Décrétée par le gouvernement sur un déni de démocratie, la création de l’ACAL ne concerne pas uniquement le conseil régional. Cette réforme insensée touche également la plupart des services de l’Etat et de nombreux domaines de la vie courante. Et c’est maintenant au tour de la presse alsacienne de se trouver menacée.

Le référendum de 2013 a notamment échoué du fait d’une faible participation. Cette défection s’explique en grande partie par le fait que beaucoup de nos concitoyens n’étaient peu ou pas au courant de la tenue du scrutin et de ses enjeux ! Et pour cause : nombre d’entre eux s’informent désormais via les médias nationaux et non via les médias alsaciens.

Cela nous rappelle que la presse régionale est un élément clé de notre vie politique et sociale, mais que a contrario, affaiblir ou faire disparaître la presse alsacienne est également un moyen très efficace de faire disparaître le peuple alsacien.
Or nous assistons aujourd’hui à des manoeuvres inquiétantes qui s’inscrivent dans une logique mise en oeuvre il y a plus d’un an et révélée par un curieux constat : alors que l’avenir de l’Alsace était en train de se jouer à Paris et qu’il était clair que le peuple alsacien ne serait pas consulté, aucun de nos médias régionaux n’a pris l’initiative de commander un sondage auprès d’un institut spécialisé afin de connaitre l’opinion de la population à un moment aussi crucial ! Comment expliquer un tel « oubli » ?

Comment expliquer ensuite le silence assourdissant qui a suivi l’annonce du score historique d’Unser Land, « outsider » des dernières élections départementales?

Depuis plusieurs semaines, le Journal l’Alsace publie une rubrique intitulée « Que notre ACAL est belle », matraquage promotionnel en faveur de l’ACAL, dont le titre – une provocation – parodie le titre français de notre chant traditionnel « s’Elsass unser Ländel ».

Et voilà que

M. Michel LUCAS, président du groupe Crédit Mutuel, invité d’honneur de la 68e Foire aux vins d’Alsace, fait des déclarations tonitruantes et présente l’ACAL comme une « aubaine », une « opportunité » et cite « L’Alsace, en tant qu’entité, ne disparaîtra pas dans une bouillie régionalisée ». Pourquoi cette affirmation, surprenante de la part d’un grand banquier, quand on réalise que la Région Alsace sera dépouillée de tout : sa cohérence géographique, culturelle, juridique, jusqu’aux bribes d’autonomie de gestion dont elle disposait encore… Association de Droit Local inscrite au Tribunal d’Instance de Thann Volume 39 Folio n°85 UNSER LAND – B.P. 10040 – 68190 ENSISHEIM – ELSASS – www.unserland.org
Il est alors bon de rappeler que M. Michel LUCAS a une double casquette: Il est également le patron du plus grand groupe de presse régionale française, le groupe EBRA dont une partie de la rédaction est basée à Paris. Son empire médiatique comprend, entre autres, les DNA, L’Alsace, Vosges matin, Le Républicain Lorrain, L’Est Républicain et Le Journal de la Haute-Marne.

L’Autorité de la concurrence lui a interdit la fusion des titres, mais seulement jusqu’en 2016 ! L’ACAL lui permettra non seulement de fusionner les DNA et L’Alsace, mais de les fondre tous dans un journal unique pour tout le Grand Est.
Ironie du sort, cette concentration se ferait sous l’égide du Crédit Mutuel, élément patrimonial alsacien fondé par l’humaniste Friedrich Wilhelm Raiffeisen (1818-1888).

Avec le rapprochement engagé entre les DNA et l’Alsace, la pluralité de la presse en Alsace est déjà menacée. L’avenir risque d’être encore plus sombre.

Le paysage médiatique sera alors au diapason de l’Etat jacobin : centralisé, parisianiste et déconnecté de nos territoires.
La pluralité des titres de presse est garante de la démocratie, elle en est également le reflet

. Dans les pays fédéraux, la presse est vivace. L’Allemagne compte ainsi 350 titres de presse quotidienne contre seulement 80 dans l’autoproclamée « Patrie des Droits de l’Homme ». Quant à la Suisse, sur un territoire comparable à l’ACAL, elle compte aujourd’hui plus de 50 journaux quotidiens, édités dans trois langues !
UNSER LAND condamne fermement, au nom de la démocratie et des intérêt du peuple alsacien, cette mainmise médiatique qui méprise l’aspiration légitime des citoyens à disposer d’une presse indépendante, plurielle, riche de ses journalistes, de ses territoires, de ses opinions, et pas une régie publicitaire.

Parce que cette OPA médiatique n’est que la première étape d’une série de renoncements préparés par les partisans de l’ACAL avec l’assentiment du gouvernement, UNSER LAND appelle encore une fois à s’opposer fermement à ce funeste projet et incarnera en décembre, dans les urnes, la seule alternative pour l’Alsace!

Share This