Lors de la réforme territoriale du gouvernement Valls en 2014, les Alsaciens n’ont pas été consultés sur l’avenir de leur région, alors même que la Charte européenne de l’autonomie locale, ratifiée par la France, l’imposait. Durant cette phase critique pour l’avenir de nos institutions régionales, aucun sondage n’avait été commandé. Seule la colère des Alsaciens descendus à de nombreuses reprises dans la rue a permis de mesurer l’attachement des Alsaciens à leurs institutions régionales.

Que veulent les Alsaciens ? La meilleure façon de le savoir, c’est de leur poser enfin la question. En attendant de pouvoir instaurer une démocratie directe comme contre-pouvoir aux décisions des élus, Unser Land a décidé de donner la parole au peuple alsacien. Pour cela, nous avons demandé à un institut indépendant renommé, le CSA, de réaliser un sondage dans des conditions garantissant une impartialité et une fiabilité indiscutables. Ce sondage a été réalisé par téléphone du 13 au 18.04.2017 selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1002 personnes résidant en Alsace et âgées de 18 ans et plus. Les quotas définis sont les suivants : sexe, âge, profession du répondant, département et catégorie d’agglomération.

A notre connaissance, c’est la première fois qu’un tel sondage interroge en détail les Alsaciens sur la question de l’autonomie et de l’indépendance. Peut-être parce que certains n’ont pas intérêt à ce que les résultats soient rendus publics. Quant aux autres sujets abordés – langue, droit local – ils n’ont pas fait l’objet de sondage depuis des années. Les résultats sont sans appel : les Alsaciens réclament une région Alsace autonome ainsi qu’un avenir pour leur langue.

L’étude a mis en exergue un fort sentiment identitaire : ainsi les Alsaciens se sentent d’abord et avant tout Alsaciens (38%). Par ailleurs, à leurs yeux, l’organisation de la France est perçue comme trop centralisée. En effet, 61% des Alsaciens critiquent le monopole de la capitale sur les décisions françaises majeures.

Les Alsaciens sont très attachés à leur langue régionale mais surtout, ils veulent lui donner un avenir. Ainsi, 61% des Alsaciens sont favorables à l’essor de l’apprentissage des deux composantes de la langue régionale (allemand standard et alsacien), sans vouloir défavoriser l’une au profit de l’autre.

Pour permettre cet essor de l’apprentissage de l’allemand et de l’alsacien, les 2/3 des Alsaciens souhaitent voir se développer les écoles bilingues français-allemand. En outre, une moitié des Alsaciens sont favorables à l’officialisation de la langue régionale au côté de la langue française.

Cela ne fait aucun doute, les Alsaciens souhaitent conserver leur droit local (78%). On peut y voir la marque d’un attachement important à cette particularité régionale.

Les Alsaciens réclament avec force leur souhait de voir l’Alsace redevenir une région : 84% y sont favorables (dont 49% « tout à fait favorables »). Ce souhait est très majoritaire auprès de toutes les catégories de populations et il est pratiquement unanime chez les ouvriers (92%) et les habitants du Haut-Rhin (89%).

Près de trois quarts des Alsaciens (73%) souhaitent également la création d’un Conseil unique d’Alsace, regroupant les compétences du département et de la région.

Enfin, une large majorité des Alsaciens (58%) sont favorables à ce que l’Alsace dispose d’un statut d’autonomie à l’instar des cantons suisses ou des Länder allemand.

La prise de conscience des atouts de la région mais également l’exaspération face aux humiliations subies de la part de l’Etat expliquent également la montée d’un courant ouvertement indépendantiste. Ainsi, 18% des Alsaciens sont favorables à ce que l’Alsace devienne un pays indépendant de la France, comme la Suisse ou le Luxembourg. Ce chiffre dépasse les 25% dans les petites villes et ainsi que chez les ouvriers (27%).

Si la région Alsace était recréée, le drapeau « Rot un Wiss » pourrait devenir son emblème : 67% des Alsaciens approuvent cette proposition, notamment les plus jeunes qui sont les plus enthousiastes (81% des moins de 35 ans).

Ce sondage démontre le décalage complet entre les aspirations des Alsaciens et l’action de leurs élus, du moins en ce qui concerne les questions institutionnelles et linguistiques. Alors que les candidats de tous bords sont obnubilés par les débats hexagonaux et le score des partis nationaux, Unser Land est la seule formation à être en phase avec les Alsaciens sur ces questions, mais également la seule à donner les garanties pour que ces engagements soient portés jusqu’au bout, et non sacrifiés à une logique partisane.

Lors des prochaines élections législatives des 11 et 18 juin 2017, le mouvement alsacien Unser Land présentera des candidats dans toutes les circonscriptions d’Alsace soit 15 candidats. Avec ces élections législatives, le moment décisif est arrivé. Des prochains députés dépendront notre avenir et celui de notre région. Les députés Unser Land feront voter la loi qui recréera la région Alsace et donnera les moyens nécessaires au développement de notre économie, à l’amélioration de notre cadre de vie ainsi qu’à la reconnaissance de notre langue et de notre identité.

Jean-Georges Trouillet, porte-parole

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