Saisie de feux d’artifices par la police en Alsace

Les festivités de la nuit de la Saint-Sylvestre ont été endeuillées par plusieurs accidents liés à l’utilisation d’engins pyrotechniques (fusées, pétards…). Et déjà des voix s’élèvent pour interdire l’utilisation des feux d’artifices. L’émotion suscitée par ces drames humains que nous venons de vivre ne doivent toutefois pas prendre le pas sur la raison.

Certes, les feux d’artifices sont des engins dangereux, mais ce fait ne justifie pas à lui seul une interdiction pure et simple de leur utilisation, sinon, nous devrions interdire également les voitures, lesquelles occasionnent en Alsace également des accidents mortels.

Une éventuelle prohibition serait non seulement contreproductive mais également discriminatoire. Si ces feux d’artifices sont en vente libre en Allemagne, c’est que l’on juge que des adultes sont capables de les utiliser sans risques. Les Alsaciens seraient-ils moins responsables que les Badois ?

Pour éviter à l’avenir de nouveaux accidents, Unser Land prône un renforcement de la pédagogie ainsi qu’un contrôle accru de la qualité de ces artifices, dont la majorité est produite en Chine. Il faut avant tout responsabiliser les revendeurs et les contraindre à sensibiliser et informer les utilisateurs. Les effectifs de police employés pour les contrôles liés à l’interdiction de certaines catégories d’engins pyrotechniques devraient plutôt être employés à la prévention des violences urbaines dans certains quartiers.

Au-delà de ces considérations techniques et juridiques, cette affaire touche à l’identité alsacienne car cette tradition de feux d’artifices à la Saint-Sylvestre est profondément ancrée dans notre région. C’est d’ailleurs, à mots couverts, l’un des arguments employés par ses détracteurs pour conforter leur demande d’interdiction.

C’est également sous prétexte de débordements que Pierre Pflimlin, maire de Strasbourg, a interdit en 1978 le carnaval de Strasbourg, fête populaire s’inscrivant dans la traditions des carnavals rhénans. De ces festivités qui rythmaient la vie strasbourgeoise, il ne reste plus rien. On en a même oublié jusqu’à leur existence. A la place, la municipalité strasbourgeoise organise depuis quelques années un carnaval qui ne respecte ni l’esprit rhénan, ni même la date du carnaval.

Quand on veut faire disparaitre un peuple, on s’en prend à son histoire et à sa langue mais également à ses traditions festives.

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