Par Michel Haering…


 

Après Muttersholtz, l’an dernier, une deuxième commune bas-rhinoise, Kintzheim a décidé d’adhérer jusqu’au 31 décembre 2016 à la Brigade Verte. Sur les 377 communes que compte le Haut-Rhin, 323 font partie du syndicat mixte des gardes champêtres intercommunaux créé en 1989.
Pour Kintzheim, dont la décision est motivée par la volonté de soulager le garde champêtre communal, il en coûtera 16 000 € par an.
Cette adhésion qui doit encore être validée par le bureau exécutif du syndicat intervient au moment même où du côté de Colmar on s’interroge sérieusement sur l’avenir de cette structure. Les incertitudes qui sont d’ailleurs d’ordres juridiques et financiers inquiètent fortement le personnel, composé de 64 agents, de 7 assistants et de 7 personnels administratifs.
D’un point de vue juridique, la loi NOTRe supprime la clause de compétence générale et à l’avenir, les départements devront donc se recentrer sur leurs compétences premières. Or, les missions de la Brigade Verte vont bien au-delà de ces dernières !
Pour la Brigade Verte, le département participe à hauteur de 1,4 millions d’euros sur budget total de 3,6 millions. Mais la collectivité devra réaliser 14 millions d’économie en frais de fonctionnement et autant l’année suivante. Elle risque aussi de perdre 40 millions de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises qui vont aller à la future Méga-Région !
A Soultz, siège de la Brigade Verte, Eric Straumann n’y est pas allé par quatre chemins : «  Le Département sera en cessation de paiement en 2017…Il faudra se demander quelles seront les priorités…Le tout est de savoir comment nous allons financer tous les services… ».
Pour Henri Masson, président de la Brigade Verte, le salut passe aussi par l’adhésion de nouvelles communes, comme celle de Geishouse et celles des deux communes bas-rhinoises.
Cela suffira-t-il pour sauver un service qui l’an dernier a recensé : »
3092 interventions pour des animaux domestiques,1092 pour la faune sauvage, 1414 contrôles de pêche, 2267 interventions pour des dépôts sauvages de déchets et 3174 interventions diverses « ?
Ou bien faudra-t-il, après la fermeture du CDHF, se résoudre à fermer une autre structure unique dans le pays ?
En tout cas, ce sont bien les premiers dégâts collatéraux de la réforme territoriale.

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