L’Alsace, terre d’accueil et d’hospitalité, doit-elle pavoiser comme si de rien n’était ?

 

UNSER LAND invite le Conseil de l’Europe à interpeller le Président de la République Française sur la base des quatre griefs suivants :
1) Violation flagrante de la Charte européenne de l’autonomie locale (dénoncée par le Congrès des pouvoirs locaux au printemps 2016) dont l’article 5 impose, pour toute modification des limites territoriales, une consultation préalable des collectivités locales concernées, éventuellement par référendum des populations. Ce traité international, que le Conseil de l’Europe a conclu avec la France, a une autorité supérieure à la Loi, en vertu de la Constitution, comme l’a rappelé le Professeur émérite de Droit public Robert Hertzog. Cependant la réforme territoriale a été imposée sans aucune consultation ! Différents recours auprès du Conseil d’État ont été rejetés, ce que le grand spécialiste de droit administratif, le Professeur Jean Waline, traduit ainsi :  « Autrement dit, c’est le permis pour la France de violer en toute impunité les engagements qu’elle a pris en signant la Charte » ! (DNA du 26 septembre 2016)

2) Non-respect des minorités. La France n’a pas signé le dit-traité : il y a une vraie négation de l’existence du peuple Alsacien au sommet de l’État Français, par Manuel Valls « Il n’y a pas de peuple alsacien, il n’y a qu’un peuple français » (4 octobre 2014 à l’Assemblée Nationale) et le coup de grâce de François Hollande assénant « l’Alsace n’existe plus » ! (7 avril 2016 à Metz). Comment peut-on nier l’existence même et l’histoire des peuples (Kanaks, Guadeloupéens, Martiniquais, Corses, Bretons, Francs-comtois, Alsaciens, Flamands, Savoyards, Catalans, Occitans, Basques et autres) qui composent la France et en font la diversité et la richesse ? Nous appelons le Conseil de l’Europe à constater et condamner ce négationnisme.

3) Non-respect des cultures. Pratiques culturicides et linguicides depuis des décennies, aboutissant à l’uniformisation et l’égalitarisme « à la française » par la destruction des identités et spécificités régionales ! En ce début du 21ème siècle, au soi-disant Pays de la Liberté et des Droits de l’Homme, les locuteurs alsaciens-mosellans, bretons, corses, catalans, occitans et flamands en sont toujours encore réduits à devoir batailler pour le respect de leurs droits les plus primordiaux, le droit à l’usage de leur propre langue chez eux, sur leur propre sol, dans la sphère publique. Nous sollicitons pour l’Alsace, sur le modèle de nos voisins luxembourgeois, la co-officialité du français et de l’allemand, avec un enseignement bilingue à parité dès la maternelle et l’immersion complète en Elsasserditsch dans les crèches. Nous sollicitons le droit, pour nos enfants, à un enseignement de l’histoire incluant celle de notre région et de nos ancêtres ! Aujourd’hui la France ne tolère pas la langue et la culture allemande, sur un territoire qui est germanophone depuis des siècles. Quel tollé ne verrait-on en France, si les minorités régionales francophones à l’étranger (Québec, Wallonie, Romandie, Val d’Aoste) étaient à la même enseigne que nous ?

4) Racisme et intolérance. Les politiques menées de la France à l’égard de ses peuples répondent à la définition du concept de racisme, rappelée ce printemps 2016, par la Commission Européenne contre la racisme et l’intolérance (ECRI), Instance du Conseil de l’Europe : « On entend par « racisme », la croyance qu’un motif tel que la « race », la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine nationale ou ethnique justifie le mépris envers une personne ou un groupe de personnes »

 

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