Unser Land avait interpellé le 22/04/2020 les DNA au sujet de la disparition du cahier allemand et proposé de réfléchir aux évolutions de celui-ci. D’autres acteurs de la cause alsacienne ont, depuis, également suggéré des propositions aux DNA.
En ce qui nous concerne, un mois plus tard, aucune nouvelle du journal qui fut créé en 1877 sous l’appellation « Straßburger Neueste Nachrichten ».

Martin MEYER
Secrétaire général
Les Dernières Nouvelles d’Alsace
A l’attention de M. Dominique JUNG
Rédacteur en chef
  Objet : Cahier en allemand des DNA 

Cher Monsieur,

Je vous écris pour vous faire part de la tristesse qui est celle de notre parti face à la suspension du cahier allemand des Dernières Nouvelles d’Alsace en cette période où il pourrait apporter du ré- confort à son lectorat âgé. Nous avons, certes, bien pris connaissance du message affiché sur votre site internet indiquant que cette suspension résultait du « contexte sanitaire ». Il nous semble cependant que la publication du cahier allemand, contenant uniquement des articles « récupérés » dans la presse germanophone, se prêterait assez facilement au télétravail.

Cependant, même si les conditions sanitaires rendent impossible la parution dudit cahier en ce moment, sur le long terme, nous craignons, que ce « vestige » d’un temps – pas si lointain – où l’essentiel de la presse alsacienne paraissait en allemand ne disparaisse prochainement de manière définitive faute d’un lectorat suffisant. Unser Land vous invite à repousser autant que possible une telle échéance, non pas pour accompagner une longue agonie, mais dans le but d’impulser un nouveau souffle.

En réalité, la suspension actuelle du cahier allemand nous paraît être une bonne occasion de réfléchir à une nouvelle place – accrue – de la langue allemande dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il nous semble, en effet, que votre journal aurait un rôle majeur à jouer pour le maintien de la langue allemande comme langue régionale, qui est, au-delà des revendications d’Unser Land et d’un certain nombre d’acteurs culturels, un des projets affichés par la future Collectivité européenne d’Alsace.

Nous entendons par là un véritable bilinguisme tel qu’on le trouvait dans les Dernières Nouvelles d’Alsace il y encore quelques décennies, avec des articles en allemand traitant de l’actualité alsacienne à côté des articles en français. La petite rubrique sur l’alsacien – et non en alsacien – qui existe actuellement est un effort certes louable, mais la langue parlée ne pourra pas se maintenir sans le support de la langue écrite, qui est l’allemand standard. Or cette langue écrite ne restera langue régionale en Alsace que par un usage public et quotidien rendant sa compréhension nécessaire.

Il nous semble que les Dernières Nouvelles d’Alsace trouverait, par ailleurs, dans la transmission d’informations en allemand, une plus-value très appréciable en ces temps difficiles pour la presse régionale.

Certain de votre attachement à notre langue régionale sous ses formes orale et écrite ainsi que d’une presse véritablement alsacienne, je vous remercie d’avance, monsieur le rédacteur en chef, pour votre réponse et vous adresse mes sincères salutations,

in elsässischer Verbundenheit.

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