DNA 26/06/2016

Douze agences décentralisées

« Plus on est grand, plus on doit être dans la proximité » : c’est le principe affiché par Philippe Richert, qui a présenté la nouvelle organisation territoriale de la Région.

Trois maisons, douze agences, dont cinq sur deux sites : c’est le schéma d’organisation de l’administration régionale qui devrait être mis en place avant fin 2016.

Il s’agit en effet, explique le président (LR) de la région Grand Est, de « refuser la centralisation régionale ». La multiplication des agences territoriales doit permettre de « gagner en efficacité » sur l’espace de 57 000 km² que représente le Grand Est.

À Strasbourg, siège de la Région, à Metz et Châlons-en-Champagne, ex-sièges lorrain et champardennais, les trois « maisons » de la Région assureront l’ensemble des thématiques régionales. Mais ce premier maillage sera renforcé par celui, plus serré, de douze agences territoriales, à l’exemple des quatre qui existent déjà en Alsace.

En moyenne, une agence pour 450 000 habitants

« Quand le cuisinier d’un lycée dans l’Aube tombe malade, il est absurde de devoir téléphoner à Strasbourg pour son remplacement », illustre Philippe Richert. C’est l’agence territoriale, avec une équipe pluridisciplinaire d’une trentaine d’agents, qui peut régler le problème avec la réactivité nécessaire.

Chaque agence couvrira en moyenne un territoire de 450 000 habitants, encadrera environ 450 agents et s’occupera d’une vingtaine de lycées.

Le découpage n’est pas celui des dix départements, mais celui de la cohérence géographique et humaine des fonctions régionales. Ainsi l’agence de Saverne-Haguenau s’occupera-t-elle aussi du Pays de Bitche et des bassins de Phalsbourg et Sarrebourg.

Chacune de ces agences sera dirigée par un directeur territorial. Ces douze cadres et les quinze directeurs thématiques de la Région composeront le comité de direction de l’administration régionale. Cinq des agences seront à cheval sur deux sites : Haguenau et Saverne, Saint-Dizier et Bar-le-Duc, Thionville et Longwy, Charleville-Mézières et Verdun.

Des contacts sont pris avec les municipalités pour trouver des locaux adaptés. « Notre préférence, c’est d’acheter plutôt que de louer, mais pas pour trop cher », sourit Philippe Richert.

« Pas de mobilité forcée »

Cette territorialisation aura donc un coût en investissement, mais « on gagnera nettement en dépenses de fonctionnement », estime le président du conseil régional. Quant à la répartition des fonctionnaires territoriaux, elle se fera selon deux principes, assure François Bouchard, le directeur général des services : « Il n’y aura pas de mobilité forcée, et on ne laissera personne au bord du chemin. »

Sur les 7 400 agents de la Région Grand Est, 5 500 sont d’ailleurs des personnels techniques, ouvriers ou de service d’établissements scolaires, répartis entre les 245 lycées et les 110 centre de formation d’apprentis (CFA). Les agences devraient d’ailleurs accueillir en 2017 les personnels venus des départements qui s’y occupaient des transports scolaires, bientôt transférés aux régions.

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