Depuis ce vendredi 23 octobre, le Bas-Rhin fait partie des départements où est imposé un couvre-feu de 21h à 6h. L’incertitude liée à l’évolution des limitations de déplacement, voire d’un nouveau confinement, même partiel, remet en question la tenue des élections départementales et régionales de mars 2021. Faut-il les maintenir ou les repousser ?

Les élections municipales de mars 2020, en tout début de confinement, ont été marquées par un taux d’abstention record (55 % au premier tour) qui ne renforce pas la démocratie. Aujourd’hui on ne connait pas l’ampleur des mesures sanitaires que prendra le gouvernement mais il est fort probable que le virus ne faiblira pas durant l’hiver et les hôpitaux français risquent à nouveau d’être saturés. Mais est-ce vraiment le virus qui cause la fragilité de l’hôpital et justifierait les privations de liberté et les manquements démocratiques imposés à la population ?

Pendant des décennies on a supprimé des lits : près de 70 000 depuis 2003. Des lits sont fermés en raison de postes d’infirmiers (sous-payés et stressés) restés vacants. La réanimation est cinq fois moins couverte qu’en Allemagne… Une politique visant la rentabilité, au détriment de la santé de la population et de bonnes conditions de travail des soignants, est à l’origine de cette incapacité de l’hôpital à remplir sa mission. Les économies ainsi faites sur l’hôpital mettent à terre l’économie de tout le pays.

On débloque plus de 100 milliards pour faire face à la crise, mais l’hôpital n’obtient pas satisfaction et les effectifs restent sous tension, voire découragés et démotivés. On s’endette de 100 milliards supplémentaires pour faire face à la crise économique que le pouvoir a lui-même amplifiée en organisant un confinement strict « à la française », appliqué de façon uniforme à tout le pays, sans considération pour la situation sanitaire très différente d’une région à l’autre. Puis on trouve de l’« argent facile » pour couvrir, à court terme, les problèmes de gouvernance…

Nos politiciens lèguent un lourd fardeau aux jeunes générations. Les élections départementales et régionales de 2021, qu’elles soient maintenues ou différées, seront impactées par les enjeux de santé et de sécurité publique, un effondrement de nos économies traditionnelles et un contexte environnemental très préoccupant.
Il n’est pas certain que nos concitoyens y trouveront des raisons pour espérer en des lendemains meilleurs.

Unser Land, en raison des valeurs qui nous animent, s’efforcera de rester dans ces conditions difficiles et instables une force de proposition positive pour le bien être des citoyens de notre territoire.

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