Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président,

L’annonce par les DNA du 8 octobre 2012 que la présidence de la « Commission Culture, Identité Régionale et Bilinguisme» de la Région pourrait revenir, en la personne de M. Pascal MANGIN, à un monologue francophone, connu pour ses prises de position jacobines et germanophobes, nous inquiète et pose la question du rôle que vous comptez faire jouer au futur Conseil d’Alsace.

Pour mémoire: M. MANGIN est intervenu dans les DNA et auprès de la direction de «Simply Market» afin de protester contre la présence de pancartes de bienvenue en elsasserditsch à l’entrée des magasins; c’était en septembre 2006. Il s’est par ailleurs réfugié dans l’abstention lorsque le Conseil Régional a voté à la quasi-unanimité sa motion pour la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires.

Vous êtes le premier promoteur du Conseil d’Alsace,qui fait l’objet de débats au sein du Congrès. Sont examinées actuellement les questions de localisation, de sièges et de double présidence… Ces débats ont certes leur importance, mais ils n’intéressent que modérément nos concitoyens – qui y voient les jeux politiques habituels. Autrement déterminants sont les pouvoirs que s’arrogera cette nouvelle assemblée. A cet égard les questions de culture, d’identité et de langue régionales sont essentielles. Sur ces questions vous ne pouvez pas décevoir. L’histoire jugera.

Le Conseil d’Alsace doit être porté par un projet politique ambitieux et innovant, qui s’appuiera en particulier sur l’organisation de l’enseignement de l’allemand, langue régionale, selon la formule «Un bilinguisme inné pour un multilinguisme aisé». Manifestez l’importance que vous accordez à l’enjeu culturel et linguistique en assumant vous-même directement la responsabilité et donc la présidence de la Commission «Culture, Identité Régionale et Bilinguisme» à la Région.

Un tel engagement n’aurait rien de subversif, ni de révolutionnaire, au contraire, puisque même Mme Marylise LEBRANCHU, ministre de la Réforme de l’Etat, cite l’enseignement de la langue régionale, l’allemand, parmi les compétences du futur Conseil d’Alsace.

Inspirons-nous des Länder allemands, des cantons suisses, de la Collectivité Territoriale Corse, du Québec… et, comme nos cousins de la Belle Province, prenons le pouvoir – on nous le propose ! – en matière de culture et d’enseignement.

Les acteurs économiques interpellent régulièrement les décideurs politiques régionaux quant à l’urgence d’une politique linguistique adaptée aux réalités locales et qui passe par la réactivation de la maîtrise de l’allemand, notre langue régionale : un atout majeur pour l’emploi et l’épanouissement dont TOUS nos jeunes doivent pouvoir bénéficier. Il est temps de donner un signal fort et cela passe par votre implication personnelle à la tête de la commission «Culture, Identité Régionale et Bilinguisme»

Persuadée que vous comprendrez le sens de ma démarche, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président, l’expression de mes respectueuses salutations,

Andrée MUNCHENBACH
Présidente d’Unser Land, le parti alsacien

Share This