1620852_10153036616376940_257797533840450706_nAndrée MUNCHENBACH
Présidente d’Unser Land, le parti alsacien

à

Monsieur Philippe RICHERT
Président de la Région Alsace
place Adrien Zeller
67000 Strasbourg

 


Monsieur le Président de la Région Alsace,

La fusion de l’Alsace avec les régions Lorraine et Champagne Ardenne pose la question du devenir des biens immobiliers de la région Alsace, notamment de la Maison de l’Alsace à Paris [propriété des Conseils Généraux 67 et 68] – qui coûte plus de 12 millions d’euros de réhabilitation – et de l’immeuble que la Région Alsace vient d’acquérir à Bruxelles (1,6 millions d’euros).

Avec l’Alsace diluée dans l’ALCA, on peut légitimement se demander ce qu’il adviendra de nos immeubles de prestige – et de notre parc immobilier en général – financés par les contribuables alsaciens ?

Constitueront-ils la dote que l’Alsace verserait dans la corbeille de ce mariage forcé ? Comment s’effectuerait le glissement du titre de propriété de l’Alsace vers l’ALCA ?

Si le Conseil Constitutionnel devait valider la fin programmée de l’Alsace au 1er janvier 2016 – ce que nous ne souhaitons pas – il resterait aux instances alsaciennes moins d’un an pour décider du sort de ces immeubles.

Nous avons une proposition à faire. Il nous semblerait judicieux et opportun de vendre ces deux immeubles et de rapatrier en Alsace le bénéfice de cette vente pour l’affecter à un projet qui servirait véritablement l’intérêt des Alsaciens. Les collectivités locales ont participé au financement de l’Ecole Européenne, école privée. Elles pourraient financer la création d’Ecoles Alsaciennes modèles, dans le Bas-Rhin et dans le Haut-Rhin, qui proposeraient enfin un apprentissage performant de la langue régionale, à travers un enseignement immersif, s’inspirant par exemple du modèle luxembourgeois. Ce projet pourrait avoir le soutien du FILAL, Fonds International pour la Langue Alsacienne.

Une telle initiative serait un signal fort de la volonté des Alsaciens de conforter et de faire monter en puissance une politique linguistique spécifique, pour assurer la transmission et le développement de leur langue régionale, l’allemand sous ses deux formes, littéraire et dialectal. Avons-nous le droit d’être moins ambitieux que la Sarre qui annonce la généralisation de l’enseignement bilingue allemand -français avec l’objectif de devenir un Land bilingue d’ici 2043?

En Alsace, le bilinguisme est une réalité historique. Notre langue régionale présente en outre l’atout, non négligeable sur le plan économique, d’être également la langue de nos voisins immédiats, des Länder allemands et des cantons suisses, qui demeurent parmi les territoires les plus performants au monde en matière de produit intérieur brut par habitant.

Pour toutes ces raisons, nous vous remercions de l’attention que vous porterez à notre proposition et vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos meilleures salutations,

in elsässischer Verbundenheit,

Andrée MUNCHENBACH

Courrier adressé également à:
Monsieur le Président du Conseil Général du Haut-Rhin
Monsieur le Président du Conseil Général du Bas-Rhin

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