Le GCO est la conséquence d’erreurs politiques du passé. La première : avoir construit l’autoroute A35 en plein dans l’agglomération strasbourgeoise, ce qui entraîne les nuisances censées justifier voire imposer aujourd’hui la réalisation du Grand Contournement Ouest. Une deuxième : avoir détruit une grande partie du maillage ferroviaire, train et tram, qui reliait pourtant efficacement les différents territoires.

 

Ne rajoutons pas l’erreur à l’erreur, la faute à la faute !

 

Unser Land se bat pour l’Alsace, pour que soit préservée et respectée une terre d’histoire et de culture. Si nous n’acceptons pas sa disparition de la carte des régions, nous n’acceptons pas davantage qu’elle soit engloutie sous le béton et le bitume et qu’elle devienne terre de profit pour une multinationale tentaculaire.

 

Nous dénonçons des choix politiques qui détournent de notre patrimoine commun 300 hectares de terres agricoles fertiles, de paysages, d’espaces de détente, 300 hectares de beau, au profit exclusif d’une multinationale prédatrice.

 

Cette spoliation se fait en outre de manière particulièrement malhonnête, puisque c’est sur la base d’une tromperie. Ses promoteurs réussissent à rendre nombre de nos concitoyens demandeurs et impatients, en faisant croire que le GCO résoudrait les problèmes d’embouteillages sur l’A35 à Strasbourg. Les décideurs, s’ils ont lu les rapports (ce serait la moindre des choses…), savent que la réduction de circulation escomptée est de moins de 4%. Ils savent – cela est formulé clairement dans les dossiers – que ce n’est pas l’objectif fixé au GCO.

 

Les usagers et riverains de l’A35 reconnaissent que sa congestion se limite aux « heures de bureau », quand les voitures entrent ou sortent des différents quartiers de Strasbourg et s’agglutinent sur l’autoroute. Ce problème ne sera pas résolu par une autoroute qui contourne Strasbourg et ne prévoit qu’un seul échangeur dans cette direction (à Ittenheim, futur goulot d’étranglement pour l’A351 vers Hautepierre…).

 

Le GCO ne vise pas davantage à réduire le trafic poids lourds. Simplement il sera canalisé, capté pour alimenter les péages et les caisses de Vinci. On déplace ainsi – un peu – les problèmes, on ne cherche pas à les régler.

 

Les mesures qui réduiraient les trafics, les pollutions, les dégradations de chaussée, l’insécurité sont d’un autre ordre. Elles supposent des vrais projets politiques à moyen et long terme : des investissements dans les transports en commun, ferroviaires de préférence, dans des parkings-relais ou de covoiturage, dans le ferroutage, dans des véloroutes sécurisées… Elles supposent des mesures fiscales : une écotaxe sur les camions de transit international, une taxation des marchandises au kilomètre parcouru, une harmonisation des règles européennes sur les transports. Elles consistent en un soutien à l’économie et à l’agriculture locales.

 

C’est cela que l’on attend de nos représentants politiques, et non qu’ils servent de rabatteurs aux constructeurs d’autoroutes et aux marchands de tickets de péage.

 

Vinci ne cache pas ses objectifs : ce n’est pas une entreprise philanthropique. Elle ne cherche pas à être utile. Elle cherche à être rentable, très rentable. D’ailleurs elle mise sur une montée en puissance de ses bénéfices pour les 54 années à venir ( DNA du 12 mars et du 21 avril 2016). Traduisez : une augmentation du trafic. Le GCO – c’est l ‘évidence même – a vocation à devenir un aspirateur à voitures et à camions. L’Alsace serait condamnée à l’asphyxie.

 

Non merci !. Le GCO est un projet inutile et néfaste. C’est une Grande Combine Oligarchique.

 

L’Alsace est terre nourricière, généreuse. Nous la devons à nos enfants. Es isch unser Lànd, unsere Bode, unser Grund. Nous devons la défendre. C’est notre devoir sacré. C’est notre responsabilité face aux générations futures.

 

Andrée Munchenbach

Présidente d’Unser Land

Conseillère municipale de Schiltigheim

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