amusant de constater que c’est les pays qui en ont le plus (Allemagne, Autriche, Danemark, Norvège, Slovénie, Lettonie…) qui sont ceux plutôt en bonne santé économique. Il n’y a pas peut-être pas un lien de cause à effet complet mais cela y participe probablement !

 

Enfin, les députés socialistes peuvent-ils nous expliquer comment ils conçoivent leur rôle ? Le gouvernement passe encore une décision en demandant tranquillement à ce que tous ses députés votent sans contester.

Cette histoire de fermeture sans réflexion et sans concertation des points de passages frontaliers dans des petits aéroports, c’est quand même couper les ailes d’un envol des territoires concernés et cela dans un silence de la part de nos élus visiblement actuellement trop occupés par le jeu politicien d’une réélection ou d’une place.

 

Unser Land, parti régional aux liens nombreux avec d’autres mouvements en France et à l’étranger (dont certains sont aux commandes de leur territoire), n’est pas dans cette attitude politicienne, l’exemple des régionales ou le parti est resté cohérent avec le résultat et les propos tenus atteste que c’est vous et la région qui sont les priorités, pas le jeu politique. Bref, ce qui fait la grandeur et la hauteur politique. À réfléchir pour votre choix aux législatives !

 

 

E.D.

 

Source d’information supplémentaire : www.aeroport.fr/page/page/communiqu-s-2016

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