Liewi friend,
Nous voilà au seuil d’une nouvelle année. Le monde bien rangé, ou du moins qui donnait l’impression d’une certaine cohérence, se dévoile à nous comme instable et imprévisible. Nos certitudes volent en éclat et il va falloir s’adapter aux rafales de perturbations.
En tant qu’Alsaciens, nous avons déjà ressenti cet étrange sentiment d’impuissance face au rouleau compresseur d’un irrésistible « Zeitgeist » qui lamina notre langue et culture !
Ce traumatisme, que certains allaient jusqu’à relativiser en arguant que cela faisait partie du sens de l’histoire et du progrès, touche désormais l’ensemble des Français et Européens en proie à des doutes existentiels et civilisationnels.
Notre expérience pourrait servir d’exemple pour tous. Car malgré l’adversité, la flamme alsacienne n’est pas éteinte et même va renaitre. Quelque part, nous sommes probablement un excellent marqueur pour l’avenir du continent européen.
Nous savons que quand tout semble perdu, il ne faut pas avoir peur, ne pas céder à la tentation du repli et de l’attente, la tête dans le sable. Les difficultés constituent aussi un terreau propice aux opportunités.
Malheureusement, cette forte capacité à la résilience que nous avons développée n’est pas portée aujourd’hui par ceux qui sont aux postes en Alsace et qui se contentent simplement de gérer le Titanic sans prendre la mesure des entrées d’eau.
Il convient toutefois de saluer la timide initiative de Bändele/Bandala Rot ùn Wiss, portée par le président de la CeA, M. Bierry. Il sera intéressant d’observer l’accueil qui lui sera réservé et sa diffusion auprès de ses collègues alsaciens, largement imprégnés d’une culture politique du consensus mou et d’une adhésion quasi aveugle au centralisme.
Porter des rubans, c’est bien. Mais au-delà des affichages et des opérations de communication, ce sont désormais les actes qui feront foi. Des actes forts pour l’Alsace et démontrent notre maturité à porter et valoriser notre plus-value rhénane.
Nous avons désormais besoin d’une véritable nouvelle génération de politiques. Celle-ci est en train de se construire au sein d’Unser Land grâce à notre expérience, notre ouverture au fédéralisme, notre bon sens germanique tout en travaillant avec nos Gleichgesinnte des régions à forte identité en France.
S’il nous revient d’agir avec pragmatisme pour avancer, nous restons néanmoins intransigeants quant aux valeurs humanistes alsaciennes, ainsi qu’au sens des responsabilités et de la mesure envers nos Mitmenschen qu’impose cet héritage.
En 2025, nous avons tenu ce cap grâce à votre soutien, à la fois important et décisif dans un contexte politique national délirant.
En 2026, nous devons continuer de progresser et bâtir cette alternative désormais incontournable pour l’Alsace que nous sommes les seuls à porter.
C’est pourquoi, je vous engage à continuer de nous soutenir et même à encourager vos amis et proches.
Je vous quitte sur un arrangement de notre Fahnenlied. Cet hymne par Emile Woerth dit beaucoup de nous, même s’il n’est demandé à personne de mourir pour la cause.
Mais nous ne lâcherons pas. Pourquoi d’ailleurs ?
Ils ont fait bouger l’Alsace en 2025 !
Frohes neijes Jàhr àn àlli. Güedi G‘sùndheit ùn e lànges ùn erfülltes Lewe.
Martin Meyer, vice-président

