Ainsi qu’il ressort de l’article des DNA du 13 mai, le président de la techno-région grandestienne a sorti le grand jeu devant les maires haut-rhinois réunis à Mulhouse, ville dont il a été le maire, élu sur la promesse de se consacrer exclusivement à ce mandat.

Apprenti illusionniste, il a tenté de rassurer voire d’éblouir son public avec des chiffres — invérifiables (1 milliard d’économies sur le mandat pour la Région, 50 millions d’investissements supplémentaires pour l’Alsace, subventions discrétionnaires aux maires…) — et une formule magique, censée clore le « débat alsaco-alsacien » : Convention territoriale d’exercice concerté de compétences ! Formule techno-bureaucratique dans laquelle le préfixe triplement récurrent semble traduire le peu de considération de l’administration dirigeante à l’égard des territoires et des peuples.

Mais comment l’Alsace pourrait-elle encore faire confiance à un opportuniste et un traître ?

Celui qui haranguait la foule en octobre 2014 place de Bordeaux à Strasbourg, au cri de « Elsass stand uff ! », qui déposait une pétition de plusieurs dizaines de milliers de signatures en faveur d’une Alsace responsable et respectée dans son intégrité territoriale, se réjouit à présent du refus du président de la République de toucher au Grand Est, son grand fief, et s’active à confiner l’Alsace dans le carcan institutionnel d’un département unique. Non seulement il trahit ses engagements publics de manière éhontée au bénéfice de son plan de carrière, mais il méprise ouvertement le peuple alsacien — dont il est pourtant issu et dont il se revendique — en ignorant sa légitime aspiration, confirmée par des sondages récents, à sortir du Grand Est et à bénéficier d’une évolution institutionnelle vers davantage d’autonomie.

Une convention valable au maximum 6 ans et révisable au bout de 3 ans avec un partenaire aussi peu fiable que le président Rottner n’apporte aucune garantie sérieuse à l’Alsace.

Unser Land invite les élus alsaciens à ne pas se laisser endormir par les incantations de M. Rottner, qui visent à déconsidérer et étouffer le débat démocratique sur l’avenir de l’Alsace et prennent la vérité à contresens. Au contraire de ce qu’il prétend, la catastrophe serait précisément d’occulter la question institutionnelle et administrative et de renoncer à s’engager pour un statut particulier pour l’Alsace.

Au demeurant, peu importe l’avis de M. Rottner, qui tente de s’imposer dans une négociation qui concerne d’abord l’Alsace et l’État. Unser Land attend du gouvernement qu’il soit à l’écoute des Alsaciens et respecte leur demande de sortie du Grand Est.

Nous appuyons la revendication légitime d’un statut particulier pour l’Alsace. Nous demandons des transferts de compétences de la Région, mais aussi de l’État dans des domaines cruciaux comme l’enseignement linguistique, la gestion du Droit local, l’aménagement du territoire, l’économie, le tourisme, etc.

L’avenir de l’Alsace se joue sur des garanties réelles et des perspectives nouvelles, et non sur des vessies présentées comme des lanternes.

Andrée Munchenbach,
Présidente d’Unser Land

 

En direct des archives : Communiqué de presse de M. Jean Rottner en date du 20 novembre 2014.

La majorité socialiste à l’Assemblée Nationale vient d’adopter une nouvelle organisation territoriale de nos régions. J’aimerais exprimer ma colère face à une réforme totalement technocratique et politicienne comme seule la gauche française sait en produire.

Par son manque de vision et de cohérence, ce redécoupage régional n’est qu’une illustration supplémentaire de l’amateurisme gouvernemental dans cette étape cruciale de la décentralisation. Ignorant les enjeux d’aménagement qui, à l’échelle internationale, auraient pu faire de cette réforme une vraie chance pour la France, le gouvernement sacrifie toute ambition au profit de simples petits arrangements entre amis.

Le rapprochement pourtant pertinent des Pays de Loire et de la Bretagne est escamoté, une compétition malsaine dans le sud-ouest est instaurée entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon et enfin le refus d’une expérimentation de collectivité unique en Alsace est acté. Notre région se retrouve noyée dans un vaste ensemble sans aucune cohérence au plan des grandes infrastructures de mobilité, de la stratégie économique ou de la visibilité touristique.

Je ne doute pas que le Gouvernement et la majorité socialiste en seront redevables dès les prochaines échéances. Je fais confiance à la droite républicaine pour faire de l’abrogation de cette loi un point central dans son programme en 2017.

Pour ma part, je reste un défenseur acharné des valeurs alsaciennes et nationales qui m’ont portées dans mon action publique récente au service de mon territoire et de mes concitoyens, injustement méprisés.

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