Présentation de Richard Weiss, candidat Unser Land sur la liste Europe Ecologie Alsace

Présentation de Richard Weiss, candidat Unser Land sur la liste Europe Ecologie Alsace

Candidat sur la liste Europe Ecologie Alsace, Richard Weiss est un militant historique du bilinguisme en Alsace. Cet enseignant, aujourd’hui à la retraite, est en effet le cofondateur des écoles ABCM Zweisprachigkeit (Association pour le Bilinguisme en Classe dès la Maternelle). ABCM est une association de parents d’élèves fondée en 1990 face au refus du Recteur Deyon d’ouvrir des classes bilingues paritaires français / langue régionale en Alsace.

Fin connaisseur de l’histoire et  tout ce qui a trait au patrimoine de l’Alsace, Richard se définit avant tout comme un Elsasser. Ancien membre du Modem, Richard a rejoint les rangs de Unser Land, convaincu que le parti saura se faire entendre et peser dans les débats futurs. Outre les questions liées à une autonomie politique, Richard sait se faire entendre sur son sujet de prédilection : la langue.

Je suis fier d’être un Alsacien bilingue et particulièrement heureux que mes parents n’aient pas suivi les consignes d’enseignants, qui aujourd’hui encore essaient de nous faire croire qu’il ne faut parler que le français (au lieu de notre propre langue, celle de nos parents : l’Elsasserditsch) ! Depuis plus de 30 ans, j’explique à mes concitoyens, aux parents, aux élus et aux différents « décideurs » que, vu la géographie l’économie et l’histoire de l’Alsace, c’est non seulement un avantage, mais surtout un droit et une nécessité. Comme disait un responsable économique sundgauvien : « le français est la plus belle langue … peut-être, mais il faut être vraiment c.. pour ne parler qu’elle en Alsace ! »

Pourquoi avoir choisi de figurer sur la liste Europe Ecologie Alsace (EEA) ?

Tout d’abord Unser Land, en plein processus de fondation, ne souhaitait pas présenter une liste autonome pour ces élections, car cela aurait lourdement grevé ses finances pour les années à venir. En outre, des liens étroits existent entre la Fédération Régions et Peuples Solidaires (à laquelle nous sommes membres) et Europe Ecologie. D’ailleurs, dans les autres régions de l’hexagone, Bretons, Basques, Occitans, Corses et Savoisiens ont également conclu des accords avec la liste Europe Ecologie.

Evidemment, les liens entre l’écologie et l’autonomisme alsacien sont très anciens et datent des combats contre l’implantation de la centrale de Fessenheim entre autres. Mon adhésion au programme d’EEA a finalement été motivée par l’urgence écologique et par la défense du droit des Alsaciens et de leur souveraineté.

Cette campagne électorale (2 scrutins les 14 et 21 mars) doit être l’occasion d’un véritable Oschterputz (nettoyage de printemps), une occasion de poser les vraies questions et d’indiquer les réponses que demande la crise qui s’abat sur notre société.  Ceux qui n’ont rien fait jusqu’à présent ne feront pas mieux à l’avenir s’ils étaient réélus… Ce sont des conservateurs timorés, les vrais responsables de cette crise qu’ils n’ont pas vue venir et ils s’imaginent que les Alsaciens vont continuer à les réélire ad aeternam… comme par le passé ! Ils sont unverbesserlich (incorrigibles).

Il faut changer la Messlatte, l’aune, la mesure des choses, les critères et changer radicalement de politique.

Les 1,8 millions d’Alsaciens doivent prendre conscience de leur unité, de leur force par rapport aux défis de notre XXIème siècle et mettre en pratique le mouvement européen et mondial qui s’est dessiné à Copenhague. C’est maintenant que notre société alsacienne doit se prendre en main pour construire son avenir.

Sur un plan linguistique, il faut évidemment généraliser à terme l’enseignement bilingue. Mais il faut aussi penser à créer, en Alsace, des écoles nouvelles, qui ne se limitent plus à l’enseignement paritaire et à l’enseignement du Hochdeutsch. Nous voulons un enseignement qui débute par deux années d’immersion en dialecte alsacien.

Et si l’Education Nationale n’a pas encore d’enseignants formés, c’est la Région Alsace (c’est-à-dire nous tous) qui les créerait….en attendant que le ministère de l’Education comprenne enfin que nous ne nous laisserons plus faire et qu’il doit enfin remplir sa mission de « Service Public » s’il veut que nous continuions à le soutenir financièrement !

Il faut aussi cesser de mentir en parlant de progression de l’enseignement bilingue: depuis 20 ans que les anciens présidents des trois collectivités territoriales d’Alsace ont ouvert les premières écoles ABCM-ZWEISPRACHIGKEIT, seuls 7% des familles ont eu, pour l’instant, la chance d’en faire bénéficier leurs enfants, et encore: uniquement à l’école primaire: cela veut dire que 93% de familles potentielles n’ont même pas eu le choix, ni l’information de base malgré les promesses faites !

Cela pose effectivement le problème de l’égalité de l’accès à l’enseignement de notre langue. Nos détracteurs se servent du prétexte que l’offre est réduite pour affirmer que le bilinguisme est réservé à une minorité, les enfants  des « bourges », aux fils et aux filles de professions libérales, capables de répondre et de résister aux tentatives de déstabilisation de certains fonctionnaires. Les enseignants sont d’ailleurs souvent les premiers à s’inscrire, en cachette d’ailleurs pour ne pas s’attirer les foudres de leurs collègues.

Si Unser Land adhère au projet EEA, c’est parce qu’il est global et qu’il mettra en place des solutions faciles à faire comprendre aux électeurs alsaciens. Nous ne voulons pas que les électeurs soient attirés par des partis nationaux ou sans projet d’avenir (F.N. ou Alsace d’Abord), qui ne font que réduire leur champ de vision et ne voient qu’un danger « extérieur », alors que nous vivons sur une seule et même planète.

Richard est un homme de principes. En 1989, il a eu le courage de démissionner de son poste de délégué auprès du recteur Deyon pour « l’option L.C.R. » (Langues et Cultures Régionales), quand il a compris que sa politique n’était faite, en réalité, que pour accompagner de notre langue et de la faire payer aux assemblées départementales et régionales.

Le combat pour notre langue a été saboté par le rectorat et le ministère qui n’ont pas confié l’organisation de son enseignement à de vrais spécialistes. Et ceux-ci sont nombreux, même en France : ainsi le regretté professeur Jean Petit, dont les travaux et conférences n’ont jamais été reconnus par l’administration locale ou centrale. Quant aux professeurs Gilbert Dalgalian et Alfred Grosser, ils en sont écartés parce qu’ils arriveraient à prouver à quel point la demande économique et sociale est importante en Alsace.

La vérité pédagogique doit enfin éclater !

Et que font les élus ?

Richard Weiss se rappelle d’un discours public d’Adrien Zeller en 1992 (dont tout le monde ou presque se réclame aujourd’hui) qui avouait que s’il n’avait pas été ministre, il n’aurait « sans doute pas pu résister aux pressions » (sic).

Il n’est donc pas étonnant que si peu de conseillers municipaux, de maires et autres élus n’aient pas encore fait la démarche d’information, ce que leurs concitoyens leur reprocheront un jour… Très peu d’élus actuels à la Région ont fait cette démarche alors même que l’Assemblée prétendait soutenir activement « une renaissance de l’Alsace bilingue ».

Richard évoque par exemple le cas des parents de Barr (qui demandent simplement une continuité de l’enseignement jusqu’au bac, pourtant prévue par les textes officiels et reconnue par les tribunaux. Non seulement l’académie refuse d’obtempérer aux décisions de justice mais les élus répondent aux familles : « Ah bon: le recteur ne veut pas ? Bizarre » ! Pourtant il prétend ne pas avoir d’enseignants, que cela coûte cher. La nécessité d’un tel enseignement est-elle bien réelle ? »

Si Richard est élu conseiller régional, l’Alsace saura enfin de se faire entendre et pourra enfin mettre en place la politique linguistique dont elle a besoin. D’ailleurs, qui d’autre que Richard saurait mieux le faire ?