Des opposants au regroupement de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne au sein de l’Alca ont défilé, hier, et appelé à l’organisation d’un référendum sur la création d’une nouvelle organisation territoriale alsacienne.

 

dimanche 15/03, par Philippe Wendling

 

 

Une des banderoles brandies hier place Kléber à Strasbourg.  Photos L’Alsace/Jean-Marc Loos

Une des banderoles brandies hier place Kléber à Strasbourg. Photos L’Alsace/Jean-Marc Loos

L’adoption de la réforme des collectivités territoriales le 17 décembre dernier n’a pas eu raison de leur détermination. Coiffes alsaciennes et drapeaux Rot un Wiss au vent, un millier de personnes a martelé le pavé strasbourgeois, hier après-midi, pour dénoncer la fusion au 1er janvier prochain de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne.

Quid du nombre des signataires ?

À l’initiative de la manifestation : le parti Unser Land et plusieurs collectifs, dont Les Alsaciens réunis. « Il est nécessaire que nous ne relâchions pas la mobilisation contre cette réforme débile et antidémocratique , estime Michel Lorentz, le maire de Roeschwoog. Est-ce que les Bretons se sont posé la question de savoir si la loi avait été adoptée quand ils se sont opposés à l’écotaxe ? Non, et ils ont obtenu gain de cause ! À nous de continuer à faire savoir à Paris notre opposition à la fusion et notre volonté de conserver notre Alsace. »

Avant de s’élancer vers la préfecture, les participants au défilé ont, durant une partie de la matinée, proposé aux usagers de la place Kléber de signer la pétition « Alsace, retrouve ta voix ». Lancée par la Fédération démocratique alsacienne (FDA), celle-ci vise à réunir quelque 127 000 signatures, avant le 31 mars, pour obliger le conseil régional à se prononcer sur l’organisation d’un référendum autour de l’expérimentation d’une « nouvelle organisation territoriale propre à l’Alsace ».

Si fin février, quelque 20 000 personnes avaient déjà apposé leur paraphe sur ledit document, leur nombre est désormais tenu secret. Un aveu de faiblesse ? « Non » , martèle Paul Mumbach, le maire de Dannemarie, président de la FDA et candidat aux départementales : « Nous n’annonçons plus de chiffre juste parce que nous estimons que cela est contre-productif. Mais les choses vont bon train. Nous recevons jusqu’à 2 000 à 3 000 nouvelles pétitions remplies chaque jour, avance-t-il. Il faut mettre un coup d’accélérateur, mais nous sommes optimistes » , ajoute-il après avoir appelé les manifestants à recueillir des signatures aux abords des bureaux de vote lors du scrutin départemental des 22 et 29 mars.

« Ils vont tous le payer »

Tout en se disant elle aussi « confiante » quant au résultat de la pétition, la présidente d’Unser Land Andrée Munchenbach estime que même si les 127 000 signataires n’étaient pas atteints, « Philippe Richert devra réagir. S’il ne le faisait pas, ce serait grave. » Cité dans plusieurs discours hier, le nom du président UMP de la Région a été à chaque fois hué par les manifestants. « Il n’a pas défendu l’Alsace mais sa propre carrière. Il le prouve aujourd’hui en présentant sa candidature à la présidence de l’Alca , lâche Marc, un « autonomiste » venu exprès de Mulhouse. Les socialistes ne sont pas mieux puisque ce sont eux qui ont voulu cette réforme et donc la mort de l’Alsace. Ils vont tous le payer lors des élections départementales. »

Parmi le millier de manifestants d’hier, peu de représentants des partis gouvernementaux, à l’exception des élus UMP Jean-Philippe Maurer, conseiller général strasbourgeois sortant, et Stéphane Bourhis, conseiller municipal de Hoenheim.

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