Nadia Hoog, responsable de la section colmarienne d’Unser Land, est ressortie très déçue de l’entretien qu’elle a eu avec Eric Straumann et Brigitte Klinkert. Elle entend intensifier son combat pour l’immersion bilingue alsacien-français.

Nadia Hoog vient de rencontrer Eric Straumann et Brigitte Klinkert, président et vice-présidente du Département du Haut-Rhin. La responsable de la section colmarienne d’Unser Land demande que la collectivité continue de soutenir la langue et la culture régionales ( DNA du 11 mars). « C’est le moment de donner une orientation politique au budget », répète la militante.

« Eric Straumann m’a clairement dit : « Je ne crois pas à l’alsacien ; il faut viser directement l’allemand, la langue du voisin ». Quant à Brigitte Klinkert, elle m’a parlé de coopération franco-allemande », raconte Nadia Hoog ; déçue mais plus motivée que jamais.

« La perte de la langue illustre la perte de la souveraineté du peuple »

« La perte de la langue illustre la perte de la souveraineté du peuple », estime Nadia Hoog, qui conteste la primauté donnée à l’apprentissage de l’allemand. « Utiliser l’argument économique, c’est transformer les Alsaciens en masse laborieuse sans âme, sans culture et ignare », explique-t-elle. « L’enseignement d’une langue ne peut pas se fonder sur le seul motif économique sinon on n’enseignerait que l’anglais. »

Mais Nadia Hoog va plus loin en liant langue et philosophie politique : « La réaction des élus est le reflet d’une génération de politiciens francisés dans leur âme avec le culte du chef et une monarchie qui ne dit pas son nom. La France s’est construite sur le mépris du peuple à l’inverse de la démocratie suisse qui met la souveraineté populaire au-dessus de tout. Les élus n’ont rien compris et on ne peut pas compter sur eux pour défendre l’Alsace. Ce sont des gestionnaires de budget qui font du copier-coller, sans aucune orientation en faveur de l’Alsace. »

« On veut enfermer l’alsacien dans l’oralité »

Nadia Hoog défend le développement de classes immersives alsacien-français, y compris à Colmar où elle souhaite aussi voir s’implanter un périscolaire dialectal, structure qui pourrait bénéficier du soutien de l’Office pour la langue et la culture d’Alsace (OLCA). « Sauver une langue ne pose techniquement pas de problème ; il faut juste une volonté politique. »

« On veut enfermer l’alsacien dans l’oralité et surtout pas l’ouvrir à la noblesse de l’écriture, de la musique… C’est lamentable », constate Nadia Hoog. Elle pense que ce sont « les masses populaires qui sauveront l’Alsace, celles qui ont du bon sens, et pas les privilégiés, ni la classe politique. On reproche aux électeurs d’Unser Land d’être populaires, mais c’est pour ça que je les aime plus que les autres. »

Nadia Hoog a aussi rencontré les conseillers départementaux Raphaël Schellenberger et Yves Hemedinger.

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