A la veille de la Conférence des territoires organisée par le gouvernement le 17 juillet, le parti alsacien Unser Land avait rappellé la position exprimée par les Alsaciens à travers le sondage réalisé par le CSA en avril dernier. 84% des Alsaciens rejettent une fusion territoriale qui leur a été imposée par le précédent gouvernement. Ils exigent la sortie immédiate du Grand Est et le retour de l’Alsace dans son périmètre historique.

A l’aune de ce sondage, on ne peut que dénoncer le scénario imaginé par le président de l’Eurométropole lorsqu’il propose d’extraire l’Eurométropole du département du Bas-Rhin puis la fusion de ce département tronqué, amputé de 33 communes dont Strasbourg, avec le Haut-Rhin pour constituer un « département Alsace » désincarné. Robert Herrmann semble vouloir parachever l’oeuvre destructrice de Philippe Richert et porter le coup de grâce à l’Alsace.

Attachés à retrouver leur Heimet, les Alsaciens majoritairement n’admettront pas la dislocation de leur région par la rupture consommée avec sa capitale historique. L’Alsace et Strasbourg ne peuvent être dissociés. L’Alsace ne peut être réduite à une circonscription administrative dans une méga-région technocratique.

Nous invitons l’ensemble des élus alsaciens à rejeter cette option et à s’accorder pour relayer d’une seule voix les attentes exprimées par leurs concitoyens – auxquelles les nouveaux députés ont été sensibles durant la campagne électorale. Les Alsaciens tiennent à leur droit local, ils s’inquiètent de la disparition de leur langue millénaire. Ils sont en droit de revendiquer une politique linguistique spécifique (recrutement et formation d’enseignants germanophones permettant la création de crèches et d’écoles maternelles et primaires en immersion en Elsässerditsch et Hochdeutsch) et une stratégie économique orientées vers le bassin rhénan (Oberrhein). Il faut éviter que l’Alsace ne reste confinée à tout jamais dans un Grand Est artificiel et ne finisse par disparaître.

La solution passe par la fusion des départements – dans leur intégrité – et la création d’une collectivité à statut particulier, comme cela a été accordé à la Corse : une Euro-région Alsace ouverte sur le monde, avec des compétences renforcées dans les domaines de l’éducation, de l’économie, mais aussi des transports et de l’énergie, apportera de vraies plus-values qui bénéficieront également à l’ensemble du pays. L’Alsace a vocation à expérimenter les principes de subsidiarité et d’autonomie locale qui régissent l’organisation de nos voisins européens et fondent leur prospérité économique exemplaire. Qu’on lui donne cette chance !

En écho à l’exhortation du Président de la République : « Osons conclure avec nos territoires et nos élus de vrais pactes girondins, fondés sur la confiance et la responsabilité. », nous invitons les élus à porter conjointement le projet de bon sens qui assurera un avenir à l’Alsace.

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