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Après les binômes FN et UMP, nous finissons notre présentation avec Unser Land. Ce parti alsacien milite avant tout pour que l’État transfère davantage de compétences aux collectivités alsaciennes, sans vouloir une autonomie totale.

 

 

De gauche à droite : Lucien Baltzer (remplaçant), Nadège Karcher, Martin Meyer et Anne Schadt (remplaçante). Unser Land veut être le trublion d’une élection où la gauche, le centre et les écologistes sont absents. Droits réservés

De gauche à droite : Lucien Baltzer (remplaçant), Nadège Karcher, Martin Meyer et Anne Schadt (remplaçante). Unser Land veut être le trublion d’une élection où la gauche, le centre et les écologistes sont absents. Droits réservés

Encore mal connu dans un paysage politique au sein duquel il occupe une place à part, le parti alsacien Unser land sera l’outsider dans le nouveau canton d’Obernai/Barr. Le binôme porté par Bernard Fischer (UMP) part largement favori, devant le FN. « On n’a pas d’ambition démesurée, mais on veut quand même être le trublion. Et si on peut créer la surprise, on le fera », affirment ses candidats, Nadège Karcher et Martin Meyer.

« Nadège [Karcher] vient de l’UMP, moi j’ai été un moment séduit par le discours de Bayrou »

Les handicaps du binôme ? Une faible notoriété, même si ce sont des candidats du cru. Et une campagne préparée dans l’urgence : le binôme n’a rejoint les rangs d’Unser Land que depuis deux mois.

Ils comptent bien compenser cela par une motivation qui prouve qu’ils ne veulent pas faire de la figuration. Cinq réunions publiques sont prévues, ainsi que du tractage sur les marchés. Leur identité devrait aussi s’afficher sur les 38 panneaux électoraux du territoire.

Sans base électorale constituée, contrairement au FN et à l’UMP, ce sont eux qui ont le plus à gagner à faire connaître leurs idées. Surtout en l’absence de candidats de gauche, du centre ou écologistes, dont ils sont à même de capter bon nombre de voix.

« Ce qui me plaît à Unser Land, c’est que les gens viennent de tous bords et sont très ouverts. Il y a une liberté de parole, sans sentir le poids de Paris », témoigne Nadège Karcher, qui a quitté récemment l’UMP après y avoir passé sept ans. « Nadège vient de l’UMP, moi je suis plus à gauche : j’ai été un moment séduit par le discours de Bayrou et j’ai la fibre écolo, appuie Martin Meyer. Mais aujourd’hui, notre objectif est clairement l’Alsace. » Leur tract électoral le confirme, même si on retrouve dans leur programme une sensibilité environnementale affirmée (opposition aux aires de repos de l’autoroute à hauteur de Saint-Pierre et à la disparition des terres agricoles, limitation des produits phytosanitaires), un engagement pour l’économie et les personnes âgées.

« Nous faisons la promotion des idées régionalistes, mais ouvertes, tolérantes et qui rassemblent tous les habitants, qu’ils soient là de longue date ou fraîchement arrivés », précise Martin Meyer.

La pierre angulaire reste la défense de l’Alsace, qui passe selon eux par une opposition toujours d’actualité à la fusion avec la Lorraine et la Champagne. C’est d’ailleurs ce qui a poussé les deux candidats dans les bras d’Unser Land, choqués par les propos de Manuel Valls sur le peuple alsacien ou déçu par l’attitude de l’UMP, accusée d’avoir abandonné trop vite le combat sous la pression de Paris.

Sortir du centralisme

S’ils sont élus, ils veulent pousser l’État à confier de nouvelles compétences à l’Alsace, notamment en matière économique, pour sortir d’un centralisme jugé contre-productif. Avec lucidité. « On n’est pas démago, on sait qu’on a besoin de l’État et que l’Alsace n’est pas la meilleure en tout », précise Martin Meyer.

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