La Tribune du militant (die Mitgliedstribüne) est un espace d’expression ouvert aux militants (dont la cotisation est à jour). Elle offre la possibilité de partager sur des sujets divers et variés, en lien avec l’idée que ceux-ci se font du rôle politique d’Unser Land dans la société alsacienne. Néanmoins, les positions sont personnelles et n’engagent pas le parti.
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Mars 2026, le Ministère de la Justice de la République française renonce à poursuivre en justice les Bretons utilisant une orthographe bretonne pour les prénoms de leurs enfants…
Le fait est, que de plus en plus de Basques, de Bretons, de Corses, de Catalans, en France, utilisent des prénoms régionaux et locaux pour prénommer leurs enfants et ce, sans le moindre complexe !… Au contraire !…
Qu’en est-il des prénoms de nos enfants alsaciens ?
Mais quels sont les prénoms traditionnels et locaux, en Alsace ?
Les « cartouches » (cadres gravés dans les poteaux corniers des maisons à colombages) comme les actes de baptême, BIEN AVANT 1870 ET SOUS ADMINISTRATION FRANÇAISE DONC, témoignent de l’utilisation de prénoms presque exclusivement germaniques (allemands, en fait !) dans une population alsacienne germanophone à 94%…
En 1918, dans une Alsace-Moselle redevenue française depuis peu, les autorités de la République vont traduire automatiquement et systématiquement les prénoms en français… même et y-compris, sur nos monuments aux morts, les prénoms des soldats alsaciens et mosellans, citoyens allemands, et morts pour l’Allemagne…
Sait-on ici que, en Alsace-Moselle, de 1945 à 1965, il était IMPOSSIBLE de donner un prénom allemand à ses enfants ? Un prénom anglais, italien, américain, breton, espagnol, arabe ou portugais ? Oui !
Un prénom allemand ? Non !
L’officier d’état-civil renvoyait un formulaire vierge aux parents « fautifs » ou bien rayait et francisait les prénoms incriminés à sa propre initiative !…
Fantasme ? Pas du tout ! C’est arrivé à deux reprises dans ma propre famille, dans les années 60…
La francisation des Alsaciens et Mosellans passait aussi et, peut-être, surtout ! par la francisation des prénoms !… et c’est ainsi que nos Alsaciens et Mosellans se retrouvaient avec des prénoms bien français… et souvent bien franchouillards : Marcel, Ernest, Gaston, Fernand, Rosette, Josette, Francine…
Dans le même temps, les prénoms Karl/Carl, Willy, Kurt/Curt, Johan(es)/Hans, Ulrich/Ulric/Olrik, Gretchen, Anna, Bertha, Heidi se popularisaient et se répandaient dans le monde anglophone !… mais disparaissaient de chez nous !…
Nous sommes en 2026. Nous nous réclamons d’une culture alsacienne germanique (dialecte + hochdeutsch). Nous déplorons le recul programmé et organisé par la République de cette culture… Nous nous prétendons européens…
Peut-on décemment continuer à prénommer nos enfants Henri, Christophe, Antoine, Thibault, François, Kléber, Dominique, Thérèse, Suzanne ?…
De plus en plus de Basques, de Bretons, de Catalans, de Corses, de Provençaux font un autre choix… Et nous ?…
Franz Sauer
A noter : les prénoms des trois enfants de l’auteur sont Ulrich, Elfriede, Isolde, tous prénoms présents dans notre famille dès avant 1870… Nos enfants (bilingues et bi-culturels) vivent parfaitement leurs prénoms et en sont fiers.

