Les marchés de Noël de Colmar, Mulhouse et Haguenau sont maintenus et ouvrent ce soir. À Strasbourg, la décision est toujours en suspens. Partout, des mesures de contrôle supplémentaires seront prises pour assurer une sécurité maximale.

Un nouveau dispositif de sécurité pour les marchés de Noël de Colmar qui attirent annuellement environ 1,2 million de visiteurs.  Photo archives DNA-Nicolas Pinot

Un nouveau dispositif de sécurité pour les marchés de Noël de Colmar qui attirent annuellement environ 1,2 million de visiteurs. Photo archives DNA-Nicolas Pinot

« Dès le départ, nous étions d’avis qu’on ne peut pas tout remettre en cause. Pas seulement pour l’image de la ville, mais aussi pour l’impact économique important des marchés pour les commerçants ». Mercredi soir, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a présidé une réunion extraordinaire du conseil municipal. La majorité des élus y était favorable à l’ouverture des cinq marchés de Noël.

« Le principal risque, ce sont les mouvements de panique »

La préfecture et la Ville, qui ont tenu une conférence de presse commune hier après-midi à l’hôtel de ville, se sont mises d’accord pour déployer un train de mesures destinées à sécuriser au maximum l’événement. Le préfet du Haut-Rhin Pascal Lelarge ne veut pas entrer dans les détails afin de ne pas alerter les éventuels perturbateurs. Il a annoncé que des moyens humains accrus seront mis en œuvre afin « d’assurer une vigilance permanente au sein des marchés ». Les polices, nationale et municipale, les militaires, les Brigades vertes et même des sociétés de gardiennage privées seront à pied d’œuvre dans une ville qui dispose aussi de caméras de surveillance.

« Le principal risque, ce sont les mouvements de panique notamment en période de vaste affluence, estime le représentant de l’État. Il faut pouvoir identifier les éléments perturbateurs. Le dispositif de sécurisation sera adapté en fonction de l’afflux des visiteurs ». Il évoluera constamment, selon les besoins, au fil des cinq prochaines semaines.

Le préfet met tout le monde à contribution et compte sur l’aide de tous. « Nous demandons aux gens de jouer collectif, d’accepter les contrôles, qui ne seront pas au faciès, d’ouvrir leurs sacs à dos ». Gilbert Meyer renchérit : « Il faut que dans chaque rue, il y ait un œil pour regarder ».

Maintenu à Haguenau, comme prévu

Le marché de Noël de Haguenau, le plus important de l’Alsace du Nord et le seul à être ouvert tous les jours dans le secteur, est maintenu. Il sera inauguré ce soir au centre-ville.

Dès le début de la semaine, la commune avait laissé entendre que les manifestations programmées seraient maintenues. Toute la semaine, les exposants se sont affairés pour aménager l’intérieur de leur chalet tandis que les agents techniques communaux mettaient la dernière main aux décors.

Dans un communiqué, la Ville de Haguenau et l’Office des Sports et Loisirs ont indiqué que « la mise en lumière du centre-ville, le marché de Noël et l’ensemble du programme d’animations seront lancés ce vendredi soir à partir de 17 h 30 devant l’espace Saint-Martin ». Et de poursuivre : « Compte tenu des circonstances, la cérémonie d’ouverture se voudra sobre et ne présentera pas le caractère festif habituel. Les organisateurs sauront faire preuve de vigilance, flexibilité et réactivité pour répondre de la façon la plus efficace aux éventuelles évolutions de la situation. » Du côté du commissariat de police, même si on se refuse à entrer dans le détail du dispositif de sécurisation, on précise que la surveillance du marché de Noël sera bien sûr renforcée, avec notamment des patrouilles pédestres de policiers nationaux mais aussi municipaux plus nombreuses.

À Strasbourg, suspens autour du maintien ou de l’annulation

Le maire de Strasbourg et le préfet doivent annoncer ce midi, si oui ou non, le 445e Christkindelsmärik se tiendra, dans un contexte d’état d’urgence. Hier, tous les paramètres étaient passés au crible.

Lyon, la capitale des Gaules, renonce à sa Fête des Lumières. Strasbourg, capitale européenne, mais aussi « Capitale de Noël » autoproclamée, va-t-elle suivre le même chemin ? Sachant que d’importants effectifs de force de l’ordre seront nécessaires à Paris où se tient la COP 21 du 30 novembre au 11 décembre.

La question est restée en suspens. Jusque tard, hier soir chez le préfet, les réunions se sont succédé pour évaluer -et évacuer- les risques, un à un, explique Alain Fontanel, premier adjoint en charge de l’opération.

Ce n’est qu’« à l’issue du bilan des travaux avec les pompiers, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), le procureur de la République, le représentant des armées, ainsi que celui de la CTS, que le maire et le préfet décideront vendredi à midi », ajoute l’élu.

L’incertitude porte en particulier sur le dispositif de sécurisation : quels effectifs de police et de gendarmerie seront alloués pour assurer la sécurité d’un marché qui prévoit 300 chalets, répartis sur douze sites à travers le centre-ville ? Et qui draine quelque 2 millions de visiteurs pour la période des fêtes.

En cas d’annulation, l’impact économique dans l’Eurométropole serait majeur : les retombées sont estimées à plus de 250 millions d’euros pour les différents secteurs (hôtellerie, restauration, ou encore SNCF). La période permet aussi de créer entre 2 000 et 3 000 emplois temporaires.

Share This