DNALe binôme Hervé et Huguette Ott, frère et sœur, qui défend les couleurs d’Unser Land dans le canton de Saint-Louis a tenu, jeudi soir au foyer Saint-Charles de Saint-Louis Bourgfelden, une réunion publique. Dans la salle, une poignée de personnes.

 

 

herve-ott-(a-d)-et-huguette-ott-(a-ses-cotes)-binome-pour-unser-land-dans-le-canton-de-saint-louis-etaient-au-foyer-saint-charles-jeudi-soir-en-reunion-publique-photos-dna-n-aLa vie politique peut être difficile. Surtout lorsqu’il faut défendre et faire entendre ses idées, face à une salle quasi-vide. Mais qu’importe, jeudi soir, le binôme Hervé et Huguette Ott qui représente Unser Land pour le canton de Saint-Louis a fait face. Parce que pour le frère et la sœur, respectivement économiste à la commission européenne et médecin généraliste à Bartenheim, « se présenter sous la bannière du parti alsacien est un acte de résistance. »

 

«Cet Etat parisien qui nous tire vers le bas»

« Dans la vie, il faut savoir dire non », a indiqué d’entrée de jeu Hervé Ott, 41 ans. « Non, à l’Alsace qui est en train de disparaître. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous présenter », a-t-il lancé à la maigre assistance. Expliquant que l’échec du référendum en 2013 en Alsace a été « déclencheur », mais « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la fusion forcée avec la Champagne-Ardenne et la Lorraine » : une « punition d’un gouvernement de gauche pour une Alsace plutôt ancrée à droite […].» Avec ses conséquences, a-t-il dit : « Des menaces sur l’enseignement bilingue, le droit local, le régime local d’assurance-maladie, le concordat, les projets transfrontaliers. »

«Un régime centralisé malsain»

Durant près d’une heure et demie, Hervé Ott – qui a laissé peu de place à Huguette Ott pour s’exprimer – a pointé du doigt ce qu’il a appelé « le régime parisien » : « Cet État parisien qui nous tire vers le bas, c’est un boulet », « un régime centralisé malsain puisqu’une poignée de politiciens à Paris peuvent faire disparaître l’Alsace en quelques mois en toute légalité, sans consulter les Alsaciens. »

Pour le binôme Ott, « seule une Alsace autonome pouvait empêcher ce naufrage. » Qualifiant au passage de « matador d’opérette » le Premier ministre Manuel Valls, « celui qui considère que nous ne sommes pas un peuple. » Et en appelant au réveil des Alsaciens, au vote autonomiste « pour sauver nos bassins de vie, nos emplois, notre culture, notre langue ». « Il faut faire élire des autonomistes au sein du conseil départemental », a-t-il insisté. Dans la salle, les gens écoutent. Religieusement.

« Nos politiques locaux ne sont pas à la hauteur »

Et Hervé Ott de poursuivre en dénonçant aussi les politiques locaux « trop mous dans cette affaire […]», et « inaudibles à Paris ». « Ils ont fait capoter le projet de 2013. Nos politiques locaux ne sont pas à la hauteur », a-t-il assuré.

Tout au long de la réunion publique, Hervé Ott a dénoncé l’attitude des pouvoirs publics qui « se comportent comme une administration rapace » ; les frontaliers « qui sont les vaches à lait de la Sécurité sociale ; l’Éducation nationale « une machine centralisée qui nivelle et gomme les différences régionales. Elle produit des petits français monolingues uniformes. Et ce n’est pas acceptable » ; la non concertation des Alsaciens « aussi » sur l’EuroAiport. Des décisions « prises loin des réalités du terrain. » L’Alsace sait ce qui est bon pour elle, et ce n’est pas à Paris de décider à sa place. »

La « seule » solution pour répondre aux défis de la région frontalière, selon le binôme, est « d’inventer une démocratie alsacienne. » : « un parlement régional élu au suffrage universel, un gouvernement responsable devant lui et qui est habilité à voter des lois sur tous les sujets concernant spécifiquement les Alsaciens […]». En attendant Hervé et Huguette Ott visent « le second tour » pour ces élections départementales des 22 et 29 prochains.

Share This