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Ils sont jeunes, autonomistes, contre la grande région et récusent le terme de repli identitaire. Dans le canton de Kingersheim, par le biais de ces élections départementales, Alexis Hottler et Céline Wira, pour le parti Unser Land, réclament plus d’autonomie pour l’Alsace, afin qu’elle décide de son avenir selon ses spécificités.

 

Alexis Hottler et Céline Wira pour Unser Land dans le canton de Kingersheim. Photo DNA – Michèle Marchetti

Alexis Hottler et Céline Wira pour Unser Land dans le canton de Kingersheim. Photo DNA – Michèle Marchetti

Pour Unser Land , membre de la fédération Régions et peuples solidaires, proche des écologistes et des centristes, ce qui ne va pas en France, c’est le centralisme. « Nous ne voulons pas que l’Alsace soit indépendante de la France ; nous voulons être plus autonomes, dans la France, au niveau décisionnel et financier », expliquent les candidats d’Unser Land, Céline Wira, 29 ans, assistante dentaire et Alexis Hottler, 23 ans, chargé d’affaire, un déçu du socialisme. Leurs remplaçants sont Sonia Weiss, écologiste convaincue qui travaille dans le domaine du service à la personne ; et Thierry Schoenenwald-Elert, vendeur.

Vote contestataire

Si Unser Land est contre la grande région, c’est « pour garder les impôts des Alsaciens pour l’Alsace ; et décider de plus près de ce qu’on en fait : l’ALCA sera deux fois plus grande que la Belgique, et on ne peut pas fonctionner avec des territoires si grands ! », arguent-ils en précisant que chaque région française est différente et qu’il « faut donc aussi agir dans le respect de nos spécificités : savoir où il faut ouvrir des classes, comment former nos enseignants, développer le bilinguisme… Comme les cantons suisses ! ».

Tous deux rappellent d’ailleurs que la Suisse est « un pays plus démocratique, où les votations ont vraiment un sens ; pas comme le référendum de 2013 sur le conseil unique, où les critères imposés par Paris étaient bien trop contraignants pour donner une chance au “oui” de l’emporter… »

Et d’enchaîner : « ce n’est pas nous qui sommes repliés sur nous-mêmes, ou extrêmes, ou racistes, au contraire ! », martèlent-ils en évoquant l’ouverture de leur parti sur l’Europe et les pays voisins : « Qui veut revenir au franc ? Qui est anti-Europe, anti-bilingue ? C’est le Front National ! L’Alsace n’est pas d’extrême-droite ; il faut que les électeurs sachent qu’il y a désormais un autre vote contestataire que le vote extrême. Pour dire qu’on n’est pas d’accord, il faut voter Unser Land ».

Ce parti autonomiste veut en effet profiter de ce scrutin pour faire connaître ses idées, et faire changer les choses quant à la grande région : « L’État est déjà revenu en arrière sous la pression populaire ; alors nous nous battons comme on peut, en commençant par ce scrutin, qui reste une élection locale. Au département, on pourra quand même encore agir sur le social, et notamment les personnes âgées avec le développement de l’aide à domicile ; la voirie, les collèges… Mais aussi favoriser le bilinguisme… qui favorisera l’emploi », concluent-ils.

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