Comme cela ressort clairement de son discours d’intronisation, Jean Rottner ne sera pas le sauveur de l’Alsace ni le leader charismatique qu’auraient pu laisser espérer sa pétition aux 60 000 signatures (qu’il a trahies !) et sa harangue enflammée lors de la manifestation Place de Bordeaux à Strasbourg un certain 11 octobre 2014. Il s’inscrit dans les pas de son prédécesseur et, sous prétexte de soumission à la loi et à la Constitution, choisit le camp des fossoyeurs.

Il fait semblant d’oublier d’une part que la loi qui a conduit à la disparition de l’Alsace a été jugée illégale par le « Congrès des Pouvoirs Locaux du Conseil de l’Europe » et que, d’autre part, la Constitution de la Vème République permet des expérimentations tout à fait légales. Celle-ci n’a d’ailleurs rien d’immuable puisqu’elle a été révisée à 40 reprises depuis 1958 !

Par ailleurs le rapport critique de la Cour des comptes justifie en lui-même un réexamen de l’organisation territoriale et contribue à légitimer la résistance de l’opinion publique alsacienne (dont 84 % demandent la sortie du Grand Est et la création d’une véritable Région sur le modèle des grands pays démocratiques européens).

Nonobstant ces arguments de bon sens (« gsunder Menschenverstand »), M. Rottner se drape dans le costume du serviteur zélé de la République jacobine et nous délivre son programme de gestionnaire de cette technostructure honnie dont il sait pertinemment qu’il est irréalisable : l’échec de son prédécesseur à ce même poste est bien la meilleure preuve que le Grand Est n’est pas viable. Oublieux de la dimension politique de son mandat, il se montre sourd à la volonté populaire qu’il est pourtant censé incarner. En outre il se coupe de manière arrogante et insultante du débat qu’ouvrent plusieurs parlementaires, alsaciens et mosellans, aux côtés des présidents de nos deux conseils départementaux, qui, eux, sont en lien avec la société civile.

Que ce soit par légalisme ou par opportunisme, l’Alsacien Rottner entre dans l’Histoire pour être rangé avec ceux qui ont trahi et qui déshonorent l’Alsace.

Andrée Muchenbach, présidente d’Unser Land

Share This