Depuis plus de 6 semaines, les Alsaciens, comme tous les Français reclus dans leur périmètre domestique, n’ont souvent accès au monde extérieur qu’à travers leur fenêtre, le hublot de la télévision ou les ondes de la radio. Or la « distanciation sociale » imposée pour limiter la propagation du Covid 19 est rendue plus insupportable encore par la suppression des émissions locales de la télévision et des radios de service public, organisées par les directions nationales.

L’accès à l’information de proximité est problématique depuis que France Bleu et FR3 imposent la mutualisation (« syndication ») des contenus entre plusieurs stations, réduisent les décrochages par rapport aux émissions nationales, hégémoniques, et rognent drastiquement sur les plages auparavant dédiées aux événements locaux. Au prétexte de protéger les journalistes de la contagion virale, on accélère le mouvement en fermant « provisoirement » les stations locales. Mesure d’urgence… On envoie aux auditeurs et téléspectateurs des informations grand-régionales qui ne les touchent pas vraiment et peuvent leur paraître bien exotiques. Surtout : les émissions en langue régionale disparaissent.

Dans la même logique, le 30 juin 2020, la radio FIP Strasbourg, qui mêle tous les genres de musique, cessera également d’émettre. Clap de fin le 9 août 2020 à la TV pour France 4, la chaîne de la famille, et France O, la chaîne des territoires d’Outre-Mer.

Unser Land dénonce le régime d’austérité auquel est condamné le service public de l’audio-visuel ainsi que l’éloignement et le nivellement imposés aux usagers. Le paysage audiovisuel s’appauvrit et s’uniformise selon le bon plaisir de la bureaucratie parisienne, autocentrée. Les médias familiers sont détournés de leur vocation régionale et locale, alors même que la demande est particulièrement forte en cette période de claustration et d’isolement.

Les contribuables paient une redevance pour l’audiovisuel. Ils sont en droit d’exiger des émissions de qualité, répondant à leurs attentes et leurs besoins et affranchies du formatage parisien.

Unser Land dénonce les avatars successifs imposés à l’offre radiophonique alsacienne. Le parti alsacien demande un moratoire sur le sort de FIP Strasbourg. Il exige la réouverture sans délai de la station de France Bleu Alsace, mais également l’attribution – enfin ! – d’une tranche de la TNT à France Bleu Elsass. En effet depuis la fermeture de l’antenne hertzienne , les émissions en langue régionale, à forte valeur ajoutée européenne, puisqu’elles se sont enrichies d’une ouverture aux radios publiques du bassin rhénan, ne sont accessibles qu’aux personnes connectées à internet.

Unser Land s’engage à tout mettre en oeuvre pour que, dans le cadre de la future Collectivité Européenne d’Alsace, les Alsaciens disposent d’un service public de radio et de télévision qui leur corresponde, qui les respecte dans leurs spécificités, culturelles et linguistiques notamment, et leur droit à une information de proximité. Enfin !

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