Depuis le jour béni qui a vu son bannissement de la capitale alsacienne, Robert Grossmann s’aigrit. Ses soutiens ont fondu comme neige au soleil et ses anciens « amis » de l’UMP semblent fort bien s’accommoder de la retraite forcée de « l’agité de la Robertsau », comme certains le surnomment. Rien d’étonnant à ce qu’il ait été soigneusement écarté de la liste UMP pour les prochaines régionales. D’ailleurs, bien peu de Strasbourgeois et d’Alsaciens regrettent ce matamore hautain animé d’une germanophobie maladive.

Il aura fallu donc qu’UNSER LAND entre en campagne, pour que ce sinistre personnage sorte de sa torpeur et publie sur son blog deux articles d’une violence inouïe.

Lors de l’annonce de la 8ème place de Richard Weiss sur la liste Europe Ecologie Alsace, Grossmann titre «Un nostalgique de Bismarck et du Reich du Kaiser Wilhelm sur la liste Fernique Europe Écologie» (sic) et se déchaîne contre un point de vue « totalement anachronique, rétrograde, obscurantiste et même hostile à la République » (re-sic).

Voilà comme Grossmann traite Richard Weiss, militant qui, depuis des années, s’engage sans relâche pour l’enseignement bilingue afin d’offrir un avenir alsacien et européen à nos enfants. Car, comme de nombreux parents alsaciens, Richard Weiss et UNSER LAND estiment que nos enfants méritent mieux que l’ignorance de soi et la germanophobie dans laquelle Grossmann voudrait les enfermer.

Au passage, Richard Weiss n’était pour rien dans la référence à Bismarck, puisque c’est François Alfonsi, député corse, qui avait souligné le progrès social et démocratique connu par l’Alsace entre 1880 et 1911.

Dimanche dernier, rebelote. Unser Land soutient le MODEM, nouvelles vociférations de Grossmann suite à la manifestation MODEM – UNSER LAND devant le Landtag : «certains franchissent le Rubicon de l’obscénité historique ». Puis Grossmann gémit « A-t-on oublié l’Abbé Wetterlé ? Est-il honteux aujourd’hui d’évoquer Hansi ? ».

Voilà les références de Grossmann : deux ultranationalistes français qui ont pensé et initié le nettoyage ethnique de l’Alsace en 1919 avec l’instauration des commissions de triage et des cartes d’identité A, B, C et D et finalement l’expulsion outre-Rhin de dizaines de milliers d’Alsaciens. Ces Alsaciens expulsés dans des conditions inhumaines n’avaient qu’un tort : avoir un parent ou grand-parent né outre-Rhin, ou tout simplement des opinions politiques qui ne convenaient pas au nouveau pouvoir.

A la lecture de cette logorrhée, on peut mesurer à quel point Strasbourg a pu souffrir durant son mandat. Comment une personne comme Grossmann animée d’une telle haine a-t-elle pu présider aux destinées de la capitale de l’Europe ?

C’est là que les chemins de Grossmann croisent à nouveau ceux d’Yvonne Bollmann, universitaire parisienne connue pour ses pamphlets hystériques dans laquelle elle dénonce « le complot allemand pour dominer l’Europe » et « l’imminence d’une nouvelle guerre ».

Extrait de la conversation entre Robert Grossmann et Yvonne Bollmann sur le site « Gaullisme.fr : La France ne peut être la France sans la Grandeur » (sic !) :

« Cher Robert Grossmann,
Vous avez parlé de la « très belle réponse de Yann Wehrling, tête de liste MODEM », à votre lettre ouverte sur la culture en région. Mais avez-vous lu sa tribune libre du 5 mars dans LibéStrasbourg ? Il fait fort dans la servilité envers l’Allemagne, à qui il offre l’Alsace en pâture. (…) »

Grossmann et Bollmann se congratulent.

« Chère Yvonne Bollmann,
Je suis heureux de vous retrouver ici. Vous aurez peut-être suivi les débats sur ce blog où chaque candidat, avant ma lettre ouverte n’avait qu’une seule préoccupation culturelle: la culture « régionale » fortement alémanique. J’ai aussi eu l’occasion de révéler que Weiss de ABCM était sur la liste EE »

La psychiatrie a encore de beaux jours devant elle.

Quant à Jacques Bon, il est officiellement vice-président du MODEM 67, mais surtout mis en minorité et semble vouer une inimitié tenace pour Yann Wehrling. Suffisamment en tout cas pour rédiger une lettre ouverte publiée en intégralité par les DNA dans laquelle il l’accuse d’ouvrir « la boîte de Pandore de l’autonomisme Alsacien, laissant ainsi s’échapper de bien sombres relents que l’on croyait oubliés ».

De quels relents parle-t-on ? De notre engagement depuis des décennies en faveur du bilinguisme, de la décentralisation et la coopération transfrontalière ? Ces revendications portées depuis toujours par le mouvement alsacien, lui ont valu toutes les calomnies de la part de ceux-là même qui viennent lui donner des leçons aujourd’hui.

L’acharnement avec lequel ces  se débattent contre la vérité historique est symptomatique.

Car, qu’on le veuille ou non, l’Alsace est de langue allemande depuis des siècles, sous forme d’un dialecte, appelé alsacien ou Elsasserditsch (littéralement : l’allemand des Alsaciens) et d’une forme écrite, le Hochdeutsch (allemand standard). Les sceptiques liront la définition de l’Office pour la langue et la culture d’Alsace, organe officiel de la région.
http://www.olcalsace.org/fr/definition-langue-regionale/definition-de-la-langue-regionale.html

Notre situation n’est d’ailleurs pas unique, la Suisse alémanique est dans une configuration identique et le vit très bien. Il faut dire qu’elle a la chance de ne pas avoir un Robert Grossmann. Comme l’avait dit Sarkozy en visite à Strasbourg à son ancien mentor (les ressemblances de comportement ne sont pas fortuites): « Robert, tu es inexportable », laissant dépité le germanophage de la Robertsau, qui rêvait secrètement de faire profiter la France entière de son style emprunt de brutalité et d’animosité.

Quant au Landtag, qu’on leur veuille ou non, nous aujourd’hui sommes encore loin du degré d’autonomie que l’Alsace a connu entre 1911 et 1914. Voilà ce qu’en dit Bernard Vogler (docteur en histoire, professeur émérite à l’Université de Strasbourg, directeur de l’Institut d’histoire d’Alsace de 1976 à 2003) au sujet de la Constitution de 1911 et du parlement d’Alsace-Lorraine :

« En 1911, l’Alsace-Lorraine obtient une Constitution qui lui permet de gérer assez librement ses finances et d’élaborer ses propres lois, soit le régime de Self-Governement le plus libéral obtenu par l’Alsace durant toute son histoire ».

Il n’y a là aucune nostalgie mais un constat objectif.

Nier la réalité historique et culturelle de l’Alsace avec une telle violence démontre à l’évidence que le problème des Grossmann, Bollmann et Bon ne relève pas d’une différence d’appréciation politique mais plutôt du trouble psychiatrique.

En tout cas, rien qui ne puisse arrêter l’avancée du mouvement alsacien. Car le projet politique d’UNSER LAND est porteur d’avenir et d’espoir pour la population. Il démontre sa pertinence par les alliances politiques et le soutien apporté par élus et associations, malgré les obstacles. Petit à petit, UNSER LAND construit cette nouvelle société alsacienne qui, transcendant le clivage franco-allemand, affirme son identité alsacienne et européenne.

Quant à la carrière politique de Robert Grossmann, elle ne se jouera probablement plus à Strasbourg, ni à la Robertsau, mais s’achèvera vraisemblablement un peu plus au Nord-Ouest… au Stephansfeld.

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