Le 22 janvier 2019 sera signé, à Aix-la-Chapelle, le nouveau traité entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération et l’intégration franco-allemandes.

Unser Land salue cette nouvelle avancée dans les relations entre les deux pays, qui en d’autres temps, ont provoqué tant de souffrances dans notre région.

Nous condamnons fermement ceux qui souhaitent utiliser cette avancée pour créer la discorde, en essayant de réactiver les relents nationalistes les plus primaires. Nous vivons dans un monde complexe et mondialisé et une Europe unie est indispensable à notre prospérité. Ceux qui regrettent l’époque des nationalismes européens devraient se rappeler que nous n’y avons gagné que le suicide et le décrochage de notre civilisation dans la première moitié du XXe siècle.

Unser Land regrette cependant que seule la notion de région frontalière soit évoquée sans mention explicite à l’Alsace. Comment passer outre l’existence de notre région qui, de par son histoire, constituait une réalité légitime et un véritable trait d’union entre les deux pays ? Comment ne pas être surpris, qu’à cause de la taille de la région Grand Est, des communes aux portes de Paris soient théoriquement autant concernées par les problématiques transfrontalières que les communes alsaciennes ?

Les Alsaciens peuvent nourrir cette impression étrange que l’on met en place des laboratoires pour réinventer la roue que nos anciens utilisaient quotidiennement.

Unser Land affirme aussi que la sincérité de tels traités peut être mise en cause tant que la France taira et ignora la question alsacienne. La correction d’une telle injustice n’est possible qu’avec une reconnaissance préalable du préjudice. La sortie du Grand Est et donc la naissance d’une collectivité à statut particulier constitueraient un premier signal.

Signalons aussi qu’Aix-La-Chapelle, proche de Maastricht et de Bruxelles, est également un symbole important qui devrait alerter les Alsaciens. Les voies futures de la collaboration franco-allemande ne passeront-elles plus par Strasbourg et l’Alsace ? Existe-t-il un consensus des 2 côtés du Rhin ?

L’existence d’une véritable région Alsace, de plein droit, maîtresse de son destin, en relation directe avec ses voisins, apparaît à lecture de ce traité d’une urgence criante.

Andrée Munchenbach,
Présidente d’Unser Land

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