Lettre ouverte aux députés de gauche – Pour le droit du peuple alsacien à s’autodéterminer

7 avril 2026
Lettre ouverte aux députés de gauche – Pour le droit du peuple alsacien à s’autodéterminer

Mesdames, Messieurs les députés,
Je m’adresse à vous aujourd’hui à quelques heures d’un vote qui nous tient profondément à cœur.
Je vais être direct avec vous, parce que vous le méritez et parce que le sujet l’exige.

Je suis des vôtres.
Quand vous défendez les peuples minorisés. Quand vous vous battez, en France, en Europe, à l’international, pour celles et ceux qui sont persécutés, emprisonnés, parfois tués, simplement pour ce qu’ils sont. Sur ces combats, je suis votre premier soutien. Sachez-le.

Je sais que beaucoup d’entre vous portent ces valeurs avec sincérité et courage. Je ne l’oublie pas.
Mais aujourd’hui, je me pose une question qui me brûle.
À quelques heures du vote de la loi Alsace, vous avez annoncé, en bloc, voter la motion de rejet. Vous refusez même d’ouvrir le débat sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Sur le droit du peuple alsacien à s’autodéterminer.
Pourquoi ?
D’où vient ce refus ? D’où vient ce mépris ? Quelles sont vos raisons profondes ?
Alors j’essaie de comprendre.
Pendant des années, j’ai pensé que votre silence sur les identités régionales françaises n’était qu’un égarement passager. Que vous seriez au rendez-vous. Que la cohérence de vos engagements finirait par l’emporter.
Mais aujourd’hui, la réalité est là, devant nous.
Je m’adresse plus particulièrement à vous, madame Regol, monsieur Fernandes, monsieur Sother.
Vous êtes députés alsaciens. Vous représentez ce peuple. Vous avez battu le pavé pour d’autres peuples, très récemment encore. Je vous demande aujourd’hui d’avoir ce même courage pour les Alsaciens. Arrêtez de vous mentir dans cette logique jacobine qui contredit tout ce que vous défendez par ailleurs. Vous valez mieux que ça. Vos valeurs valent mieux que ça.
Et je l’affirme clairement, sans détour :
Toute personne à gauche, au centre, à droite, à l’extrême droite qui s’oppose au droit des peuples à se déterminer s’oppose à la démocratie. Ce n’est pas une accusation partisane. C’est un principe. Et oui, je l’assume pleinement.
Dans un monde bouleversé, où les échecs s’accumulent sur la scène internationale, où les grands idéaux semblent s’éloigner , essayons au moins d’écouter ceux qui vivent dans les villages d’à côté. Vos voisins. Nos voisins. Le peuple alsacien.
Il reste quelques heures. Nous comptons sur vous.
Et nous ne lâcherons rien.

Maxence Helfrich, directeur de Unser Land

Redaction