10547672_10154496927960158_2527634706032625363_nCette nuit, de Saint-Louis à Saverne et de la vallée de la Doller à Lauterbourg, dans toute l’Alsace, des centaines de panneaux de communes ont été recouvertes d’un crêpe noir en signe de protestation contre la disparition de la région Alsace.

Sympathisants de la cause alsacienne, élus, simples citoyens, membres d’Unser Land et d’autres associations ont participé à cette action, que nous approuvons pleinement et que nous appelons à généraliser.

Ce bandeau noir est le symbole de la colère des Alsaciens contre le projet du gouvernement de supprimer la région Alsace, un projet dont les conséquences seront graves et pourraient être irréversibles.

En effet, comment assurer la représentation des intérêts alsaciens si l’Alsace n’existe plus ? Impossible. Le nouvel ensemble regrouperait 5,5 millions d’habitants dont seulement 1,8 millions d’Alsaciens, de fait les Alsaciens se retrouveraient en minorité dans le nouvel ensemble et ne pourront plus faire valoir leurs intérêts. Et peu importe où sera le siège de l’Assemblée, que soit à Strasbourg, Metz ou Nancy.

Une disparition de l’Alsace aurait à terme des conséquences graves et irréversibles dans tous les domaines de la vie courante. En premier lieu, c’est ce qu’il y a de plus profond en nous, notre identité, qui serait touché de plein fouet et, avec elle, tout ce qui fait la richesse et la réputation de l’Alsace. Les budgets pour l’enseignement de notre langue régionale (allemand écrit et dialectal), déjà insuffisants, seraient immédiatement remis en question par le nouvel ensemble, largement francophone. L’organisation des transports ferroviaires et la formation professionnelle subiront le même sort. Enfin, tôt ou tard, la prétendue « égalité républicaine » sera également invoquée pour supprimer le Droit Local (jours fériés, statut des cultes et des associations, assurance maladie, etc.) dont nous bénéficions. Il en résulterait un appauvrissement économique, culturel et identitaire des Alsaciens.

La France a signé la Charte européenne de l’autonomie locale. Dans son article 5 intitulé « Protection des limites territoriales des collectivités locales », cette charte prévoit une consultation par référendum pour toute modification des limites territoriales locales. Le gouvernement, en refusant l’organisation d’un référendum, viole la loi. En imposant la loi du plus fort et en bafouant l’opinion de la population alsacienne, cette réforme n’est rien d’autre qu’un viol, comme l’a qualifié le député Straumann devant l’Assemblée nationale.

Aussi, s’opposer par tous les moyens, légaux ou non, à cette réforme est un devoir civique.

La loyauté dont les citoyens et élus alsaciens ont toujours fait preuve, n’est pas reconnue à Paris. Au contraire, elle est moquée et interprétée comme une soumission totale et un blanc-seing pour toutes les dérives. Le temps est venu de taper du poing sur la table. Nous appelons maintenant à ce que chacun prenne ses responsabilités, car unis et déterminés, nous avons les moyens de faire reculer le gouvernement. Les Bretons et les Corses y sont déjà parvenus. C’est maintenant à notre tour.

Ce mouvement de contestation s’amorce et grandit, car, jamais depuis plusieurs décennies, la société alsacienne n’a été aussi unie autour de l’Alsace. Chaque semaine de nouvelles initiatives voient le jour et le mouvement ne fait que s’amplifier. Ensemble, les différentes pétitions, dont celle du maire de Mulhouse, ont déjà recueilli plus de 60.000 signatures. Une nouvelle manifestation est annoncée, tandis que le maire d’Obernai évoque une action à Paris. Unser Land s’associera à toutes ces initiatives.

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