Unser Land et sa nouvelle section « jeunes » souhaitent réagir à l’installation du « Conseil régional des jeunes du Grand Est » ainsi qu’à l’article de presse DNA du 5 novembre dans lequel 8 membres de ce conseil parlent de « résister aux identités ».

Dans cet article, nous apprenons qu’un petit comité de jeunes issus du Conseil Régional des Jeunes planche sur le sujet de créer une identité grandestienne. Comme l’indique de Conseil régional du Grand Est lui-même, ces jeunes n’ont pas été élus, mais « sélectionnés » sur présentation d’une lettre de motivation. En clair : ils ont été choisis en raison de leur adhésion au Grand Est et de leur volonté de s’y impliquer. En cela, leur légitimité à s’exprimer au nom des jeunes Alsaciens, Lorrains et Champardennais est très discutable, a fortiori sur un sujet aussi sensible que celui de l’identité. L’avis des jeunes Alsaciens de 18-34 ans semble en tout cas bien loin des déclarations de ces pseudo-représentants. En effet, le sondage CSA d’avril dernier sur les « Alsaciens et leur région » indique que 87 % des moins de 35 ans souhaitent une sortie du Grand Est et un retour à la région Alsace. 56 % souhaitent un statut d’autonomie pour l’Alsace.

Dès 2014, Unser Land mettait en garde les Alsaciens sur la probable dilution de l’identité alsacienne dans le cadre d’une grande région. Les défenseurs de la fusion avaient alors rejeté en bloc cet argument, répétant à l’envi qu’il était hors de question de remettre en cause les identités. Nous constatons aujourd’hui qu’il s’agissait encore une fois de mensonges et que le but désormais avoué est bien de détruire les identités historiques de nos régions et de leur substituer une identité créée de toute pièce. Non seulement la volonté de créer cette identité artificielle existe, mais les apprentis sorciers semblent disposer de moyens pour arriver à ces fins funestes ! Ainsi, les représentants précités explorent déjà certaines pistes, et comptent notamment sur l’école pour « laisser derrière soi les vieilles identités ». Ces méthodes ne sont pas sans rappeler les idéologies totalitaires — de la Terreur jacobine aux régimes communistes — qui, avec l’objectif de faire « table rase » du passé et créer l’« homme nouveau ».

Les jeunes sélectionnés ont pour mission de construire et promouvoir une identité Grandestienne. Nos enfants apprendront dès le plus jeune âge que leur région c’est Grand Est, qu’ils sont Grandestiens et qu’ils ont une culture commune et uniformisée, peu importe qu’ils vivent à Reims, Nancy ou Strasbourg. Quelle sera la prochaine étape ? La réécriture de notre histoire ? Après la sortie hasardeuse d’un ex-président qui nous indiquait que nous étions tous des Gaulois, serons-nous bientôt des Gaulois grandestiens ?

Cette démarche démontre l’obstination des dirigeants du Grand Est à faire accepter cette région absurde, mais également l’artificialité de celle-ci. Une identité ne se décrète pas, elle est le fruit d’une histoire, d’une culture, d’une langue, d’un espace commun et d’une volonté de vivre ensemble. En ce sens, l’identité alsacienne est bien réelle et nous ferons en sorte qu’elle reste vivante et respectée, pour le bien de tous.

Laurent Roth, responsable de la section Jeunes d’Unser Land

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