Pour quitter la crise sociale, économique, identitaire et politique dans laquelle elle se trouve, la France avait besoin d’une profonde réforme territoriale, permettant de transformer cet Etat centralisé et technocratique en un pays fédéral bâtissant sa richesse sur la diversité des peuples qui la composent. La France aurait ainsi rejoint les démocraties avancées et prospères comme la Suisse, la Finlande ou l’Allemagne.

Car après tout, pourquoi ne pas créer des régions dans lesquelles les citoyens se reconnaissent ?

A tous ceux qui se posent (encore) cette question légitime, le gouvernement vient de rappeler que, depuis la Révolution, le vrai projet de la France n’est pas celui de reconnaitre les peuples qui composent l’hexagone, mais de les détruire méthodiquement.

La France ne veut pas créer de région Savoie. Malgré les promesses réitérées depuis 1981, elle refuse de créer une collectivité territoriale au Pays Basque. Elle fait fi des manifestations regroupant chaque année plusieurs dizaines de milliers de Bretons et s’obstine à maintenir la partition de la Bretagne ordonnée en 1941 par Pétain. Elle reste également sourde aux aspirations des Occitans et des Catalans. Seuls les Corses ont pu arracher un statut spécifique à force de plasticages et de revendications indépendantistes.

A ce jour, avec la Corse, seule l’Alsace dispose d’institutions correspondant à son territoire. Le gouvernement est en train de saisir le prétexte de la réforme territoriale pour y mettre fin.

Dans son discours, M. Valls reconnait la nécessité d’une différentiation des territoires. Le fait qu’il ouvre cette possibilité pour les considérations liés à la ruralité mais qu’il la ferme pour celles liées à l’identité confirme, s’il le fallait, que ce sont les dogmes jacobins qui inspirent cette réforme.

M. Valls balaie ainsi de la main les aspirations légitimes du peuple alsacien à disposer de ses propres institutions et y oppose « le peuple français » et « la République une et indivisible », n’hésitant pas à donner des leçons de patriotisme. A ce titre, nous rappelons que l’Alsace n’a aucune de leçon a recevoir de la part d’un Etat qui l’a vendue en 1871 et lâchement abandonnée en 1940.

Par ses provocations et son attitude autiste, M. Valls est en train de commettre une lourde erreur. Alors que ses prédécesseurs se contentaient habilement de laisser l’Alsace mourir à petit feu, M. Valls préfère adresser aux Alsaciens un bras d’honneur. Cela aura au moins le mérite d’ouvrir les yeux de nos concitoyens sur la réalité de la politique française en Alsace.

L’avenir de la région Alsace est maintenant aux mains de l’assemblée nationale et sera le jouet des oppositions politiciennes. Nous n’attendons rien de ce simulacre de démocratie.

Si la France est incapable de respecter la volonté de l’écrasante majorité des Alsaciens et de ses élus, alors nous n’avons plus rien à faire dans ce pays. Il est temps de quitter cette dictature pour bâtir notre pays, l’Alsace. A nous maintenant de construire un projet de société et de conquérir notre liberté.

Share This