Raphaël Muller (Unser Land) et Joséphine Stenger (SE) sont candidats du parti Unser Land dans le canton de Bouxwiller. Originaires de Dahlhunden et de Melsheim, ils brandissent la démocratie participative comme étendard. Et comptent combattre la fusion des régions et le grand contournement ouest (GCO).

Raphaël Muller et Joséphine Stenger. Photo DNA – Cédric Joubert

Raphaël Muller et Joséphine Stenger. Photo DNA – Cédric Joubert

Entre eux, ils parlent alsacien. Ils se connaissent des manifestations à Strasbourg et Obernai, sous le drapeau Rot un Wiss. « Nous sommes novices », admet d’emblée Clément Schmitt, remplaçant.

« On refuse tout cumul de mandat »

« Nous nous présentons par vocation, pour le bien commun. C’est le ras-le-bol vis-à-vis de la politique par décrets du gouvernement qui nous anime. Nous voulons une vraie décentralisation, mettre en œuvre des consultations citoyennes », souligne Raphaël Muller, 31 ans, étudiant en licence de droit et secrétaire de l’association de défense égalitaire de la liberté d’expression. « Proposer une alternative au vote de protestation FN, c’est ce qui nous importe ». Munis de la pétition citoyenne pour un référendum contre la méga-région, ils sillonnent le canton pour se présenter aux maires et aux citoyens. Dans un cahier, ils inscrivent les doléances des uns et des autres. « Lors du porte-à-porte, les gens sont étonnés que des jeunes comme nous parlent l’alsacien ».

Ils veulent d’ailleurs encourager l’ouverture de classes bilingues dans les collèges de Truchtersheim, Hochfelden et Bouxwiller. Des cours d’alsacien pour le personnel administratif et des maisons de retraites, assurés par des bénévoles, seraient des pistes concrètes pour préserver le lien intergénérationnel. Très attachés au droit local, ils comptent défendre le concordat et le volet social : maintien des jours fériés, des trois jours de carence et du régime local d’assurance-maladie.

Patrimoine, tourisme vert et apprentissage

« On refuse tout cumul de mandat pour être plus proche de la population », précise Joséphine Stenger, employée de 57 ans. « Si nous sommes élus, nous allons réduire de 10 % nos indemnités, somme que nous comptons reverser pour des actions sociales ».

Faire venir des médecins à la campagne et favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, aider les communes pour garantir l’accessibilité des personnes à mobilité réduite sont d’autres points qui figurent dans leur programme.

La valorisation du patrimoine et le tourisme vert sont également mis en exergue. « La rénovation de maisons à colombage, le maintien de métiers anciens, c’est comme l’artisanat en général porteur d’emplois », souligne Raphaël Muller, ancien pâtissier. Et d’ajouter : « Nous favorisons les formations courtes comme les apprentissages selon le modèle allemand ».

Prônant l’agriculture raisonnée, ils comptent soutenir les agriculteurs en favorisant les circuits courts. Dans ce contexte, et afin de ne pas défigurer les terres les plus fertiles, tous sont fermement opposés au GCO. « C’est un projet qui date, complètement anachronique. Qui va payer 5 euros pour emprunter un contournement alors que l’autoroute est gratuite ? », se demande Clément Schmitt. L’expérimentation de l’écotaxe est selon eux la solution pour dégorger les routes alsaciennes. « Il faut évidemment prévoir une ristourne pour les locaux », s’empresse d’ajouter Joséphine Stenger.

Raphaël Muller et Joséphine Stenger ont pour remplaçants Clément Schmitt, historien, âgé de 30 ans de Zeinheim, et Jeanine Mittelhaeuser, assistante maternelle de 47 ans, de Saessolsheim.

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