awahl

 

Le nationaliste jacobin (pléonasme) chevenementiste Alfred Wahl a tenu une conférence sur l’Alsace des années 1930 et dont le sujet était :

 

La crise autonomiste et les élection de 1932 et de 1936.

 

Comme il fallait s’y attendre, M. Wahl tenta par tout les moyens de minimiser le succès électoral des autonomistes. M. Wahl ne veut voir en Alsace qu’un vote surtout confessionnel. Il serait donc impossible de déterminer si les Alsaciens ont voté pour tel ou tel candidat parce qu’il était autonomiste, ou parce qu’il était catholique, protestant ou anti-clérical. Curieuse manière d’éluder…

M. Wahl était tellement occupé à minimiser l’importance de l’électorat autonomiste qu’il avait complètement ‘oublié’ l’objet même de sa conférence, les élections de 1932 et de 1936 et de nous en donner leurs résultats.

 

les voici donc :

 

élections législatives de 1932 :

pour les autonomistes (Volksfront/Heimatrechtler) : 9 élus les députés Brom, Seltz, Walter, Meck, Elsässer, Bilger, Stürmel, Rossé, Brogly, Mourer et Dahlet

 

pour les nationalistes assimilationnistes : 5 élus les députés Frey, Wallach, Weill, Oberkirch et Burrus

 

9 contre 5, c’est ce que M. Wahl appela « un relatif echec des autonomistes » !!!

On comprend mieux pourquoi M. Wahl ne jugea pas utile de donner ces résultats…

 

élections législative de 1936 :

 

pour les autonomistes « noirs » (cléricaux) : 9 élus les députés Seltz, Walter, Meck, Elsässer, Fuchs, Gullung, Hartmann, Rossé et Stürmel

Pour les autonomistes laïcs : 1 élu le député Dahlet

Pour les autonomistes « rouges » (communistes locaux) : 2 élus les députés Hüber et Mourer

pour les communistes nationaux (PCF) favorables au droit à l’autodétermination des Alsaciens : 1 élu le député Daull

pour les nationalistes assimilationnistes : 3 élus les députés Oberkirch (APNA), Wallach (républicain-démocrate) et Burrus (indépendant).

 

13 contre 3 : voila le genre « d’échecs relatifs » que de nombreux partis aimeraient avoir…

 

Le nationaliste jacobin Wahl s’emporta ensuite contre le député Hüber qui osa carrément s’exprimer en alsacien et en allemand à la chambre des député, ce que M. Wahl qualifia de « provocation ».

Je lui rétorqua que les dialectophones Québécois et les patoisants Acadiens s’expriment également en langue régionale au parlement canadien, sans que M. Wahl ne trouve cela scandaleux, mais là M. Wahl ne trouva pas l’argument relevant et le rejeta d’un revers de main.

Il faut croire qu’il y a des races supérieures qui ont le droit de s’exprimer partout dans leurs langues, et les races inférieures pour lesquelles cela relève de la « provocation »…

M. Wahl tenta également de présenter les autonomistes Alsaciens essentiellement comme des séparatistes pro-allemands, alors que même les séparatistes parmi eux étaient surtout pro-Alsaciens. Pour M. Wahl, l’opinion démocratique du séparatisme est entaché de grande suspicion, puisque ce séparatisme-là n’est pas du tout pro-français.

Je rappelle que le parti chevenementiste de M. Wahl condamne avec véhémence les séparatismes corse, basque, breton, catalan etc, qualifiés avec mépris de « communautarismes ethniques », tout en soutenant mordicus le séparatisme de leurs « cousins » Québécois ou de leurs « frères de langue » Wallons.

Ministre de l’Intérieur en exercice, M. Chevenement n’hésita pas à envoyer son bras droit M. Georges Sarre en Belgique pour y soutenir le parti rattachiste français de M. Gendebien : « La Wallonie manque à la France ! ».

Imaginez si un ministre de l’intérieur allemand ou italien se comportait de la même manière en Alsace ou en Corse…

M. Chevenement célébra également le quarantième anniversaire du « vive le Québec libre ! » du gal de Gaulle.

MM. Chevénement et Wahl estiment que les minorités régionales acadienne et Québécoise doivent bénéficier d’une « société distincte » du reste du Canada anglophone, basée sur le particularisme de « l’exception culturelle francophone ».

Eux qui en France s’opposent mordicus contre toute reconnaissance publique des langues régionales, ainsi qu’à la ratification de la pourtant timidissime Charte Européenne des Langues Régionales !!!

Au Ciarus à Strasbourg, M. Chevenement répeta à 3 reprises que : « l’enseignement de et en langue corse dans le cadre normal de l’Education Nationale est une concession exorbitante aux locuteurs/nationalistes Corses ».

Mais lorsqu’il s’agit des minorité régionales francophones à l’etranger ( Québécois, Acadiens, Wallons, Romands ou valdotains), la même idéologie mortifère jacobine n’a plus du tout cours…

Quelle hypocrisie, quelle duplicité idéologique.

Le jacobinisme est une imposture intellectuelle.

Nos jacobins défendent une chose ici et son contraire la-bas en fonction des lubies de leur chauvinisme pan-francophone et de leur irrédentisme Grand-Gaulois (rattachement de la Wallonie).

M. Wahl reprocha ensuite aux autonomistes d’avoir été aidé financièrement par l’Allemagne puis par les nazis et M. Wahl mit surtout en avant les quelques autonomistes Alsaciens qui trahirent leurs idéaux de liberté, de fédéralisme, d’autodétermination et des Droits de l’Homme en s’alliant avec les nazis. La rengaine habituelle des nationalistes pour discréditer l’ensemble du mouvement autonomiste. Un peu comme si l’on se servait du radical-socialiste Pierre Laval pour discréditer l’ensemble de la gauche française ou du Maréchal Pétain pour discréditer l’ensemble de la droite Française.

C’est alors que j’ai rappelé à M. Wahl que l’agitateur Adolf Hitler et le parti nazi avait été copieusement financé par la France. Le Général Xavier Richert s’en vanta lui-même ouvertement. Le Gal Richert a été fait « citoyen d’honneur » de St Ulrich (68). Pourquoi M. Wahl n’évoque-t-il pas ce financement de Hitler et des nazis par la France ?

C’est alors que M. Wahl sombra dans le cynisme nationaliste le plus total en rétorquant devant l’assitance médusée et en répétant à plusieur reprises, y compris en aparté que :

« Il est tout à fait normal (sic!!!) que la France finançais Adolf Hitler. La République de Weimar était l’ennemis de la France ».

Sous-entendu : les ennemis de mes ennemis sont mes amis, même si ce sont des monstres ou des salauds.

Quel cynisme. De plus, il me semblait qu’un traité de paix avait été signé. M. Wahl inverse en outre les rôles car ce fut la France qui était l’ennemis de la République de Weimar et non l’inverse. Cette dernière, partiellement occupée, démilitarisée et désarmée n’avait pas du tout les moyens d’être l’ennemis de la France.

Quelqu’un m’informa que le père de M. Wahl avait été fusilé par les nazis, parce que juif. Si cela est exact, comment M. Wahl peut-il fleurir la tombe de son père, et en même temps trouver « tout à fait normal » que le ‘Pays de la Liberté’, le ‘Pays des Droits de l’Homme’, le ‘Pays des Lumières’ et des fanfarons puissent financer le parti anti-sémite et ultra-nationaliste jacobin (« Ein Volk, ein Reich, ein Führer ») d’Adolf Hitler et des nazis ?

Au reproche du silence quant au financement des nazis par la France, M. Wahl rétorqua :

« mais tout le monde (sic!!) le sait ! Tous les historiens le savent ! Il suffit de faire des recherches sur internet ».

Tiens donc, mais si ‘tout le monde le sait’, comme le prétend l’historien Wahl, pourquoi les gens me regardent avec des yeux de merlans frits lorsque j’en parle, et pourquoi cela n’est-il  jamais évoqué dans les médias ni enseigné à l’école ?

Pour ne pas salir l’aura de virginité dont aime se drapper l’Une et Indivisible ?

M. Wahl se moqua également de la résistance au nazisme de l’autonomiste Rossé, qui participa au complot de Stauffenberg, une affirmation totalement gratuite selon lui, alors que Rossé avait été vivement recherché par la Gestapo en 1944.

Avant de partir, M. wahl s’étonna : « mais comment pouvez-vous encore défendre le dialecte alsacien, il n’y a plus que deux personnes avec lesquelles je peux encore le parler, mon frère et ma soeur qui sont tout les deux plus agés. Vous feriez mieux de défendre le français qui lui est réellement menacé par l’anglais »…

No comment…

Steini

Share This