1. Si vous êtes élu à l’Assemblée Nationale, agirez-vous en faveur de la ratification par la France de la Charte européenne pour les langues régionales ou minoritaires? Comment ?

Réponse : La Charte Européenne a déjà été signée par Lionel Jospin, alors qu’il était Premier Ministre, mais a été rejetée par le Conseil Constitutionnel. La ratification de la Charte passera par une modification de la Constitution, surtout en ce qui concerne l’article 2, qui stipule au premier alinéa : « la langue de la République est le français ». Une modification de la Constitution ne peut être faite qu’au travers de la réunion du Parlement (députés + sénateurs) à Versailles, pour y voter une modification de la Constitution. Pour cela, les représentants concernés, de gauche comme de droite, venant de circonscriptions où l’on parle une autre langue en plus du français (breton flamand, alsacien, corse, catalan, basque et occitan) devront convaincre qu’adopter la charte ne sera pas néfaste pour la France, mais au contraire la reconnaissance du droit pour chacun de programmer «l’amour pour la France» dans sa langue régionale.

Je suis donc prêt à agir en faveur de la ratification par la France de la Charte Européenne pour les langues régionales.

 

2. Agirez-vous pour le droit à un enseignement bilingue paritaire précoce français/allemand pour tous les enfants d’Alsace, de la maternelle au collège et au-delà ? Comment ?

Réponse : Afin que les enfants puissent conservent leur parler alsacien, il serait fondamental qu’ils y soient initiés dans la précocité. L’enseignement bilingue paritaire franco-allemand est une solution, mais il faut que la langue alsacienne soit une langue pratiquée tous les jours, qu’elle mette fin à cette image désuète de « relique du passé ». Il faut que les enfants et les adolescents s’expriment régulièrement dans la langue alsacienne, entre eux et même dans la cour des établissements scolaires. Il faut augmenter le nombre d’écoles bilingues, prendre exemple sur ces dernières, puis reporter leurs méthodes dans l’école publique d’Alsace et de Lorraine, c’est-à-dire dans les terres où la langue alsacienne est traditionnellement parlée.

Ne me contentant pas des écoles bilingues existantes à Saverne, je me suis déjà engagé, depuis un certain temps, en tant que Conseiller Général du Bas-Rhin, à œuvrer à créer une filière bilingue sur le Collège Tomi Ungerer de Dettwiller, en accord avec la direction d’établissement, la commune de Dettwiller, ainsi que la commune de Steinbourg, etc.


3. Agirez-vous pour faire abroger le projet de la Rectrice qui  propose un enseignement bilingue allégé de 8h en allemand à partir du CP? Comment ?

Réponse : Réduire le nombre d’heures d’allemand, qui passerait de 12h à 8h, est une erreur à l’heure de l’Europe et de l’ouverture des frontières : réduire le nombre d’heures d’allemand dans l’enseignement bilingue, alors que l’Alsace est une terre où la langue germanique s’est pratiquée pendant des siècles, ne tient pas compte que nous sommes frontaliers avec de grands pays germanophones (Allemagne, Suisse, …), lesquels, au demeurant, sont contre notre logique et notre tradition alsacienne d’ouverture. Je m’en suis exprimé en séance plénière au Conseil Général du Bas-Rhin et ai adressé un courrier, en ce sens, à Mme la Rectrice d’Académie.

L’anglais ne fait pas tout : c’est la langue essentielle des affaires, ce n’est pas la langue de vie courante dans notre contrée. Quelqu’un qui postule à un emploi en pays germanophone aura plus de chances de se faire embaucher, s’il parle allemand ou s’il parle l’anglais. Celui qui croit qu’il peut aller faire ses courses en Allemagne, en ne maîtrisant que l’anglais, aura la désagréable surprise de remarquer que personne, même pas la caissière, ne le comprendra !

La Rectrice d’Académie a mis en avant le coût de l’enseignement bilingue, mais s’appuyer sur la jeunesse est un investissement à long terme. L’enseignement bilingue est nécessaire pour l’avenir de l’Alsace, en particulier dans la circonscription de Saverne. Il deviendra donc normal de travailler à abroger ce projet : la ratification de la Charte Européenne serait un argument de poids et amènerait la Rectrice -ou sa succession- à revoir sa position.
4. Agirez-vous pour faire reconnaître le drapeau Rot un Wiss, adopté à l’unanimité par le Landtag d’Alsace-Moselle en 1912, comme drapeau officiel de l’Alsace ? Comment ?

Réponse : Le drapeau régional est une affaire qui concerne avant tout le Conseil Régional d’Alsace. Il est cependant vrai que le drapeau actuel est une création récente, tandis que le Rot un Wiss (qui comprenait également une Croix de Lorraine) a été adopté par le Parlement d’Alsace-Lorraine en 1912, mais n’a jamais été reconnu par les autorités allemandes. Cependant, ce drapeau a rapidement été adopté par les Alsaciens. On l’a alors  revu à plusieurs occasions : lors des manifestations contre l’abolition du Concordat en 1924, lors des élections en Alsace, lors du procès de Bordeaux en 1953 ; en outre, il a été hissé sur la cathédrale en mai 1968. Encore aujourd’hui, comme le montre « UNSER LAND », le Rot un Wiss est toujours utilisé, également lors de la dernière manifestation en faveur des langues régionales, Place Kléber à Strasbourg, où j’étais présent, le 31 mars dernier. Pourtant, on nous reprochera encore le fait que Monaco, l’Indonésie et la Pologne (couleurs inversées) utilisent les mêmes couleurs et la même disposition de celles-ci. Aussi devrait-on penser à créer un vrai drapeau alsacien sur la base du Rot un Wiss. J’en conclus que dans le cadre du projet actuel de Conseil d’Alsace, cher au Président Philippe Richert, ainsi qu’aux Présidents des Conseils Généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, l’occasion serait donnée de concevoir un drapeau représentant le pont entre la tradition de l’Alsace, son identité actuelle et sa projection comme symbole fort pour l’avenir.

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