Devant une poignée de militants, Denis Lieb tenait vendredi soir un meeting à Hochfelden… en alsacien !

« Tout le monde comprend l’alsacien ? »demande Denis Lieb. Pas d’objection de la part des quelques personnes présentes dans la salle, et l’homme politique se lance pour une heure de discussion en dialecte… entrecoupée ponctuellement de certains « francismes ».

« On peut faire mieux que l’État »

Le candidat d’Unser Land, accompagné de sa suppléante schilikoise Andrée Munchenbach, est catégorique : renvoyant très rapidement dos à dos la gauche « qui veut plus d’État » et la droite « qui veut plus de marché », il assure que son parti est le seul porteur d’« idées nouvelles » dans la circonscription.

Unser Land veut « plus de Région ». Et ce pour plusieurs raisons. « Si on s’occupe de quelque chose au niveau local, on peut le faire comme le montre notre Sécurité sociale qui, au niveau régional, n’est pas déficitaire. On peut même faire mieux que l’État avec autant ou moins d’argent », assure l’ex-conseiller général et ancien président de la comcom du pays de Sarre-Union, en s’appuyant sur ses expériences passées d’élus.

Citant Napoléon, il assure qu’il faut « faire la politique de sa géographie ». « Si tu es à Paris, l’Alsace est dans un coin, si tu es à Strasbourg, elle est au centre de l’Europe. » Denis Lieb est un partisan de la prise de décision « au plus près des problèmes, vor Ort, auf ‘em platz », car selon lui « le centralisme coûte cher ».

Citant des exemples en Suisse ou en Allemagne, il martèle que le régionalisme, qu’il conçoit à travers un Conseil d’Alsace, permettrait « la maîtrise des ressources », notamment celles issus de l’impôt. « On donne beaucoup à Paris, peu revient en retour. L’argent doit dans un premier temps rester là. »

Le candidat se lance ensuite dans la défense d’un droit au bilinguisme, du droit local y compris le concordat, des thèmes dont il discute longuement avec les personnes présentes.

Mais vers 22 heures, trêves de débat, le candidat « Rot und wiss » est fatigué. Denis Lieb, effectivement « rouge et blanc » au sens propre du terme, a la peau marquée par sa campagne de terrain à vélo, sous un soleil de plomb. Le porte-à-porte, un choix stratégique, comme le démontre la faible affluence de ce soir : « Les gens ne se déplacent pas ! »

Cette semaine, Denis Lieb et Andrée Munchenbach seront à nouveau en selle, cette fois-ci en Alsace Bossue.

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