Unser Land dénonce un projet vide ainsi que la division et la mollesse des élus alsaciens.

Ce jeudi 4 avril, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi relatif aux compétences de la Collectivité Européenne d’Alsace. Le contenu du projet de loi est tellement creux qu’un amendement donne le droit aux autres départements français de demander les mêmes compétences que la CEA. Où est la particularité alsacienne ?

Ainsi, le projet de loi est, selon l’expression du président de la commission des lois, un « pâté d’alouettes » : beaucoup de viande de cheval et quelques morceaux d’alouette…

Lors des débats, les sénateurs alsaciens sont apparus divisés et, en grande majorité, d’une mollesse affligeante. Que dire des déclarations de Claude Kern : « Je suis satisfait que la Collectivité européenne d’Alsace soit un département plus » ou de Guy-Dominique Kennel : « L’Alsace ne souhaite pas se singulariser ». Mais la palme revient à Patricia Schillinger invoquant une « cigogne bienveillante » et proclamant : « Nous ne voulons pas d’une Alsace libre, mais d’une Alsace sereine ».

Le peuple alsacien ne peut se reconnaître dans ce renoncement béat à la liberté et à la maîtrise de son destin !

Comme en 2013, nos élus, Républicains en tête, portent une lourde responsabilité dans l’échec des avancées institutionnelles pour l’Alsace. En 2013, le projet avait échoué notamment à cause des égos de Messieurs Richert et Buttner. Aujourd’hui, la renaissance institutionnelle de l’Alsace se heurte à la trahison de Jean Rottner, à la naïveté des présidents de conseils départementaux et à la mollesse des parlementaires.

L’Alsace était en droit d’attendre de ses parlementaires et des présidents de conseils départementaux qu’ils se montrent unis et déterminés, déjà face au gouvernement, pour exiger un statut particulier et la sortie du Grand Est. Und sonst nichts ! There is no alternative ! Il n’en a rien été. La déception le dispute à la colère et à la honte.

Plus que jamais, le fossé est béant entre les attentes de la population et le comportement des élus censés la représenter.

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