DNA 28.11.2015

Après avoir suspendu leur campagne à la suite des attentats de Paris, les élus nord-alsaciens d’Unser Land, soutenus par le maire de Roeschwoog Michel Lorentz, ont tenu une réunion publique mercredi soir à Surbourg. Rappelant que « les régions font la richesse de la France face à l’uniformisation », ils ont défendu l’identité alsacienne.

Christiane Maître-Metzger (avec l’écharpe rouge, entourée   de la maire de Keffenach Pascale Ludwig, de Gaby Hartmann   et du maire de Roeschwoog Michel Lorentz, soutien de la liste), a fustigé tous les grands partis politiques : « Être alsacien   et voter FN c’est comme être un mouton et voter pour   le loup ! », a-t-elle notamment considéré.  PHOTO DNA – V. KO.

Christiane Maître-Metzger (avec l’écharpe rouge, entourée de la maire de Keffenach Pascale Ludwig, de Gaby Hartmann et du maire de Roeschwoog Michel Lorentz, soutien de la liste), a fustigé tous les grands partis politiques : « Être alsacien et voter FN c’est comme être un mouton et voter pour le loup ! », a-t-elle notamment considéré. PHOTO DNA – V. KO.

Christiane Maître-Metzger a accueilli mercredi soir à la mairie de Surbourg les 14 participants à la réunion publique, pour certains membres comme elle de la section bas-rhinoise de la liste « Non à l’Acal, oui à nos régions » (lire l’encadré). Indiquant que « 70 % de la population des trois régions est contre ce mariage forcé, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire » et que 117 000 personnes ont signé la pétition d’Unser Land contre la grande région, Christiane Maître a fustigé tous les grands partis politiques : la majorité alsacienne (LR), qui aurait « vendu notre terre pour un siège et un portefeuille » ; les socialistes, « qui ont soutenu le redécoupage régional » et dont « la tête de liste dans le Bas-Rhin Pernelle Richardot a toujours fait comprendre qu’elle n’aimait pas l’Alsace, ni ses traditions — elle est contre le bilinguisme et tout ce qui fait notre identité » ; et enfin le FN, dont « il est bon de rappeler qu’il est contre la charte des langues régionales et souhaite supprimer toute coutume pas uniforme avec “sa” France. Être alsacien et voter FN c’est comme être un mouton et voter pour le loup ! », a lancé Christiane Maître, affirmant qu’« Unser Land est le seul parti régionaliste depuis plus de soixante-dix ans et sera le fer de lance de cette lutte ».

Pour ce faire, Unser Land a noué des alliances avec les listes régionalistes lorraines et champardennaises.

C’est pour faire entendre une voix différente que la liste bas-rhinoise « Non à l’Acal, oui à nos régions » regroupe des hommes et des femmes, dont beaucoup ne sont pas impliqués dans la vie politique locale — trois anciens conseillers généraux figurent néanmoins dans ses rangs. « Nous nous battons pour défendre nos terres et nos valeurs et parce que notre classe politique nous a terriblement déçus », a fait savoir Christiane Maître avant de rappeler le credo des régionalistes : le respect du droit, de la bonne gouvernance, de la charte européenne de l’autonomie locale, le respect de la consultation de la population avant toute modification du territoire. « Pour manger mieux, il faut manger local. De même, pour vivre mieux, il faut voter local », a-t-elle conclu.

« En France, les politiques ont un logiciel jacobin centré autour de Paris en voyant des choses uniformes sur le territoire, alors que les régions font la richesse », a enchaîné Michel Lorentz, qui ne figure pas sur la liste mais était venu en soutien. Le maire de Roeschwoog a illustré son propos avec le thème des transports, notamment les motrices des nouveaux Régiolis qui ne sont pas compatibles en Allemagne « à cause d’un système d’alarme de 50 000 euros qui n’a pas été installé sur les motrices qui ont coûté 11 millions ». « Il faut que les régions puissent agir sur les tarifs pour faire de la politique locale. Il faut savoir que le tarif d’un trajet entre Walbourg – Soultz en TER est défini à Paris ! » Michel Lorentz a également fustigé l’aberration d’avoir construit deux aéroports à 80 km de distance, celui d’Entzheim (déficitaire) et de Baden-Baden.

« Infiltrer le système pour le faire exploser »

Parti proeuropéen, Unser Land insiste particulièrement sur la conservation de l’identité locale. La reconquête de la culture passerait par « l’autorisation de la langue régionale et de son développement de son enseignement dans les écoles », facteur également d’embauche outre-Rhin où le chômage est moins élevé, « la reconnaissance du drapeau rot un wiss, sans blason mais avec une croix de Lorraine » et enfin « la connaissance et l’enseignement de notre histoire ». « Si vous aviez su ce qu’on a fait à nos parents et grands-parents, vous seriez tous révoltés et sur les barricades », a déclaré la Roppenheimoise Gaby Hartmann.

Les candidats savent que face aux grands partis, ils ne seront pas en tête. Mais ils espèrent redonner sa place à la proximité. Tout en restant conscients que les moyens sont limités. « Le budget de la grande région, grande comme deux fois la Belgique, sera de 2,5 milliards d’euros. À côté, le Land du Bade-Wurtemberg a un budget de 42,7 milliards ! Et l’Acal comptera 169 conseillers régionaux : c’est plus que le nombre de sénateurs américains », a comparé Pascale Ludwig, maire de Keffenach.

Quant au devenir du droit local, Michel Lorentz a constaté « un grignotage permanent », que ce soit au sujet des cours de religion ou si l’on se fie aux évocations des maires de France dans un petit fascicule paru après les attentats de janvier.

« Nous sommes contre cette fusion. Il faut infiltrer le système pour le faire exploser. Soyez nos émissaires, ne jetez pas à la poubelle le dernier moyen de vous exprimer ! », a demandé Christiane Maître.

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