L’Europe actuelle est condamnée à subir la situation chaotique au Moyen-Orient. Fort de son expertise alsacienne, Unser Land prend acte des limites actuelles de la construction européenne sous l’égide des Nations et appelle à basculer urgemment vers le modèle fédéral qui respect les Peuples, sous peine de risque d’éclatement.

Unser Land soutient tout peuple de ce monde luttant pour sa survie culturelle, linguistique et parfois même territoriale. Et ceci d’autant plus quand les forces décidées à mettre ce peuple à genoux usent d’une puissance démesurée pour imposer leur hégémonie. 
Le peuple kurde, qui aura protégé — temporairement — l’Occident des terroristes de Daesh, est sacrifié sur l’autel d’une conjonction défavorable entre les intérêts des puissances régionales et les intérêts géostratégiques des puissances globales.

Face à ce scandale, la communauté européenne est aphone, pétrifiée par la menace de Recep Tayyip Erdogan, président du pays agresseur (notre allié au sein de l’OTAN), de provoquer avec effet immédiat un déferlement de plus de 3 millions de migrants sur l’Europe. Nous avons choisi de dépendre sur le plan militaire de l’allié américain. Mais il nargue avec cynisme la France et l’Allemagne qui n’auraient qu’à se débrouiller avec les réfugiés issus de sa propre politique continue de déstabilisation de cette région du monde. L’Union européenne est réduite à subir dans un contexte qui pourrait conduire à son explosion.

Si Unser Land se bat pour les droits du peuple alsacien, c’est parce que cette lutte fondamentale s’inscrit aussi dans un contexte de « principe ». Nous nous battons pour une Alsace affirmée, bilingue et assumant son histoire, car nous croyons qu’elle a un rôle original à jouer. La France, l’Allemagne et plus globalement le modèle de société européen ne survivront dans le monde tel qu’il évolue que par l’union. Mais pas une union construite sur des mensonges, qui dissout, nivelle et annihile les différences.

L’Alsace devrait jouer un rôle éminent dans la construction d’une union forte de ses racines, puisque nous sommes, avec la Moselle, le point de rencontre entre peuple allemand et nation française. On ose à peine imaginer le potentiel positif dans le cadre de la construction d’une véritable Europe des Peuples si notre identité historique et linguistique était reconnue et valorisée. 
Le temps presse désormais : l’Alsace, folklorisée, linguicidée, se transforme en boutique de bretzels dans une Union européenne menacée de délitement à brève échéance. Si nous n’arrivons pas à nous donner plus de consistance, il est fort à parier que nous disparaîtrons en tant que peuple.

Il serait indécent de comparer sur le plan matériel la situation actuelle de l’Alsace avec celle du Kurdistan ; il n’en demeure pas moins que nous sommes sur le même océan et que nous risquons, Alsaciens et Kurdes, dans des conditions certes différentes, de disparaître des écrans radars. Et quand les fous de la globalisation et autres chantre de la théorie des grands ensembles monolithes subiront leurs nefs devenues ingouvernables, il sera trop tard, car le recours à un autre mode de pensée par la diversité ne sera plus.

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