Unser Land répond aux professionnels des médias suite à l’article : « Radio et télévision doivent se déconfiner… de Paris ! ».
Il nous est fait grief de ne pas tenir compte des contraintes sanitaires et des risques pris par les journalistes et les équipes techniques pour permettre la diffusion d’informations complètes. Mme Andrée Munchenbach, secrétaire fédérale, répond à ces critiques:

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Unser Land s’inquiète depuis bien avant l’épidémie virale des stratégies d’éloignement, de centralisation et d’austérité budgétaire imposées aux médias du service public, que ce soit France 3 à qui s’impose le périmètre méga-régional, ou France Bleu.

Vous remarquerez que notre communiqué concerne plus particulièrement les coupes subies par nos radios locales. Il manifeste notre solidarité à l’égard des journalistes des antennes locales de France Bleu qui dans des lettres ouvertes à la directrice de Radio France se plaignent des conséquences de la syndication des matinales en grande région « au moment où [leurs] auditeurs ont encore plus que d’habitude besoin de proximité« .

Nous saluons le professionnalisme de ces journalistes et leur sens élevé du service public. Nous apportons, avec nos petits moyens, notre soutien à leur mobilisation et leur résistance face à la dégradation du service rendu aux auditeurs. Nous aimerions, au-delà de communiqués de presse forcément lapidaires, pouvoir donner l’écho qu’elles méritent à leur analyse de la situation et à leur définition admirable de leur mission.

 » Les auditeurs qui par dizaines occupaient notre antenne il y a encore quelques jours pour poser des questions, raconter leur quotidien leurs inquiétudes, proposer des services, ces auditeurs que nos chargées d’accueil rassuraient chaque jour par exemple en leur dictant patiemment le texte des attestations, ces auditeurs ont quasi totalement disparu de notre antenne. La grande majorité des infos et services pratiques indispensables sur une radio locale ne peuvent plus être donnés car ils n’ont plus de sens à l’échelle d’une grande région, les sujets d’infos, les illustrations existent mais là aussi ils sont noyés dans la masse. »

 » Des auditeurs qui sont de moins en moins nombreux à nous écouter au point qu’on se demande s’il en restera quand tout cela sera fini. Les gens d’ici ont besoin d’information locale. Les gens d’ici ont besoin de s’entendre, de nous entendre. Ils ont besoin de recevoir les informations collectées par nos journalistes au plus près et pas noyées dans un journal réalisé pour 10 départements. Ils ont besoin de s’émouvoir, de partager, de se divertir avec nos animatrices et nos animateurs. Parce qu’il y aussi de l’affection entre eux et nous. Ils ne se divertissent pas seulement avec la musique. Ils ne s’informent pas seulement via le net. La radio c’est une présence, des programmes, pas uniquement des chroniques ou des sujets pour le web que nous faisions déjà bien avant la crise d’ailleurs. La radio c’est ce fil invisible qui relie les gens. Et à France bleu c’est le fil invisible qui relie les gens d’ici.  […]
 
Nous sommes le service public, nous sommes payés avec les impôts des auditeurs, et c’est notre devoir d’être là. Ne pas être là, c’est trahir la mission qui est la nôtre, c’est un véritable déchirement, une honte pour beaucoup d’entre nous. »

Nous sommes par ailleurs conscients des risques que comporte l’exercice de votre profession et comprenons la nécessité de les limiter par des réorganisations provisoires. Nous souhaitons à vos collègues un complet rétablissement et vous remercions ‘assurer le service en ces temps difficiles.

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