Interrogé sur France Inter le mercredi 6 novembre, Jean-Yves Le Drian a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire ratifier cette charte, conformément à l’engagement n ° 56 du candidat Hollande.

Or, le 9 octobre dernier, la Ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, a été auditionnée par le groupe d’étude parlementaire sur les langues régionales. Le compte-rendu officiel de cette réunion indique que Aurélie Filipetti a déclaré que « comme il est impossible de modifier la Constitution, le processus de ratification de la Charte est définitivement abandonné ».

[nddlt : il faut une majorité des 3/5me, et la nouvelle doctrine de l’UMP « Paris parle aux Parisiens », déclamée par Sarkozy est : « lorsqu’on aime la France, on ne propose pas de ratifier la Charte Européenne des Langues Régionales ! ».

Nous sommes donc censés renoncer à nos droits linguistiques les plus fondamentaux « par amour de la France »… Et si on demandait aux dialectophones Québécois et aux patoisants Acadiens de renoncer eux-aussi à leurs droits fondamentaux de minorités régionales francophones, par « amour du Canada » ??? Cela fait plus de 60 ans que le pouvoir central pan-francophone se paye sauvagement la tête des Bretons, des Corses, des Basques, des Catalans, des Occitans, des Flamands et des Alsaciens-Mosellans et nous fait lanterner sans fin sous toutes sortes de prétextes dilatoires dans l’espoir retors et inavouable que nos langues ne soient plus du tout réanimables voire déjà mortes avant l’arrivée des secours. …Et si les victimes se mettaient à ne plus développer aucun amour masochiste pour un tel pays ! ]

En lieu et place de cette ratification, elle s’interroge « sur la nécessité de faire une loi ou pas ». Pour elle, une telle loi « serait essentiellement de l’ordre du symbolique, car elle serait essentiellement déclarative ».

On est donc bien loin de l’objectif initial. Pell emañ Yann ouzh e gazeg !

Si l’on essayait de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, on ne s’y prendrait pas autrement. Poent eo ehanañ d’ober goap ouzh an dud !

Yann – Fañch Kerneis
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