L’Alsace, comme les autres régions de France, surtout celles qui ont l’audace d’affirmer leurs particularismes, n’ont pire et plus rétrograde ennemi que le Front National, parti d’extrême-droite jacobin et centraliste. Qu’on se souvienne : en 2013 l’état-major parisien du Front faisait irruption dans la campagne du référendum pour le Conseil d’Alsace, avec une affiche fleurant bon le nationalisme de l’entre-deux-guerres : « Je veux l’Alsace française, je vote NON ». Ses positions en faveur du Conseil unique valent au conseiller régional frontiste alsacien Binder, son exclusion du parti.

Non, Marine Le Pen ne nous rendra pas l’Alsace, bien au contraire, elle le dit clairement : elle veut supprimer toutes les régions — que ce soit le Grand Est ou l’Alsace — et conserver les départements. Elle s’inscrit ainsi dans l’extrême droit fil de l’acharnement des Jacobins de 1790 contre les régions historiques et leurs cultures. Le découpage par départements et leur placement sous la tutelle des préfets visait alors à briser les régions historiques et constituer une France une, indivisible et monolingue. C’est sous cette même cloche que le FN entend conserver le pays.

L’Alsace, que nous voulons retrouver, n’est pas une simple inscription sur un panneau de route ou un concept folklorique.

En premier lieu, l’Alsace est indissociable de sa langue et de son ancrage rhénan. Unser Land milite notamment pour un enseignement généralisé de la langue régionale ainsi que son officialisation. En s’opposant à la ratification de la Charte européenne des langues régionales, Marine Le Pen démontre son mépris des langues régionales et accepte de facto leur disparition.

En second lieu, l’Alsace, que nous voulons, est une région autonome, libérée du millefeuille administratif et de la tutelle des préfets, et dans laquelle les citoyens décident de leur avenir. Notre projet est diamétralement opposé à la vision parisiano-centriste du FN qui entend replacer toutes les collectivités territoriales sous la tutelle de l’État central.

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