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Tous deux néophytes en politique, Alexandre Spinner et Élisabeth Gaucher défendront une « Alsace forte » au nom du parti régionaliste Unser Land.

 

 

 

De gauche à droite : Solène de Gail, Élisabeth Gaucher, Alexandre Spinner, Jean-Claude Huser. photo dna – jean-paul kaiser

De gauche à droite : Solène de Gail, Élisabeth Gaucher, Alexandre Spinner, Jean-Claude Huser. photo dna – jean-paul kaiser

On l’a connu animateur de cirque avec les Fun’s en bulles, moniteur de ski, danseur de folklore ukrainien dans la troupe des Rouzmarins. Il a été, surtout, le prof de sport préféré des collégiens d’Eschau avant son départ à la retraite en septembre dernier.

Aujourd’hui, Alexandre Spinner se lance en politique avec l’ardeur des débutants. Le déclic ? Les manifestations contre la fusion de l’Alsace, la Lorraine et Champagne-Ardenne en une seule grande région, coïncidant avec le début de sa retraite. « J’avais plus de temps libre et je suis allé manifester. Je pensais trouver des papys aigris, et là, surprise : il y avait des familles avec enfants, des jeunes, des gens de tous bords. Pas uniquement des Alsaciens de souche, mais aussi de cœur. Unser Land était à l’avant-poste. Je voyais que c’était un mouvement structuré, pas des rigolos », avance le jeune senior sous le regard bienveillant d’André Munchenbach. La présidente du parti autonomiste parraine des néo-candidats aux couleurs rot un wiss.

À ses côtés, Élisabeth Gaucher incarne ces « Alsaciens de cœur » qui ont embrassé la cause autonomiste. Née à Paris, ex-manager dans une compagnie aérienne, elle a été mutée à l’aéroport d’Entzheim en 2003. « Comme les gens me parlaient en alsacien, j’ai lu des livres, vu des films. Dans mon village, je me suis investie comme sapeur-pompier volontaire. » À l’aéroport, elle fait l’expérience d’une certaine ignorance de ses collègues parisiens : « Ils nous envoyaient des telex en allemand. Or, dans le milieu, la langue officielle est l’anglais. »

Les suppléants des deux candidats, Jean-Claude Huser et la très jeune Solène de Gail, qui prépare le concours de Sciences po, sont également neufs en politique. « Je tombe un peu là-dedans comme Obélix dans la potion magique, reconnaît Jean-Claude Huser. C’est un challenge. Je suis attentif à nos acquis : le droit local, le régime maladie, le Concordat, nos jours fériés… Nos anciens se sont battus pour ça. »

Le premier objectif d’Unser Land ? Un référendum pour un nouveau statut régional, à la corse. « Actuellement, les charges sont transférées aux régions, pas les pouvoirs, note Andrée Munchenbach. »

« Les Bretons n’ont pas les mêmes problèmes »

« L’écotaxe est un bon exemple », soutient Alexandre Spinner. Avec la LKW-Maut en Allemagne, les camions passent chez nous sans rien payer et esquintent nos autoroutes. Les Bretons n’ont pas les mêmes problèmes. Chaque région devrait décider pour elle-même. » Le quatuor défend également le bilinguisme, les partenariats transrhénans, le soutien aux énergies renouvelables et une agriculture de proximité. Leur modèle ? Le Tyrol du Sud, petit paradis des Dolomites aux yeux des autonomistes.

« Je ne suis pas un politicien, mais j’ai une expérience de terrain » , plaide Alexandre Spinner, qui, en tant qu’enseignant et responsable associatif, a vu les collectivités rénover à grands frais gymnases, piscines ou salles de spectacles, sans suivi pratique. « Il faut que le conseil général ne devienne pas un simple guichet pour la prestation de service social. »

Alexandre Spinner, retraité, 62 ans, marié, deux enfants, habite à Illkirch ; Élisabeth Gaucher, 59 ans, ex-manager, divorcée, un enfant, réside à Ohnenheim ; Jean-Claude Huser, 64 ans, retraité de France Telecom, divorcé, trois enfants, à Illkirch ; Solène de Gail, lycéenne, célibataire, 18 ans, à Plobsheim.

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