POUR la fermeture immédiate de la Centrale nucléaire de Fessenheim
Depuis 3 ans, certains de nos élus ont avancé beaucoup d’arguments pour justifier la poursuite de son exploitation.

« L’Alsace n’aura plus assez d’électricité en hiver » :
Démenti catégorique de RTE qui fera quelques travaux sur les réseaux, prévus de toute façon. Plus récemment RTE affirme que, jusqu’en 2020, la sécurité de l’approvisionnement est assurée en France avec une marge de sécurité équivalente à 5 réacteurs nucléaires. (Journaux L’Alsace et DNA)
« Les usines électro-intensives vont quitter la région » :
Constellium (Rhénalu) et Solvay (Pec-Rhin) investissent des centaines de millions sur leurs sites de production, toutes proches de Fessenheim, autant pour augmenter leurs capacités de production que pour améliorer leurs processus de fabrication. (Journaux L’Alsace et DNA)
« La centrale nucléaire de Fessenheim est sûre » :
L’accident du 9 avril 2014 a nécessité 7 semaines d’arrêt pour réparation. Des dysfonctionnements en cascade dus au vieillissement des réacteurs et à des négligences humaines auraient pu avoir des conséquences très graves jusqu’à amener une fusion du cœur (CLIS, ASN). Depuis 7 ans cette centrale a 40% d’incidents de plus que la moyenne des autres centrales françaises (Santé publique-édition, ASN). Ceci est le signe de l’obsolescence inévitable de tous ses composants.
« Grâce au nucléaire la France a les tarifs d’électricité les plus compétitifs d’Europe » :
Eurostat nous apprend que sur 35 pays européens, la France n’arrive qu’au 13ème rang par ordre croissant des tarifs. Par contre, les salariés et retraités d’EDF ne paient que 4 % du tarif public pour leur électricité (revue Capital, Cour des Comptes). Ce privilège incroyable ne les incitera donc pas à faire des travaux d’économie d’énergie.
« Il faudrait indemniser nos partenaires allemands et suisses » :
Jusqu’à preuve du contraire, les élus et responsables allemands et suisses que nous avons rencontrés, ne demandent rien d’autre que la fermeture de cette vieille centrale. EnBW (actionnaire de Fessenheim) ne demandera pas de dédommagement pour la fermeture imposée de deux de ses centrales nucléaires allemandes: Neckarwestheim 1 et Philippsbourg 1 et prépare déjà l’arrêt de deux réacteurs supplémentaires (Badische Zeitung).
« Les centrales nucléaires sont sécurisées » :
Sauf quand Greenpeace organise avec le succès que l’on sait « une opération porte ouverte » à la centrale de Fessenheim. Malgré toutes les mesures prises, cette centrale reste très vulnérable à une attaque terroriste menée par des individus bien décidés à semer le chaos. Le survol de celle-ci par un drone inconnu n’est pas fait pour nous rassurer. Par ailleurs un rapport anglais du 5/10/2015 nous révèle que les centrales nucléaires sont très vulnérables à une cyber-attaque car insuffisamment protégées.
« La fermeture de Fessenheim touchera 4500 personnes » :
Ce chiffre deviendra successivement 3000, 2000, aujourd’hui : 1000 personnes, si l’on déduit les 850 salariés d’EDF, dont l’emploi est garanti, ce ne seront que quelques centaines d’emplois qui seront impactés. De plus, nos élus refusent la main tendue par leurs collègues allemands pour la reconversion du site avec création d’emplois à la clef comme le démontre la réussite du « Gewerbepark Breisgau » situé juste de l’autre côté du Rhin.
« Les énergies renouvelables ne sont pas à la hauteur des enjeux énergétiques dans le monde » :
Sauf que l’Allemagne en 2015 produira plus de 30% de son électricité à partir du solaire, de l’éolien, de l’hydraulique et de la biomasse (c’était moins de 10% il y a 6 ans). L’Agence Internationale de l’Energie déclare le 29 septembre 2014 que le solaire pourrait être la première source d’électricité de la planète en 2050 et dépasserait ainsi les hydrocarbures, l’éolien, l’hydroélectrique et le nucléaire.
« L’Etat Français ne peut imposer à EDF la fermeture d’une centrale nucléaire » :
La Chancelière Merkel a imposé à EnBW, EON, RWE et Vattenfall, quatre entreprises privées, la fermeture de huit réacteurs jugés les plus vieux et les plus dangereux et ce en seulement 3 mois. EON a fermé en juillet 2015 une neuvième centrale : Grafenrheinfeld d’une puissance de 1300MW et plus jeune que Fessenheim de 4 ans. Le planning de la fermeture des 8 réacteurs restants est défini, le dernier sera arrêté en 2022. Paradoxalement en France ce ne serait pas possible, alors que l’état est majoritaire à 84,5 % d’EDF.
« Nous faisons entièrement confiance à l’ASN quand elle autorise la poursuite de l’exploitation » :

Elle peut aussi se tromper, ou avoir négligé certaines données. L’ASN reconnaît maintenant qu’un accident majeur est possible en France, et comme EDF minimise systématiquement des incidents, cela n’est guère rassurant. A l’analyse des incidents connus, nous percevons nettement que la rentabilité a pris le pas sur la sûreté. Comme aucune centrale nucléaire n’est assurable, la situation pourrait être aussi tragique qu’à Fukushima : devoir continuer à rembourser les prêts d’une maison que ni le propriétaire ni ses descendants ne pourront plus jamais habiter car irrémédiablement contaminée par la radioactivité.
Les faits sont désormais imparables et tous les arguments utilisés par les « anti-fermeture » sont irrecevables aujourd’hui. La non-rentabilité et la dangerosité de la centrale nucléaire de Fessenheim exigent sa fermeture immédiate et définitive.
Les citoyens vigilants des environs de Fessenheim

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