Expert du placement sur les moteurs de recherche, Olivier Andrieu évoque les avantages de l’extension «.alsace » qui permet d’acquérir sur Internet des noms de domaine du type «monsite.alsace ». Alors que CCI et Agence d’attractivité lancent un concours, il fait tomber des idées reçues.

Olivier Andrieu : «Dès lors que votre activité a un rapport avec la région, l’achat d’une extension en «.alsace » peut avoir un réel intérêt».  PHOTO DNA - JEAN- PAUL KAISER

Olivier Andrieu : «Dès lors que votre activité a un rapport avec la région, l’achat d’une extension en «.alsace » peut avoir un réel intérêt». PHOTO DNA – JEAN- PAUL KAISER

Un concours de référencement, c’est quoi ?

Olivier Andrieu : Le principe est simple : on décide d’un mot-clé ou d’une expression, d’une date de début et de fin du concours. Ce sera du 8 octobre au 12 février. L’objectif pour un participant : faire en sorte que son site internet soit en tête des réponses sur le moteur de recherche de Google, lors d’une requête avec le mot-clé ou l’expression qui font l’objet du concours. Ceux-ci sont évidemment tenus secrets jusqu’à l’instant du lancement.

Seuls les sites ayant un nom de domaine en «.alsace » pourront participer et les seules méthodes admises seront celles reconnues par Google. Pas question d’autoriser des pratiques qui consistent à gonfler artificiellement la notoriété d’un site, comme les contenus cachés, l’utilisation abusive des mots-clés (les placer cinquante fois dans une page) ou les liens factices.

À quoi sert ce concours ?

À promouvoir l’extension «.alsace ». Et c’est une première à ma connaissance, c’est la première fois qu’un concours de placement sur un moteur de recherche est utilisé pour promouvoir une extension.

Habituellement, le but du jeu est de contourner les règles de Google, de tromper le moteur de recherche. Ce qui n’a aucun intérêt du point de vue du référencement naturel pour un site commercial. Là, ce n’est pas le cas.

Si j’ai décidé d’apporter mon soutien à ce concours, c’est parce qu’il vise à dégager les bonnes pratiques pour la promotion d’un site en «.alsace » sur Internet. Et de les partager. Le règlement prévoit que les trois premiers s’engagent à expliquer comment ils sont arrivés à ce résultat.

Un atout en termes d’image, de marketing, de communication

Quels peuvent être pour une entreprise les avantages d’un site avec un nom de domaine en «.bzh » (Bretagne), «.berlin », «.alsace » ?

Il en existe beaucoup. La terminaison géographique contribue à une identité régionale forte si le marché de l’entreprise est local.

Elle permet de toucher une diaspora spécifique, par exemple les Alsaciens, les Bretons de France ou de l’étranger.

Elle permet de rayonner au niveau mondial, si vous avez une spécificité locale, dans le domaine de la gastronomie, du tourisme, etc.

C’est enfin un moyen d’obtenir une adresse internet intéressante et descriptive qui est peut-être déjà prise en «. com », en «. fr ». Pour l’instant, ce sont un peu moins de 2 000 noms de domaine en «.alsace » qui ont été acquis, il en reste donc de très nombreux disponibles !

Bref, dès lors que votre activité a un rapport avec la région, l’achat d’une extension en «.alsace » peut avoir un réel intérêt.

Comment Google, qui domine très largement le marché français pour les requêtes en ligne, appréhende-t-il cette création de nouvelles extensions de premier niveau ?

Google a été très clair : ces nouvelles extensions (régionales – «. alsace », «.paris » – ou génériques comme «.audio », «.discount » ou «.immo ») n’ont aucun impact dans les classements sur son moteur de recherche. Quiconque vend ces extensions en disant que cela va aider au référencement d’un site web trompe son interlocuteur.

Google a également dit que plus tard et éventuellement, il verra si certaines extensions (mais pas toutes) peuvent être traitées différemment. Mais ça se fera avec le temps et un certain recul. Pour l’instant, il n’en est rien.

Un nom de domaine en «.alsace » et «.bzh » est efficace en termes d’image, de marketing, de communication. Mais il n’y a pas d’impact en termes de référencement.

Il faut savoir que l’algorithme de Google analyse 200 critères de pertinence. La présence d’un mot recherché lors d’une requête dans le nom de domaine ou l’extension, c’est-à-dire dans l’adresse d’un site sur Internet, est un critère assez fort. Mais il a perdu beaucoup de poids.

Si un site ressort en premier, ce n’est pas seulement en raison de son adresse, de son url. Ce critère est dans le top 20 des critères de Google, mais pas dans le top 10 !

Est-ce qu’il faut appréhender différemment cette question selon que l’on dirige une TPE ou un commerce, d’une part, une très grande entreprise ou une marque nationale/internationale d’autre part ?

Pour moi, non. L’achat d’un nom de domaine est obligatoire -et donc le choix de l’extension- si on veut avoir une visibilité même minimale sur le Web. Grâce à ces adresses internet, une petite PME peut obtenir la même visibilité qu’une grande multinationale. C’est donc un passage obligé.

Est-ce qu’une entreprise qui dispose déjà d’un site en «.fr » ou en «.eu » a intérêt à acquérir aussi un nom de domaine en «.alsace » ?

On peut avoir deux attitudes. Acheter le «.alsace » pour ne pas qu’un autre le prenne et se contenter de rediriger l’adresse vers un site historique. C’est une attitude protectrice. Autre possibilité, plus active : acquérir un nom de domaine en «.alsace » pour en faire un nouveau site qui a, par exemple, une connotation plus alsacienne.

La création du «.alsace » peut-elle doper l’économie numérique ?

C’est une aubaine. Il reste beaucoup de noms disponibles, contrairement au «.com » ou au «.fr ». Pour une entreprise qui a une zone de chalandise alsacienne, c’est une opportunité à saisir. Ce n’est en aucun cas un handicap en termes de référencement.

C’est un peu comme acheter un pas-de-porte ?

Oui. Avoir une adresse à soi, identifiable et pertinente, c’est important.

Pas d’impact sur le placement en cas de requête d’un internaute de la région

Est-ce que l’adresse en «.alsace » peut jouer en termes de placement sur Google, dans le cas de requêtes effectuées dans la région même ?

Non. Les extensions géographiques n’ont clairement pas d’impact aujourd’hui sur le référencement, avec des requêtes locales, nationales ou à portée mondiale et ceci quelle que soit la langue. Ni sur Google, ni sur Bing, ni sur aucun moteur de recherche. Mais cela donne surtout une indication intéressante à l’internaute lorsqu’il voit que votre site est « régionalisé ».

À l’heure des réseaux sociaux et du partage social, la recherche du référencement naturel optimal sur Google reste-t-elle un enjeu important, prioritaire ?

Depuis plus de vingt ans que le Web existe et donc que les moteurs de recherche sont là pour nous aider à trouver une information, le référencement est une phase essentielle dans la visibilité numérique d’une entreprise.

Le trafic généré par Google représente environ la moitié du trafic sur un site web. Difficile de s’en passer. Notons d’ailleurs que les réseaux sociaux ont un impact quasi nul sur le référencement naturel, mais ils permettent de diversifier les sources de trafic sur un site et d’être moins dépendant du moteur de Google.

Le marketing numérique est un tout : le référencement naturel est nécessaire, mais il n’est pas suffisant ; ma préconisation est qu’il doit représenter 50 % du trafic sur un site, le reste doit provenir des réseaux sociaux, de l’e-mailing, de l’accès direct, etc.


 

Vos commentaires

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Wirsher – 05.10.2015 | 09h12 @regnul

Tout à fait.

Et encore ils auraient pu nous pondre alsacefr

regmul – 05.10.2015 | 08h09

Les Bretons ont choisi .bzh

Nos politiques Alsaciens ont choisi .alsace, alors que le .el était dispo.

Encore un fois la honte, mais comment voulez-vous que ces gens  là nous représentent

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