Tout mon soutien depuis New York.  Nous nous apprêtons dans 3 heures à commencer notre ALSACE PRIDE sur la Cinquième avenue (Fifth Avenue).

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Pour ce qui est de la fusion, je dois dire que le scenario ALCA est effrayant.  Je couvre depuis 14 ans les réunions du Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies. J’y ai croisé de nombreux experts mondiaux, des Prix Nobel d’économie. Nous pouvons dire aujourd’hui qu’au niveau mondial nous disposons de données empiriques qui démontrent les liens entre identité et compétivité et les liens entre specificité et croissance économique.  Une entité bien visible, d’une notérité et d’une image produit de siècles d’histoire est aujourd’hui le meilleur gage de stabilité économique et sociale.   

L’Alsace dispose d’une notériété et d’une image dans le monde qui dépasse celle de nombreux États Membres des Nations Unies. Cette image est un gage de compétivité, de visibilite et de crédibilité. Diluer l’Alsace c’est diluer cette visibilité et crédibilité gages de compétitivité.  C’est un suicide économique et social a long terme.  Certes c’est un monopoly pour politiques à court terme. Ils comptent bien s’amuser Droite et Gauche à se partager ce territoire et les revenus liés à ces mandats tous les 5 ans ou 6 ans…  

Les Alsaciens de New York viennent de lancer un crowdfunding de $2000 pour subvenir au coût d’un stand ALSACE à Times Square les 26 et 27 septembre. Notez qu’au bout d’une semaine 90% des dons proviennent de gens qui ne sont pas nés en Alsace…Parce que l’Alsace reste un symbole au-delà des ses frontières pour des gens du monde entier. Ces gens nés à Puerto Rico, Ile Maurice, Bretagne nous expliquent leur souhait d’aider à promouvoir ce modèle et cette image d’une région à la convivialité extraordinaire.  Hier 20 septembre à New York, je discutais avec un Alsacien d’origine vietnamienne né à Saigon qui m’a parlé de la nécessité de sauver l’alsacien, comme aucun Alsacien de souche ne saurait le faire.
    
Passons à la question linguistique et autres spécificités. Mon ancien professeur d’ethnologie Mazars, par ailleurs spécialiste des médecines traditionnelles, avait attiré notre attention sur la persistance regrettable de la « xenophoboglossie » des institutions françaises, reflexe d’allergie à toute forme de diversité.  Les comités des droits de l’homme des Nations Unies en 2008 et 2015 ont invité la France à mettre fin à une perception rigide des conceptions d’égalité et d’uniformité qui ne sont finalement que des pretextes de récriminations.

Les Mosellans germanophones sont aujourd’hui la démonstration de ce qui nous attend dans un cadre territorial dans lequel nous seront minoritaires.  La Lorraine s’oppose au développement de classes bilingues à parité depuis 20 ans en Moselle. La Lorraine refuse de financer l’Institut de droit local, alors que nous avons là un cadre modèle et unique de développement social et, enfin, s’agissant de l’histoire particulière, il y a un moment que la Moselle ne co-finance plus les voyages de jeunes qui vont entretenir les tombes des Malgré-nous de Tambov….   Un avant-goût de ce qui nous attend dans l’ALCA.

La réalité est qu’il est aujourd’hui aussi difficile de parler de parité linguistique à un jacobin que de parité entre les sexes à un Taliban. Dans les deux cas nous sommes face à des constructions totalitaires qu’il faut déconstruire. Si nous voulons manger mieux, il faut manger local. Si demain nous voulons vivre mieux nous devons voter local. Et cette localité sera le meilleur gage de bonne gouvernance essentielle à la compétitivité future.        

Alles beschta denn nur’s beschta esch güett genüe fer’s Elsass!

Thierry Kranzer
Président des Alsaciens de New York et Côte Est
www.alsace.nyc

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