Mercredi 11 septembre, les députés européens réunis en plénière à Strasbourg étaient invités à se prononcer sur le rapport pour les langues menacées rédigé par François ALFONSI, eurodéputé corse et porte-parole de Régions et Peuples Solidaires, fédération dont Unser Land fait partie.

Le rapport de François Alfonsi s’adresse à la Commission et à l’Union Européenne ainsi qu’aux États membres en leur demandant de « déployer des politiques ambitieuses et volontaristes de revitalisation des langues concernées ». A la Commission il demande notamment la relance d’une politique européenne en faveur des langues en danger ainsi que le soutien aux programmes de sauvegarde de ces langues menés par les communautés linguistiques concernées. Il appelle en particulier les rares Etats membres – comme la France – qui ne l’ont pas encore fait à ratifier et mettre en œuvre la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires. Le rapport de François Alfonsi s’adresse aussi aux « autorités régionales » pour qu’avec l’Union et les Etats membres elles participent à la protection des langues menacées en tenant compte non seulement des aspects culturel et éducatif mais aussi des dimensions économiques et sociales de cette question.

Les députés européens ont approuvé à une majorité écrasante (92%), au-delà des clivages politiques classiques, le rapport de l’eurodéputé corse. Sur les 700 députés qui ont pris part au vote,  seulement 29 se sont abstenus et 26 ont voté contre. Parmi la poignée d’opposants, la moitié sont des eurodéputés… français (1) issus des rangs de l’UMP, du Front National et du Front de Gauche. L’autre moitié sont des eurodéputés d’extrême-droite ou europhobes.

Le vote clair du Parlement Européen en faveur de la diversité linguistique démontre à quel point l’Etat français est isolé sur la question des langues régionales. Contrairement à ses voisins et malgré la promesse électorale de François Hollande, la France n’a toujours pas ratifié la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires.

Unser Land et la Fédération Régions et Peuples Solidaires demandent à l’Etat français d’entendre l’appel des eurodéputés et de mettre fin à sa politique de destruction des langues « régionales ».

D’autre part, Unser Land appelle les collectivités locales alsaciennes à s’appuyer sur les recommandations de ce rapport et les moyens financiers qu’il va dégager pour mettre en place des politiques de sauvegarde et de promotion de notre langue.


(1) Hortefeux, Le Grip, Riquet, Grossetête, Roatta, Audy, Gallo et Juvin pour l’UMP, De Villiers, les 3 eurodéputés du FN et Mélenchon du Parti de Gauche.

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